© NASA / Astronaute STS049-92-71

Éternuements à répétition, maux de tête ou gênes respiratoires, si vous êtes concernés par l’un de ces symptômes, cela pourrait bien être lié à la présence d’une brume de sable au-dessus de l’arc antillais. Si le seuil d’alerte n’a pas encore été atteint, il se pourrait bien que la donne change dans les prochains jours, la production de poussières en Afrique du Nord étant à un niveau élevé en cette période.

On n’y fait pas forcément attention car elle arrive parfois en toute discrétion. La brume de sable saharienne, première source de pollution naturelle en Martinique est un peu plus présente depuis quelques semaines et ça se voit à vue d’oeil. Il suffit de prendre un peu de hauteur en voiture ou à pieds et on se rend rapidement compte de l’importance des dégâts avec un voile déposé au-dessus de Fort-de-France par exemple.

Pour l’heure, l’indice ATMO a été fixé ce mercredi à 9 (mauvais) par Madininair, l’agence qui assure la surveillance de la qualité de l’air sur le territoire de la Martinique. Cependant, en s’intéressant à l’animation satellite fournie par la Cooperative Institute for Meteorological Satellite Studies, on réalise que la brume de sable saharienne est plutôt fournie et pourrait avoir un impact bien plus important d’ici les prochains jours.

© CIMSS / SSEC
© CIMSS / SSEC

Origines des vents de sable désertiques

Les particules fines, facteurs de pollution sont issues de sources anthropiques (trafic automobile, industries) mais également de sources naturelles, nous explique Madininair. En effet, l’arc antillais est touché périodiquement par des épisodes de brume de sable venant d’Afrique. Les tempêtes de poussières au niveau du globe proviennent de dix sources principales :

  • la mer de Salton (Californie du sud),
  • la Patagonie (Argentine, Chili),
  • l’Altiplano (cordillère des Andes),
  • la région du Sahel (Afrique de l’Ouest),
  • le désert du Sahara (Afrique du Nord),
  • le désert de Namibie (Afrique australe),
  • la vallée de l’Indus (Pakistan, Inde),
  • le désert du Taklamakan (région autonome du Xinjiang – Chine),
  • le désert de Gobi (Mongolie, Chine),
  • le bassin di lac Eyre (Australie).

Les particules de poussières capturées par les vents à la surface du sol peuvent être transportées sur des milliers de kilomètres avant de se déposer par voie humide ou sèche. L’estimation des émissions globales de poussières varient entre 1 000 et 3 000 millions de tonnes par an dont la plus grande partie provient du désert du Sahara (de 500 à 1 000 millions de tonnes par an).

La production de poussières en Afrique du Nord varie selon la saison. La production de poussières est à son plus haut niveau entre avril et juin impliquant toutes les zones de production et plus particulièrement l’ouest du Sahara (Mauritanie, Mali). De juin à septembre, l’ouest du Sahara constitue toujours la source principale de poussières alors que le sud du Sahara est relativement inactif.

Le transport à longue distance des poussières s’effectue selon trois principales trajectoires cependant, celle qui concerne l’arc antillais est la première qui s’effectue vers l’Ouest à travers l’Océan Atlantique jusqu’aux Etats-Unis, les Caraïbes (juin, juillet, août) et l’Amérique du Sud (en hiver).

© InVS
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