Crédit : Dmitriy Pichugin/WikimediaCommons

Pointe-à-Pitre-New-York, à partir de 60 euros. Avec ses tarifs défiant toute concurrence, l’arrivée de la compagnie aérienne Norwegian a fait figure de petite révolution dans le secteur du tourisme dans les Antilles françaises. Dans une interview accordée au site PBS, Anders Lindstrom, directeur de la communication de la compagnie, revient sur ce qui a fait le succès de la Norwegian.

Créée en 1993, la Norwegian a mis en place depuis quelques mois des vols directs reliant les îles des Antilles Française aux États-Unis. Une première depuis l’interdiction des garanties financières pour les compagnies aériennes votée par l’Union Européenne dans les années 80. À l’époque, cette décision avait fait fuir la plupart des compagnies aériennes américaines, qui parvenaient grâce à ce système à rentrer dans leurs fonds même en cas de remplissage insuffisant des avions. Mais le risque pris par les dirigeants de la Norwegian s’est avéré payant.

Au début de l’année 2016, la compagnie enregistrait déjà plus de 42.000 passagers en provenance ou vers les Etats-Unis, soit une augmentation de 150% par rapport à l’année 2015 où près de 60.000 passagers avaient voyagé sur la compagnie low-cost, comme l’indique Jérome Siobud, chef du département de développement commercial à l’aéroport de Pointe-à-Pitre. Un pari réussi, en grande partie grâce aux tarifs attractifs proposés par la compagnie.

Mais, comment expliquer une telle différence entre les prix de la Norwegian et ceux des autres compagnies?

Pour Anders Lindstrom, directeur de la communication, l’avantage principal réside dans la jeunesse de l’entreprise. « Nous n’avons pas à assurer les coûts de dizaine d’années de maintenance et de main-d’oeuvre auxquels les compagnies traditionnelles doivent faire face. Nous commençons avec de nouveaux avions, de nouveaux équipages, ce qui nous permet de garder des tarifs peu élevés », explique-t-il lors de l’interview. À cela s’ajoute des vols remplis à 90%, des avions récents et donc moins gourmands en carburant et surtout une stratégie bien rodée.

« La principale différence réside dans les méthodes de travail, précise Michael E. Levine,  spécialiste de l’industrie aérienne à l’université de New-York. C’est une nouvelle compagnie, les pilotes ont moins d’ancienneté, ils ont des méthodes de travail plus productives. « Comme par exemple, l’absence de plateforme de correspondance, et des vols fixes d’une ville à une autre qui permettent aux membres de l’équipage de se loger à proximité de leur lieu de travail. »

La Norwegian voit plus grand et les spécialistes du tourisme aux Antilles se frottent les mains

Avec le succès qu’elle connait, la Norwegian envisage bien sûr d’étendre ses zones d’activités. Mais elle doit pour cela s’affirmer dans un milieu où la concurrence est rude. Certaines compagnies américaines ont d’ores et déjà lancé l’offensive, accusant la Norwegian d’employer principalement des équipages chinois afin de réduire les coûts. Une stratégie démentie par le directeur de la communication qui assure que la plupart de ses employés sont américains.

En mai 2016, le Département Américain des Transport a commencé à étudier une demande d’expansion de la compagnie, déposée depuis deux ans. Une étape cruciale pour la Norwegian, car elle pourrait permettre à la compagnie d’étendre ses vols sur d’autres villes des États-Unis, mais également en Inde, en Afrique du Sud et en Amérique. Avec toutefois un enjeu de taille. « Le challenge pour la Norwegian est de trouver une solution pour grandir, tout en maintenant des tarifs compétitifs. C’est un point sur lequel de nombreuses compagnies ont échoué au fil des ans », précise Anders Lindstrom. Une ouverture à l’international qui serait plus que bénéfique au secteur du tourisme ultramarin, boudé depuis de nombreuses années par les touristes américains.

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