Crédit : Kassav/Facebook

I pati ! Et ce, pour le plus grand plaisir de ses fans, le groupe antillais mythique Kassav’ se produit pendant tout le week-end du 18 novembre en Guadeloupe, après trois concerts explosifs au Zénith de Paris en mai dernier. Une dernière tournée pour faire ses adieux à leurs fans qui les suivent depuis 37 ans. Trois décennies plus tard, le feu sacré est toujours là. Si le cœur est évidemment à la fête, certains commencent à penser à l’après, à la fin de cette longue épopée. Une fois Kassav’ hors du champ, d’autres pourraient-ils engager la partie ?

Kassav’, un phénomène dont la presse ne cesse de vanter les mérites ces derniers jours… 5 millions d’albums vendus, 60 Zenith ayant cumulé 400 000 spectateurs, huit disques d’or, précisément disques d’or… Un palmarès que l’Hexagone a eu du mal à appréhender, mais auquel le monde a bel et bien adhéré. Une belle histoire qui a commencé par l’exploration d’un genre musical, que Pierre-Édouard Décimus et ses comparses ont popularisé à l’international. Love And Ka Dance (1979) marque le début d’une grande aventure, de notre histoire d’amour avec Jocelyne Béroard, des accords du maestro Jacob Desvarieux, des compositions de Jean-Claude Naimro, des chœurs endiablés de Marie-José Gibon, etc. Sans oublier une multitude de tubes comme « Zouk la sé sel médikaman nou ni », « Syé Bwa », « Tim Tim Bwa Sek ».

Ambassadeurs de la culture créole

Kassav’ est devenu au fil des ans l’emblème d’un genre de musique. Et il sera difficile de rivaliser avec cela. Bien évidemment, qu’on aime Malavoi, les Vikings de Guadeloupe, Zouk Machine, la Perfecta… Et après ?  Qui saura comme Kassav’ maîtriser une technique, un style et embraser une foule des jours d’affilé. Les reprises des jeunes générations sont acceptables (selon l’opinion) et il est facile de critiquer le zouk love et autres genres hybrides nés dans les années 2000. Pourtant, l’un des défis de ceux qui voudront marcher dans leurs pas sera de porter cet héritage et de parvenir à se hisser au rang d’ambassadeurs de la culture créole.

Le challenge sera également de se construire une identité aussi puissante que celle incarnée par Jocelyne, Jacob, Pierre-Édouard, Jean-Claude, Jean-Philippe, le regretté Patrick, Marie-José et les autres membres de la bande. La personnalité de chacun a toujours fait la force du groupe. D’ailleurs lorsque que l’un s’en est allé, par exemple un musicien, un nouveau est arrivé, prêt à offrir au public une partie de lui-même.

Les chantres du zouk forment une famille dont les fans ont suivi les exploits ensemble, mais aussi séparément. Les collaborations et albums solos n’ont pas brisé la dynamique de la troupe. Bien au contraire, ils ont fidélisé les plus fervents et fait rayonner de jeunes talents. Car la force de Kassav’, c’est aussi d’avoir marqué plusieurs générations.

Au-delà des Antilles…

1985. Premier Zénith qui affiche complet. 1988. Un live incroyable au stade de Luanda en Angola. 2009. Premier groupe français au Stade de France. Kassav’ passionne le monde, de la Colombie aux États-Unis, en passant par l’Afrique pour aller vers le Japon. Un véritable du tour du monde. Le groupe affole les compteurs, fait hurler de plaisir, reçoit les compliments de la légende du jazz, Miles Davis. Une conquête de la planète qui fait des envieux et nourrit les ambitieux. Comment faire pour succéder à Kassav’ ? Le groupe n’aurait-il pas pu préparer sa relève ? Un autre groupe pourra-t-il remplir ces critères ? Attendez, c’est vraiment fini ?

Soit, une certitude perdure : le zouk est un médicament qui fait du bien. Et si personne ne reprend le flambeau, c’est que l’heure est peut-être venue de créer une autre odyssée, de faire rayonner les ultramarins dans un autre registre. En attendant, Kassav’ continue d’écrire les pages de son histoire. Chiré Douvan !

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