Crédits photo : Passions Partagées

Certains noms sont familiers, d’autres un peu moins. Pourtant, tous ont contribué à faire rayonner la littérature martiniquaise dans le monde entier. Poètes, dramaturges, nouvellistes, romanciers ou essayistes, ces dix auteurs sont désormais incontournables dans le paysage culturel martiniquais.

1. Aimé Césaire (26 juin 1913 – 17 avril 2008)

Crédits photo : salon-litteraire.com
Crédits photo : salon-litteraire.com

Son nom restera toujours associé à l’histoire de la Martinique. Né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe Aimé Césaire est connu pour être l’un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude. Une orientation qui marque l’ensemble de ses oeuvres, qu’elles appartiennent au registre poétique (Cahier d’un retour au pays natal, 1939;  Soleil cou coupé, 1947; Cadastre, 1941), théâtral (La Tragédie du Roi Christophe, 1963; Une saison au Congo, 1996), ou encore de l’essai (Discours sur le colonialisme, 1950).

2. Edouard Glissant (21 septembre 1928- 3 février 2011)

Crédits photo : site.prix-fetkann.fr
Crédits photo : site.prix-fetkann.fr

Ecrivain, poète et essayiste, Edouard Glissant adhère dans un premier temps au mouvement de la négritude, avant de développer son propre concept  de la créolisation. Parmi ses oeuvres les plus emblématiques, le roman Tout-Monde et le Traité du Tout-Monde, tous deux publiés en 1997 et dans lesquels il développe son néologisme « Tout-Monde ». On lui doit également le roman La Lézarde, vainqueur en 1958 du prestigieux prix Renaudot.

3. Patrick Chamoiseau

Crédits photo : Let's Pix (Youtube)
Crédits photo : Let’s Pix (Youtube)

Théoricien du mouvement littéraire de la créolité avec Jean Bernabé et Raphaël Confiant, Patrick Chamoiseau également l’auteur du roman Texaco, récompensé du Goncourt 1992. Les trois tomes de son récit autobiographique Une Enfance Créole (1990-2005), Solibo magnifique (1988) ou son essai Ecrire en pays dominé (1997) en ont définitivement fait un écrivain incontournable de l’île.

4. Jean Bernabé

Crédits photo : babelio.com
Crédits photo : babelio.com

Ecrivain et linguiste, Jean Bernabé se distingue de ses pairs par ses nombreux écrits sur la syntaxe de la langue créole. Aux côtés de Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, il figure parmi les auteurs de l’essai Eloge de la créolité (1989), mouvement dont il est l’un des fondateurs.

5. Raphaël Confiant

Raphael Confiant lors d'une Conférence au Camp Jacob (St-Claude) - Crédits photo : Raphael Confiant (Facebook)
Crédits photo : Raphael Confiant (Facebook)

Actuel doyen de la section Lettres et Sciences Humaines de l’université des Antilles, Raphaël Confiant a participé à la création du mouvement de la créolité. Il est l’auteur du roman Le Nègre et l’Amiral en 1988, des Contes Créoles (1995), ou encore de Chimère d’en-ville (1985), écrit initialement en créole.

6. Suzanne Dracius

Créditsp hoto : Suzanne Dracius (Facebook)
Créditsp hoto : Suzanne Dracius (Facebook)

Professeur de lettres classiques, Suzanne Dracius a enseigné à l’université des Antilles, à Paris mais aussi aux Etats-Unis. En 1989, son roman L’autre qui danse se classe parmi les finalistes du Prix du Premier Roman. Dramaturge, poète et nouvelliste, on lui doit également la pièce de théâtre Lumina Sophie dite Surprise (2005), Exquise déréliction métisse (2008), et les Fables de la Fontaine avec adaptations créoles & sources (2006). Elle a reçu en 2010 le Prix de la Société des Poètes Français pour l’ensemble de son oeuvre.

7. Frantz Fanon (20 juillet 1925 – 6 décembre 1961)

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Psychiatre de formation, Frantz Fanon a passé la plus grande partie de sa vie loin de son île natale. Fortement marqué par le processus de colonisation, il s’attache au fil de ses écrits à rendre compte de ses conséquences sur les peuples colonisés et colonisateurs. Il est l’auteur de Peau noire, masques blancs en 1952 et de Les Damnés de la Terre, en 1961.

8. Joseph Zobel (26 avril 1915 – 17 juin 2006)

Crédits photo : Passions Partagées
Crédits photo : Passions Partagées

Poète, romancier et nouvelliste, Joseph Zobel est connu pour son roman La rue Case-Nègre (1950), inspiré de son propre vécu. L’oeuvre reflète la ligne d’écriture de l’écrivain, qui s’attache à rendre compte de façon réaliste des us et coutumes de la Martinique de l’époque.

9. Tony Delsham

Crédits photo : potomitan.info
Crédits photo : potomitan.info

Passionné par le monde de la presse et de l’édition, Tony Delsham se consacre à la création de sociétés d’édition et de groupes de presse propres aux Antilles-Guyane. En 1970, il créé donc la société d’édition M.G.G., devenue Martinique Editions en 1999. Rédacteur en chef du journal hebdomadaire Antilla, il est également l’auteur de très nombreux romans (Lapo Farine, roman antillais en 1984; Papa, est-ce que je peux venir mourir à la maison, 1997 ), de pièces de théâtres ou encore de bande-dessinées (Le retour de Monsieur Coutcha, 1984).

10. René Maran (5 novembre 1887 – 9 mai 1960)

Crédits photo : Diasporas en France
Crédits photo : Diasporas en France

Né en Martinique de parents guyanais, René Maran est le premier antillais récompensé par le Prix Goncourt en 1921, pour son roman Batouala (Véritable roman nègre). Considérée par certains comme un texte précurseur du mouvement de la « négritude », l’oeuvre de René Maran a provoqué à sa sortie de vives réactions, notamment à cause de sa préface qui dénonçait plusieurs aspects du colonialisme.

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3 Commentaires

  1. présentation absolument remarquable des écrivains notoires ; on vibre
    avec eux, notamment Suzanne DRACIUS à qui j ‘ adresse mon meilleur
    souvenir vénézuélien.
    Cordialement.
    Eric REIBEL;

    • 2017 mercis, Eric REIBEL ! Ad libitum, tous mes voeux de Caribéenne calazaza gréco-latine, avec un clin d’œil aux Mânes de mon arrière-grand-mère chinoise : étincelante splendeur avec la Poule aux Oeufs d’Or et douceur épandue sur cet An neuf en dépit de la fougue du Coq de Feu !
      Le plus, le mieux, le meilleur, contre vents et marées, en exquise et dansicotante harmonie, pour mieux écraser, piler l’année passée !
      Que nos plumes d’ici et d’ailleurs, de Coq de Feu ou de Poule aux Oeufs d’Or, allègent le poids des aléas !
      Suzanne Dracius

  2. Merci pour ces magnifiques portraits de nos illustres poètes antillais ! Les œuvres de certains d’entre eux ont bercé ma jeunesse et m’ont transmis le goût de la littérature de nos îles. Je voudrais citer une dame très modeste qui écrit également des poèmes et qui leur a consacré un touchant écrit, plein de tendresse et aussi de verve, pour leur rendre un vibrant hommage. Ses poèmes ont été lus sur plusieurs radios martiniquaises ces dernières années. Elle n’a pas encore pu faire connaitre ses productions à un large public, faute de moyens matériels, mais son œuvre doit être protégée et encouragée car elle rend hommage à de nombreux aspects de notre île. Il s’agit de Madame Flora Céline François, demeurant en Martinique. J’espère qu’un jour nous pourrons la compter parmi nos artistes les plus marquants de la culture martiniquaise. Merci à tous ceux qui enrichissent notre culture et nos traditions martiniquaises à travers les âges !
    Annick RICHARD

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