Crédits photo : Unsplash / Pixabay

En 2015, le nombre de vols ou d’actes de violence enregistrés par la police et la gendarmerie rapporté à la population était globalement plus élevé en Guyane, en Guadeloupe, à Mayotte et à Saint-Martin que dans les autres territoires ultramarins ou en métropole. C’est le constat dressé par le Ministère de l’Intérieur qu’a publié cette semaine, les chiffres de la délinquance en Outre-mer pour l’année 2015.

À Saint-Martin, en Guyane et en Guadeloupe, l’intensité des vols avec armes, et plus généralement des infractions violentes, est très forte rapportée à leur population. De son côté, Mayotte est confronté à un taux de cambriolages par logement bien supérieur à tous les autres territoires français. À l’opposé, à Saint-Pierre-et-Miquelon et Wallis-et-Futuna, la délinquance enregistrée est faible, aussi bien concernant les vols que les violences. La Réunion et la Martinique se situent entre les deux extrêmes avec des statistiques semblables à celles de la métropole. Aux Antilles, la Martinique se démarque ainsi assez nettement de la Guadeloupe.

Aux Antilles, plus de délinquance en Guadeloupe qu’en Martinique

Alors que la Guadeloupe et la Martinique sont des territoires très proches géographiquement et démographiquement, avec une superficie et un nombre d’habitants assez similaires, la Guadeloupe affiche des intensités de délinquance plus élevées que la Martinique dans les sept domaines observés. Comparés à la métropole, la Guadeloupe a des taux plutôt plus élevés alors que ceux de la Martinique sont à un niveau équivalent, voire inférieur.

Source : Source : SSMSI - Base des crimes et délits enregistrés par la police          et la gendarmerie. France entière. * Pour les cambriolages de logements, il s’agit de taux pour 1000 logements.
Source : Source : SSMSI – Base des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie. France entière. * Pour les cambriolages de logements, il s’agit de taux pour 1000 logements.

Le taux de cambriolage pour 1 000 logements est 2 fois plus élevé en Guadeloupe qu’en Martinique

Comme en métropole, les habitants des zones les plus densément peuplées sont les plus souvent victimes. Les vols simples contre des particuliers prennent davantage place dans les zones touristiques. Pour la Guadeloupe, au centre de l’île, autour de Pointe-à-Pitre, qui concentre la vie économique et culturelle de l’île, ainsi que ses quartiers difficiles, et sur la « Riviera », zone touristique sur la bande côtière allant du Gosier à Saint-François, très prisée par les touristes. En Martinique, c’est principalement le littoral sud, très touristique, qui fait face à de hauts taux de vols simples par habitant.

Source : SSMSI
Source : SSMSI
Source : SSMSI
Source : SSMSI

Saint-Martin, la Guyane, les Antilles et Mayotte sont très en proie aux vols avec armes

En 2015, les forces de l’ordre ont enregistré 666 vols avec armes (armes à feu, armes blanches ou par destination) en Guyane, 704 en Guadeloupe, 299 en Martinique et 249 à Mayotte. Rapportés à leur population respective, on constate pour ces territoires d’outre-mer de 5 à 17 fois plus de vols avec armes qu’en métropole. Saint-Martin apparaît comme un territoire hors-norme avec 124 vols avec armes pour 35 000 habitants (soit 3,5 pour 1000). À titre de comparaison, dans aucun département de métropole l’intensité des vols avec armes ne dépasse 0,6 fait pour 1000 habitants.

À l’opposé, en 2015, il n’y a eu aucun vol avec armes à Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Wallis-et-Futuna, et ceux-ci sont plus rares qu’en métropole à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie Française.

Source : Source : SSMSI - Base des crimes et délits enregistrés par la police          et la gendarmerie. France entière.
Source : Source : SSMSI – Base des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie. France entière.

Les coups et blessures volontaires dans la sphère familiale sont plus fréquents dans la plupart des territoires d’outre-mer qu’en métropole

Sont comptabilisés ici les coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus pour lesquels l’auteur et la victime sont de la même famille. L’ensemble des territoires d’outre-mer a un taux par habitant élevé de coups et blessures volontaires dans la sphère familiale comparé à la moyenne nationale : 2,4 victimes pour 1000 habitants contre 1,4 en métropole. Dans 8 territoires ultramarins sur 11 ce taux est significativement plus élevé que le niveau métropolitain.

Avec 4,4 victimes pour 1000 habitants enregistrés en 2015, Saint-Martin est le territoire d’outre-mer avec le plus haut taux de victimes pour cet indicateur. Viennent ensuite la Polynésie française (3,9), la Nouvelle-Calédonie (3,0) et la Guyane (3,0).

Hors de la sphère familiale également, les Outre-mer ont, en moyenne, un taux de coups et blessures volontaires par habitant beaucoup plus élevé qu’en métropole : 3,4 victimes de coups et blessures volontaires pour 1000 habitants contre 1,9 en métropole. Ces violences sont particulièrement fréquentes à Saint-Martin (5,5 faits pour 1000 habitants), en Guyane (5,4), mais aussi en Nouvelle-Calédonie et à Mayotte. En revanche la Polynésie française, qui se distinguait dans le domaine des violences intra familiales, est ici relativement épargnée.

[quote]

Cette étude traite de sept domaines de l’insécurité en 2015 telle qu’elle est enregistrée par les forces de l’ordre (gendarmerie et police). Trois concernent les vols commis directement contre des personnes : les vols avec armes, vols violents sans arme, vols sans violence. Deux autres types de vols sont étudiés : les cambriolages de logements et vols de véhicules motorisés. Enfin on étudie deux catégories de violences qui ne sont pas liées à des vols : les coups et blessures volontaires (sur personnes de 15 ans ou plus) qui ont lieu dans la sphère familiale (l’auteur et la victime sont membres de la même famille) et hors de la sphère familiale.

Dans chacun de ces domaines, on a observé le nombre de faits qui se sont déroulés dans les 11 territoires ultramarins et, pour permettre des comparaisons pertinentes, on les a rapportés à leur population. On calcule ainsi des intensités de délinquance pour 10 000 habitants, que l’on peut comparer aux taux observés en métropole, complétant ainsi les analyses réalisées en janvier 2015 et disponibles sur http://www.interieur.gouv.fr/Interstats , qui ne portaient que sur la métropole.

Les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie ne recensent pas la totalité des infractions commises, notamment parce que toutes les victimes ne se font pas connaître. Les indicateurs contenus dans cette publication donnent une information sur la partie enregistrée de la délinquance subie. Les enquêtes « Cadre de Vie et Sécurité » de l’Insee visant à recenser les atteintes subies déclarées par la population dans certains départements (La Réunion en 2011, les Antilles et la Guyane en 2015) seront à même de compléter certains messages de cette étude.

[/quote]

 

Articles similaires

3 Commentaires

  1. Le sujet concerne les dom tom (particulierement la guadeloupe) par rapport à la metropole donc pourquoi faire un paragraphe de comparison guadeloupe / martinique et dire qu elles ne sont pas comparable voir rien à voir en terme de delinquance. vos commentaires paraissent subjectif sur cette partie de l article car basé uniquement sur l indicateur oÙ la difference est plus grande : le cambriolage. Alors que pour tous les autres territoires vous vous contentez de donner des chiffres. Chaque ile a sa specificité en quoi le fait qu elles soient proche l une de l autre est outils de comparaison (surtout que la compaison est plus parlante avec d autres iles ou dep). La volonté de pointer du doigt la guadeloupe et mettre la martinique comme une exception dans les dom transpire dans votre article ce qui enlève de son intérêt. C est dommage car il y a de la recherche mais vos mobiles ne sont pas honnête.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.