Crédit : Pixabay

Ce mercredi 10 mai 2017, c’est la Journée nationale de commémoration de l’esclavage, de la traite négrière et de leurs abolitions. À cette occasion, le chef de l’État François Hollande et son successeur, Emmanuel Macron, se rendent au Jardin du Luxembourg. Mais la cérémonie est loin de faire l’unanimité chez les ultramarins.

Quinze ans après l’adoption de la loi Taubira, le 10 mai reste encore aujourd’hui sujet à controverse. Dans les départements et territoires d’Outre-mer, les dates de commémoration d’abolition de l’esclavage varient, en fonction de l’histoire de chaque île. Et pour les jeunes antillais installés dans l’Hexagone, si la date du 10 mai est importante, elle est loin d’avoir l’envergure des 22 et 27 mai en Martinique et en Guadeloupe par exemple.

« Il est clair que le 27 mai reste une date symbolique pour l’abolition de l’esclavage en elle-même, donc j’accorde plus d’importance à cette date », nous explique Towney, un Guadeloupéen de 25 ans. « Mais il ne faut pas négliger le 10 mai qui est sans doute le fruit d’un long combat des personnalités politiques d’Outre-Mer avec en ligne de mire Christiane Taubira. Grâce à elle, enfin, nous vivons dans une nation où l’esclavage est reconnu comme crime contre l’humanité. Il a fallu attendre 2001 quand même… »

Un point de vue partagé par Indra, jeune martiniquaise résidant à Paris et qui a pu se rendre à la cérémonie. Si elle salue l’adoption de la loi Taubira, elle regrette cependant que l’évènement soit aussi restreint, et doute de son véritable impact. « Si on voulait vraiment faire prendre conscience de cette date et de ce qu’elle représente, il fallait faire quelque chose d’ouvert, d’accessible à tous, avec des activités ou des rencontres par exemple. »

Pour Fabiola, originaire de la Guadeloupe, le 10 mai « il ne se passe rien. Aux Antilles, les journées de commémoration sont fériées. Ici, tout le monde travaille, personne ne peut se rendre à la cérémonie. C’est simplement un jour où l’on parle de l’abolition de l’esclavage dans les médias nationaux. C’est mieux que s’il n’y avait rien bien sûr. Mais c’est dommage de faire les choses à moitié. »

Sur Twitter également, de nombreux internautes font part de leur déception. Entre ceux qui remettent en question la date choisie, ceux qui dénoncent une cérémonie sans réel impact et ceux qui pointent du doigt l’absence d’une importante couverture médiatique, autant dire que la date du 10 mai est loin d’avoir trouvé sa place.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.