Trouver les différentes utilisations d’une plante, détenir l’ensemble du savoir traditionnel lié à la médecine douce dans son téléphone. Voilà la promesse faite par Pawoka et sa conceptrice Rachel Lollia. Cette jeune entrepreneure locavore a fait de son mode de vie un concept qui valorise les « Rimèd Razyé », à travers une application.

Elle a les sciences en amour et promouvoir le local est son credo. Rachel Lollia est une entrepreneure qui a su allier la technologie et la tradition. Cette jeune maman de 28 ans est à l’origine du concept Pawoka. Un site et une application qui permettront à leurs utilisateurs de connaître et reconnaître les usages des plantes médicinales de la biodiversité antillaise. Pawoka est la conjonction entre les compétences d’ingénieur en communication et médiation scientifique de Rachel et le constat, ou plutôt la frustration qu’elle a elle-même expérimentée. En effet, c’est sa grossesse puis sa maternité qui l’ont fait se tourner vers l’utilisation des plantes pour se soigner et soigner sa famille.

« La première fois c’était lors de ma grossesse, puis quand j’ai allaité et enfin quand j’ai fait le choix de soigner ma fille par la médecine douce et traditionnelle parce qu’elle faisait beaucoup d’allergies  aux produits de synthèses (même les médicaments) ». Elle s’est donc heurtée  à l’absence de connaissances accessibles au grand public : « Je me suis rendue compte qu’à part en ayant quelqu’un dans sa famille qui connaît les différentes façons d’utiliser ces remèdes présents dans nos jardins, on n’avait pas accès à l’information, ou encore dans des livres parfois très techniques avec des termes scientifiques « .

Un constat qui lui a donné l’idée de créer une application qui centraliserait ces informations et les rendrait donc accessibles à la population. Et de l’idée à sa concrétisation, il n’y a eu qu’un pas. Ou plutôt qu’un long parcours jalonné d’épreuves que la jeune entrepreneure continue de franchir une à une pour mener à bien son projet. Avec une sortie prévue à la fin de ce second trimestre 2016, Rachel s’attelle à la tâche la plus ardue de Pawoka : l’intégration des données dans l’application pour offrir l’accès à des fiches simples, claires, détaillées et précises. Un travail fastidieux si on considère l’étendue de la diversité des plantes et le service qu’elle met à disposition puisqu’il s’agit de plantes utilisées à des fins médicales. Plus de 3 800 plantes et une bonne majorité avec des vertus curatives poussent dans la région caribéenne. Une mine d’or qui a longtemps été exploitée dans des cercles relativement restreints et avec très peu de transmission de ces savoirs.

L’application devrait disponible au grand public a la fin du deuxième trimestre 2016

La première grande victoire de la pharmacopée antillaise date de 2013

Cette année-là, 46 plantes originaires de la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion ont fait leur entrée dans la pharmacopée française, obtenant ainsi l’autorisation d’être utilisées ou plutôt exploitées à des fins médicales par les industriels. Des rimèd razyé qui gagnent donc enfin leur lettre de noblesse grâce au travail et à l’acharnement d’une ligue de chercheurs menée, entre autres , par le Dr Henri Joseph, qui n’est ni plus ni moins que docteur en pharmacognosie et fondateur de Phytobokaz. Rachel s’inscrit dans cette démarche de valorisation de ces plantes locales en ajoutant la touche de numérique utile pour inclure la nouvelle génération dans la boucle.

Si Pawoka n’est pas encore disponible, l’intérêt porté n’est pas des moindres. La jeune femme a été l’une des six finalistes du concours interrégional Orange et Elles et n’a pas démérité dans la bataille. Son application reste donc une affaire à suivre et un outil d’utilité publique qui assure de façon remarquable la transmission inter-générationnelle des savoirs et pratiques ancestrales.

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