Après des années sans changement notable, le permis de conduire fait (presque) peau neuve. Ce lundi 2 mai 2016, la réforme engagée par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve dans le cadre de la « loi Macron » entre en application. Un code de la route rafraîchi, des délais d’attente moins longs et de nouveaux « inspecteurs »… Petit récapitulatif de ce qui change. 

Mise à jour – Dans un communiqué daté du 20 mai 2016, le Ministère de l’Intérieur a annoncé que l’externalisation de l’examen du code de la route doi-nt l’entrée en vigueur était prévue pour le 1er juin a été reportée au 13 juin 2016. Ce processus permet de confier à des prestataires privés et formés la surveillance de l’examen, afin de libérer les examinateurs classiques et de réduire ainsi les délais d’attente pour l’examen pratique. « Ce léger décalage permettra à l’ensemble des candidats ayant échoué à la nouvelle épreuve théorique, entre le 2 mai (date de mise en place de la nouvelle banque de questions) et le 12 mai (date à partir de laquelle le taux de réussite est revenu au niveau habituel), de se représenter, une fois suffisamment formés, dans un centre d’examen non externalisé, pour lequel l’État ne requiert aucun paiement. Des places supplémentaires ont été ouvertes à cet effet. »

Initiée en 2014 par Bernard Cazeneuve, la réforme du permis de conduire a pour objectif principal de réduire les délais d’attente entre deux examens pratiques. En 2014, il fallait compter en moyenne 90 jours pour repasser son permis en cas d’échec. Désormais, le temps d’attente est estimé à 70 jours. Et le gouvernement espère pouvoir le réduire à 45 jours en 2017. Pour les candidats, cela permettrait de diminuer le nombre de leçons à prendre entre deux examens, et donc de réduire le prix souvent exorbitant du permis de conduire.

Parmi les mesures prises par le gouvernement, la réduction de la durée de l’examen pratique, qui est passé de 35 à 32 minutes depuis le mois d’août 2014. Trois minutes qui changent tout, puisqu’elles permettraient aux examinateurs de faire passer en moyenne 13 candidats par jour au lieu de 12. Soit 110 000 places supplémentaires sur un an, selon des chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur.

Le Code de la route actualisé

Pour faciliter la mise en situation des candidats, des vidéos et des photos aériennes viendront illustrer 10% des questions. Des tablettes devraient également remplacer les traditionnels boitiers lors de l’examen.

Des changements de forme donc, mais également de fond. Car 1000 nouvelles questions viendront remplacer les 700 précédentes, quasiment inchangées depuis 20 ans. Retravaillées en fonction des priorités actuelles, elles mettront notamment l’accent sur l’éco-conduite, le partage de la route entre motards et automobilistes ou encore les nouvelles technologies embarquées dans les voitures.

« Nous avons tenté de lever les ambiguïtés propres aux anciennes questions, les mauvaises formulations, les questions-pièges. Par exemple, lorsqu’on vous montre une rue avec une place libre mais que cette place est située à contresens et donc… interdite. Dans ce contexte, la question ‘puis-je me garer ?’ est ambigüe. Nous voulons favoriser celui qui a le bon comportement, plutôt que celui qui connaît la règle et qui se contente de bachoter », explique Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière interrogée par Le Parisien.

Cependant, certaines de ces mesures sont loin de faire l’unanimité auprès des moniteurs d’auto-écoles. Ainsi, la surveillance des examens du Code de la Route par des employés d’entreprises agrégées par l’Etat (comme La Poste) à compter du 1er juin 2016, provoque la colère des professionnels du secteur. Depuis l’annonce de cette réforme, les syndicats d’inspecteurs et d’auto-écoles ont plusieurs fois manifesté leur colère, dans l’hexagone mais aussi en Outre-mer. De son côté, le gouvernement promeut une mesure qui permettrait de libérer les inspecteurs, qui pourraient alors se concentrer uniquement sur les examens pratiques et ainsi réduire les délais d’attente, principal sujet de tension pour les 1,4 millions de candidats qui tentent chaque année de décrocher la fameuse carte rose.

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