Crédit : Mediaphore

Savez-vous que dans les années 20, le quartier de Pigalle était surnommé le « Harlem sur Seine »? Connaissez-vous l’histoire du cabaret Le Joséphine, de la place André Breton ou encore l’origine du nom de « La Goutte d’Or » ? Les rues de Paris regorgent d’anecdotes liées à l’histoire des peuples noirs, afro-américains et antillais. Peu connues du grand public, elles sont pourtant essentielles pour comprendre l’histoire de l’immigration dans la capitale française. C’est en partant de ce constat que le guide martiniquais Kévi Donat a conçu il y a 5 ans sa visite du « Paris Noir », que la rédaction vous propose de découvrir à travers quelques photos.

 

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La visite commence devant l’un des sites les plus touristique de Paris, le Moulin Rouge. Construit en 1889, le site devient rapidement synonyme de fête, d’insouciance et de gaieté. Une aura qui se répand dans les quartiers alentours et ne tarde pas à amener une nouvelle population, férue de liberté et de culture.

 

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Dans les années 20, le quartier de Pigalle devient le repère des artistes afro-américains, qui amènent avec eux un style de musique alors peu connu en France : le jazz. Ils investissent les cabarets et rencontrent un succès tel que les artistes français, délaissés, décident de s’y mettre également.

 

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À quelques pas du métro Blanche, dans la rue Pierre Fontaine, se trouve un cabaret à la devanture bleu terni, le « Carrousel de Paris ». Aujourd’hui, il accueille des humoristes et des diners-spectacles, ainsi que des soirées disco. Mais dans les années 20, le lieu était connu sous le nom de « Le Joséphine », propriété de la célèbre chanteuse, danseuse et actrice Joséphine Baker. A l’époque où la population française s’enthousiasme pour le jazz et le charleston, le cabaret est l’un des premiers à proposer des spectacles de ce genre.

 

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Après la Seconde Guerre mondiale, la France se lance dans une politique d’immigration massive. Des travailleurs originaires d’Afrique, et plus particulièrement du Sénégal et du Mali, obtiennent ainsi des permis de travail à durée déterminée. Mais dans les années 90, ceux-ci arrivent à expiration. De très nombreuses familles trouvent alors refuge au sein de l’église Saint-Bernard, où ils manifestent pour obtenir de nouveaux papiers. Mais le 26 aout 1996, le ministre de l’Intérieur de l’époque Jean-Louis Debré ordonne l’expulsion des sans-papiers. Les officiers de police reprennent de force la bâtisse, provoquant l’émoi de la communauté internationale. Cette affaire ternit de façon durable l’image de la « France terre d’accueil ».

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Dans le paysage du quartier, c’est le petit nouveau. Devanture flambant neuve, design moderne et épuré, trois étages pour répondre à tous les « besoins » typiquement parisiens avec un restaurant, un bar et un « rooftop », la Brasserie Barbès lancée en juin 2015 détonne dans le quartier. Symbole on ne peut plus éclatant de la gentrification (pour ne pas dire embourgeoisement), elle côtoie les vendeurs de cigarettes et de portables à la sauvette, les opérateurs téléphoniques, et les boutiques de change. Sans parler de la population qui fréquente la brasserie, et qui semble à mille lieues de celle qui fréquente le quartier.

Deux parcours de deux heures chacun permettent de se plonger dans l’histoire de la population noire de Paris. Le premier, situé sur la Rive Gauche, part du Panthéon jusqu’à Saint-Germain. Plus historique, il se concentre sur l’histoire coloniale française. Le second, de Moulin Rouge à Chateau Rouge, s’attache plus particulièrement à l’histoire des afro-américains dans la capitale, avec notamment l’arrivée du jazz. Les tarifs varient de 16,50 à 80 euros, selon que vous souhaitiez faire une visite privée (plus onéreuse) ou avec des associations. Les inscriptions se font en ligne ou avec les associations partenaires. 

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