Crédits photo : Tropiques Atrium / Facebook

Pour sa première biennale de danse depuis qu’elle s’appelle Tropiques Atrium, la scène nationale de Martinique n’a pas fait dans la demie mesure. Dès le premier week-end, l’affiche est saisissante : “Alvin Ailey 2”. Il s’agit d’une compagnie rassemblant les plus jeunes danseurs de la célèbre troupe. Une programmation dont Tropiques Atrium n’est pas peu fière d’autant que les martiniquais pourront aussi profiter d’une master class avec ces professionnels hors pairs.

Au delà de la fenêtre internationale, la biennale s’ouvre aussi et surtout sur les artistes locaux avec des créations fascinantes. Celle de Christiane Emmanuel et John Fandino en fait partie. Née sur les toits de Fort de France, dans l’intimité de la Maison Rouge, la pièce baptisée “Lagrimante” porte un message qui touche le plus grand nombre : pleurer, ça fait du bien. Une thématique choisie par le chorégraphe colombien, John Fandino qui l’illustre dans un trio masculin énergique. Avec le cubain Ricardo Miranda et le martiniquais Laurent Troudart, ils incarnent une allégorie parfaite de la larme et de la nécéssité de la faire sortir. 20 minutes de show qui mûrissaient depuis 4 ans dans la tête de Fandino.

Un tout premier échange dansé entre Martinique et Colombie dont la nouvelle présidente de Tropiques Atrium et chorégraphe de renommée, Christiane Emmanuel est on ne peut plus satisfaite. Ainsi le 18 mai prochain, sur les planches de la salle Aimé Césaire, ils feront couler les larmes, exploseront des bombes à eau, déclameront “l’épouvantail” d’Oliverio Girondo et, si le public est réceptif, ils mettront en émoi plusieurs centaines de canal lacrymaux.

Reprise surprise

La belle surprise de cette biennale, c’est le retour sur scène de “Mon corps est le corps de tout le monde”. Une pièce signée Jean-Hugues Miredin de la compagnie Art & Fact qui n’avait eu qu’une représentation en mai 2015. Une seule date qui avait fait du bruit. “Mon corps est le corps de tout le monde” c’est comme son nom l’indique une ode au corps et à tout ce qu’on peut en faire. Pour le chorégraphe, c’est bien plus que l’objet sexuel auquel il est réduit au quotidien. Plus question de tabous, les danseurs et comédiens présents sur scène n’hésitent pas à mettre et surtout à ôter leurs vêtements. On retiendra d’ailleurs cette indication de Jean-Hugues Miredin durant les répétitions à l’un des danseurs : “Et là, tu ramasses ton slip et tu pars”.

“Mon corps est le corps de tout le monde”, Tropiques Atrium, Fort-de-France, le 14 mai 2016, 20h.

Une biennale très dense

Du 10 au 21 mai, la biennale fera le tour du monde des danses. De l’Inde avec le groupe Suryakantamani, à la Côte d’Ivoire avec “La Rue Princesse” qui nous emmène en virée nocturne dans les rues d’Abidjan sur un n’dombolo fiévreux. Ce sera aussi l’occasion de découvrir de jeunes danseurs martiniquais comme Adrien Ursulet, ou de redécouvrir des artistes à l’univers très marqué comme la déjantée Anabel Geuredrat. Des danseurs pour qui ce rendez-vous est incontournable. L’occasion pour les uns et les autres de rencontrer à la fois le public mais aussi des collègues potentiels. D’envisager des projets, des voyages. Une richesse chère à Ronny Aul. C’est à lui que cette édition rend hommage. A son corps et à ceux du monde entier.

prog

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