L’Institut des Départements d’Outre-Mer (IEDOM) a publié en mai dernier un rapport faisant état de la situation du surendettement en Guadeloupe. Ce rapport de l’IEDOM prend en compte plusieurs facteurs tels que le profil des surendettés ou encore le type d’endettement le plus courant. Décryptage.

Le surendettement est selon la définition de l’IEDOM, “l’incapacité pour un ménage à faire face à l’ensemble de ses dettes personnelles bancaires ou non bancaires (telles que les charges comme l’eau ou l’électricité)”. Cette incapacité de remboursement se produit, en général, dans un contexte particulier (décès, maladie, chômage etc.). Ce type de surendettement est appelé surendettement “passif”. A contrario, le surendettement “actif” se traduit par une accumulation de crédits, la plupart du temps nettement supérieure aux capacités de remboursements.

Le surendettement en Guadeloupe: états des lieux et comparaison DOM/Métropole

Le surendettement en Guadeloupe est, selon ce rapport de l’IEDOM, une situation qui touche davantage les personnes seules (en particulier les femmes) avec au moins une personne à charge. En Guadeloupe, chez les célibataires, on compte 84 % de surendettés. À titre de comparaison, ils sont 65 % en Métropole. Les femmes, sont également la catégorie la plus touchée (en 2014, elles étaient 64 % en Guadeloupe contre 55 % en Métropole). L’âge est également un autre facteur pris en compte. Ainsi, en Guadeloupe (et dans le reste des DOM), les personnes ayant de 45 à 54 ans sont plus touchées par le surendettement (29 % dans les DOM contre 26 % en France). Mais, il faut savoir qu’en Guadeloupe, les plus de 55 ans, représentent la tranche d’âge qui sont le plus surendettés en Guadeloupe.

Les chômeurs en Guadeloupe, sont très présents dans la population des personnes surendettées. Ils sont 38 % contre 29 % en Métropole. Cependant, il ne faut pas croire en voyant ces chiffres, qu’occuper un emploi vous protège du surendettement. Loin de là. En Guadeloupe, ainsi que dans les autres DOM, les personnes ayant un emploi représentent, à part égale, 38 % des surendettés. Toujours en ce qui concerne les actifs, la catégorie socioprofessionnelle la plus touchée par le surendettement est : les employés. Encore une fois, le taux en Guadeloupe, et plus généralement dans les DOM, est supérieur à celui de Métropole (55,9 % en Guadeloupe, 54,3 % dans les autres DOM et 34,4 % en Métropole). Pour ce qui est des personnes n’ayant jamais eu d’emplois, le taux est cette fois plus faible en Guadeloupe et dans les autres DOM qu’en France (29,8 % en Guadeloupe, 31, 4 % dans les autres DOM et 36,7 % en Métropole).

Les personnes aux ressources limitées sont les plus impactées par le surendettement. Ces personnes touchent, pour la plupart, des revenus inférieurs au SMIC. La proportion est la même dans les DOM, la Guadeloupe et la Métropole (respectivement, 35,1 %, 31,9 % et 37,3 % ). Ce faible niveau des ressources affecte également les capacités de remboursement des ménages. Toutefois, selon l’IEDOM, en 2014, la part des personnes qui pouvaient rembourser plus de 800 € de dettes étaient de 20 % en Guadeloupe contre 12 % dans les DOM et moins de 10 % en France.

Le type d’endettement le plus courant est, aussi bien en Guadeloupe, que dans les autres DOM ou en Métropole, l’endettement financier. Il est représenté à part égale, dans l’ensemble des DOM (Guadeloupe compris) ainsi qu’en Métropole, à savoir 71,4 %. Les dettes financières, sont les dettes les plus courantes que possèdent un ménage. Les dettes financières se composent de plusieurs catégories de dettes (dettes immobilières, dettes à la consommation et dettes bancaires du type découverts, dépassements etc.). Différentes catégories prédominent selon le lieu. Par exemple, en Guadeloupe, les dettes immobilières sont largement supérieures aux dettes à la consommation, et encore plus aux dettes bancaires. Les dettes immobilières représentent en Guadeloupe plus de 50 % des dettes financières, contre à peine 30 % pour les dettes à la consommation.

Les recommandations de l’IEDOM

Pour éviter que le taux de surendettement n’en vienne à exploser en Guadeloupe, l’IEDOM, préconise dans son rapport un accompagnement des ménages, notamment de la part des Centres Communaux d’Actions Sociales (CCAS) et les autres acteurs sociaux comme les conseillers en économies sociales et familiales. Cet accompagnement permettrait de s’assurer que les personnes suivies déposent des dossiers d’endettement complets, mais aussi d’effectuer, avec ces dernières étant dans une situation précaire, un suivi budgétaire. Le suivi du dossier des ménages permet aussi d’assurer un traitement plus efficace des dossiers.

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1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour, merci Sophie pour le choix des sujets traités. Et, celui-ci a son importance quant à la relation causes à effets des pratiques en Guadeloupe. Ce que j’espère lire dans un prochain article. Roddy

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