Ce 22 juin, ils seront des milliers en France à plancher sur le diplôme national du brevet (ou brevet des collèges) dont une trentaine de milliers dans les DOM. Lorsque vous êtes collégien, on vous rappelle souvent l’importance d’obtenir son brevet des collèges. Cependant, avoir son brevet en poche peut-il vous ouvrir des portes par la suite ? A t-il réellement une valeur, non seulement aux yeux des collégiens, mais aussi aux yeux de la société ?

La question de l’importance d’avoir son brevet des collèges en poche fait débat depuis déjà plusieurs années. Prenez les professeurs par exemple. Ces derniers jugent important de l’obtenir, car c’est le premier grand examen d’un élève. Une épreuve que ce dernier prépare avec -plus ou moins- de sérieux durant toute l’année. Non seulement, le brevet permet d’évaluer les connaissances que l’élève a acquis durant quatre ans, mais certaines épreuves, telle que les oraux (comme celui de l’histoire de l’art), le prépare déjà pour les futures épreuves du baccalauréat. La préparation et l’investissement que demande le brevet sont aussi un bon moyen de se préparer aux futurs examens que l’on aura à passer dans notre vie (que ce soit le baccalauréat ou des examens d’études supérieures).

Pour les élèves aussi le brevet, et surtout son obtention, constitue quelque chose d’important. « Réussir le brevet, surtout avec une mention, c’est une façon de bien terminer le collège » estime Thibaut, 14 ans. Cependant, lorsque l’on tient compte de tous les efforts fournis par les élèves (et les professeurs), du temps passé à préparer l’examen et surtout de son coût –6,5 millions d’euros par an-, on en vient à se demander pourquoi par la suite, le brevet des collèges n’est pas valorisé ? Alors oui, me direz-vous, il est vrai que dans certaines branches, notamment celle de la fonction publique, il est requis. Mais il ne concerne que certains concours de la catégorie C.

Le brevet des collèges n’a plus trop la côte ?

Le brevet, du fait que l’on minimise son importance (par rapport au baccalauréat en particulier), serait-il donc devenu un diplôme plus facile à obtenir et donc étant moins « essentiel » ? Eh bien…oui et non. D’une part, on apprend dans une étude de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) qu’un élève « faible scolairement » (ayant obtenu 8/20 au brevet des collèges) obtiendra son bac, même s’il n’a pas eu son brevet. Cela banalise donc l’obtention de ce diplôme et peut conduire à ce que certains élèves, du fait qu’ils savent qu’ils l’auraient de toute façon, s’impliquent moins. La question du système de notation entre en jeu également. De nombreux professeurs n’hésitent pas à s’élever contre ce système qu’il juge inadapté et surtout pas objectif.

Pour d’autres professeurs, le brevet et notamment les mentions qui valident son obtention constituent tout de même une étape importante dans la valorisation du parcours de l’élève.  «[…] J’ai constaté chez eux (les élèves, ndlr) un regain de motivation lorsque les mentions ont été introduites», assure Isabelle Forget, professeur de français et de latin.

Même si aux yeux des collégiens cet examen reste important, pour certains, notamment les syndicats ainsi que d’autres professeurs, il mériterait d’être sérieusement réétudié. Des problèmes se posent particulièrement dans son organisation. Par exemple, quand un établissement est désigné centre d’examen, il faut que ce dernier se prépare plusieurs semaines à l’avance. « Le DNB, c’est deux voire trois semaines de perdues dans l’année scolaire », déplore Frédéric Sève, secrétaire général du syndicat des enseignants Sgen-Cfdt. Le volet pédagogique est également pointé du doigt. Pour Frédéric Sève, le côté scolaire est trop mis en avant aux dépens de la créativité. Les élèves sont trop concentrés sur la réussite d’épreuves bien spécifiques qui pour certaines (comme l’histoire de l’art, la musique ou l’art plastique) ne feront plus leur réapparition d’ici leur entrée à l’université ou dans une section bien spéciale au lycée.

Alors oui, le brevet est important pour le collégien, en particulier du point de vue de la satisfaction personnelle. Se dire que l’on a réussit l’un des premiers examens scolaires de sa vie, apporte une grande fierté et permet d’engranger de la confiance. Néanmoins, selon les avis recueillis, il n’apparaît pas capital pour la poursuite des études (sauf cas exceptionnel). Et si vous voulez notre avis, ça fait toujours du bien de voir ses efforts récompensés…

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Cette année, dans les DOM, ils seront 38 100 à plancher sur les sujets du Diplôme National du Brevet des collèges :

  • Guadeloupe : 7 106
  • Martinique : 5 378
  • Guyane : 5 004
  • La Réunion : 14 833
  • Mayotte : 5 779

En France métropolitaine, 800 454 candidats passeront l’examen qui débute ce mercredi.

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