Depuis mai 2016, la Banque des Antilles Françaises (BDAF), la Banque de la Réunion et la Banque de Saint-Pierre-et-Miquelon ont rejoint la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse (Cepac). Cet accord signe la fin d’un long processus d’acquisition qui avait mobilisé les syndicats antillais dès décembre 2014. Cette fusion/absorption permet à la Cepac de devenir le deuxième acteur bancaire des Outre-mer. 

Le projet d’acquisition des trois banques ultramarines par la Cepac n’est pas une affaire nouvelle. Dès son arrivée à la tête de la société en 2009, son président Alain Lacroix avait déjà misé sur l’Outre-mer pour développer ses activités. « La Caisse opère sur 4 millions d’habitants : 2 millions en Provence et 2 millions Outre-mer (notamment en Corse). Or, nous avons déjà 18 % de part de marché en Provence et seulement 8 % dans les îles. C’est donc là que nous pourrons nous développer ! » avait-il annoncé à l’époque, repris par Les Echos. Longtemps retardé, le projet avait finalement commencé à se concrétiser en 2014 lors du lancement du plan « Cepac 2017 ».

Seul candidat lors de l’appel d’offre en interne, la Cepac a déboursé près d’un milliard d’euros pour racheter les trois établissements financiers, déjà propriétés du groupe Banque Populaire Caisse d’Epargne (BPCE). Un investissement vite rentabilisé, puisque cette opération a permis à la société d’Alain Lacroix de tripler sa part de marché à la Réunion, et de devenir plus largement la deuxième banque des Antilles françaises, juste derrière le Crédit Agricole. Le Cepac s’implante ainsi sur de nouveaux territoires, dont Saint-Pierre et Miquelon, ce qui lui permet également d’envisager des transactions avec le Canada tout proche.

Un accord critiqué par les syndicats 

Dès l’annonce du projet « Cepac 2017 », le syndicat SMBEF (Syndicat Martiniquais des Banques et Etablissements Financiers) s’était mobilisé, dénonçant une fusion/absorption préjudiciable à l’emploi local : 130 postes pourraient ainsi être menacés. En décembre 2014, le syndicat majoritaire avait alors lancé un premier appel à la grève, suivis quelques temps après de plusieurs autres mouvements, sans réel impact. À l’époque, le directeur général de la BDAF Didier Loing avait tenté de rassurer les employés, affirmant que le rachat « n’aurait aucun effet sur les contrats de travail. »

Dans une récente interview accordée aux Echos, Alain Lacroix a de son côté mis en avant une opération avec « un objectif de ressources humaines. Pour tout le corps social de Cepac, c’est une ouverture culturelle et aussi des possibilités d’expatriation. » Reste donc à savoir si un accord a pu être trouvé entre les syndicats antillais et le nouveau propriétaire. Pour la clientèle, il faudra attendre la fin du deuxième semestre 2016 pour voir appliquer les changements liés à cette fusion.