Crédit: Capture d'écran/TF1

Son élimination lors des Epreuves Ultimes de The Voice a fait grincer des dents les twittos. Pourtant la guadeloupéenne Mirella Toussaint n’a pas du tout vécu cette soirée comme une défaite, bien au contraire. Pour Mediaphore, elle revient sur son parcours, son aventure dans l’émission, et aussi ses projets futurs.

Mediaphore : Dès les auditions à l’aveugle, vous avez impressionné les coachs avec votre technique vocale. Vous êtes tombée dans la musique dès la naissance ? 

Mirella : Mon père est professeur de musique et de chant en Guadeloupe, et j’ai commencé à chanter très jeune. J’ai fait mon premier solo à 9 ans, en chantant l’Ave Maria dans la chorale que mon père dirigeait. Ensuite j’ai suivi un parcours scolaire classique. Quand j’ai quitté la Guadeloupe je suis entrée au Conservatoire Lyrique de Nancy. J’ai ensuite travaillé dans un cabaret sur Paris pendant une dizaine d’années en tant que chanteuse et danseuse. Nous faisions des scènes un peu partout, y compris au Maroc où j’ai eu beaucoup de propositions, pour des restaurants, des soirées privées, des casinos. Je faisais donc souvent des allers-retours Paris-Maroc, jusqu’à ce que je décide de m’y installer l’année dernière.

Mediaphore : Pourquoi avez vous décidé de vous inscrire à The Voice ?

Mirella : C’est une copine qui a décidé de m’inscrire, sans m’en parler. Maintenant je la remercie, mais au début je lui disais « On va voir où ça m’emmène, et je te dirai merci après! » (rires). Mais oui, maintenant je lui dis merci!

Mediaphore : Vous étiez un peu stressée aux auditions à l’aveugle, mais finalement tout s’est bien passé. Florent Pagny se retourne, c’était le coach que vous vouliez ?

Mirella : Un peu? Je n’étais pas « un peu » stressée, je l’étais énormément! J’hésitais entre Garou et Florent Pagny. Alors forcément, le fait que Florent se soit retourné, c’était très positif parce qu’il faisait partie de mes premiers choix.

Mediaphore : Comment se sont déroulées les répétitions ?

Mirella : C’était très long et très fatiguant. Pour moi, c’était encore plus difficile parce que je continuais à faire des aller-retours entre Paris et le Maroc. Et puis les journées étaient très longues, avec les coaching vocaux, les répétitions avec et sans musiciens, le stylisme, le make-up, les interviews… Mais les répétitions avec Florent se sont très bien passées. Il est dans la vie de tous le jours comme à la télé. Une personne ouverte, sage. C’est aussi la personne qui, dès qu’elle commence à parler, ne finit pas! (rires) Mais c’est très agréable. Il m’a donné de nombreux conseils, le principal pour moi étant de mieux articuler, et ensuite des petites directions techniques qui m’ont bien servies. Ils nous a bien aidées Lica et moi.

Mika m’a appris à ne pas avoir peur d’être moi-même sur scène.

Mediaphore : Effectivement, lors du 1er battle, on vous sent beaucoup plus à l’aise…

Mirella : Ça m’a fait sourire quand je me suis vue à la télé. Parce qu’intérieurement, j’étais dans le même état que lors des auditions à l’aveugle! Mais ça ne s’est pas vu et ça m’a fait plaisir. Mais oui, j’étais encore très, très stressée. Un peu moins, parce que je n’étais plus seule sur scène. D’habitude, pendant mes spectacles, je partage la scène. Le fait d’être seule lors des auditions à l’aveugle et loin des musiciens, loin du public, ne pas pouvoir faire ce que j’ai l’habitude de faire sur scène, ça m’a un peu déroutée. Mais pour le battle, j’étais avec Lica donc c’était un peu mieux.

Mediaphore : Votre prestation sur « Avant toi » de Calogero a bluffé les coachs et le public, mais Florent Pagny décide malgré tout de garder Lica. Vous pensiez que l’aventure était finie ?

Mirella : Je m’étais préparée psychologiquement à quitter l’aventure. À ce moment-là, je me suis dit « Ok, je retourne au Maroc, il n’y aura plus de voyages ». Jusqu’à ce que je comprenne que non, je n’avais pas fini de prendre l’avion. Je ne m’attendais pas du tout à être repêchée par Mika, c’était une vraie surprise. Je me suis dit « Bon, d’accord, je vais me reposer après, tant mieux. »

Mediaphore : Comment avez-vous vécu votre changement d’équipe et surtout de coach ?

Mirella : Le fait de changer en cours de route était un peu déroutant mais j’ai été bien accueillie, par l’équipe et par Mika. Florent et lui ont des façons de travailler différentes. Florent est beaucoup plus doux dans sa façon de travailler, dans son approche, dans sa façon de dire les choses. Tandis que Mika fonctionne plus à l’électrochoc. Il y va. Cette technique est beaucoup plus efficace sur moi parce qu’elle me met plus vite face à moi-même, aux problèmes auxquels je dois faire face et du coup ça me permet de travailler plus vite.

Je ne peux pas être déçue. Grâce à Florent, j’ai pu intégrer l’émission et vivre cette aventure.

Mediaphore : Quel a été son meilleur conseil ?

Mirella : Il m’a appris à ne pas avoir peur d’être moi-même sur scène. À ne pas oublier de me montrer. Sur scène, je me protège énormément, à cause de certaines expériences qui ne sont pas toujours bien passées. J’ai gardé cette habitude de me renfermer, surtout lorsque j’arrive dans un milieu inconnu et que je n’arrive pas à mettre le doigt sur l’origine de mon stress. Mika a fait tout un travail avec moi pour m’aider à accepter de me montrer, accepter de ne pas me protéger sur le plateau The Voice. Et ça m’a énormément aidée.

Mediaphore :  C’est pour cette raison que lorsqu’il vous dit que vous n’êtes pas « froide » ni « qu’une technicienne », on vous sent aussi émue ?

Mirella : J’étais soulagée parce qu’au début de l’aventure, à chaque répétition, ils me disaient toujours « Mirella tu ne fais pas une fausse note, on a l’impression que tu es une machine. On te demande de faire un truc tu l’exécutes, on te corrige, tu appliques. » Ils avaient envie de voir davantage le côté humain. Lorsque Mika m’a dit que je ne suis pas « qu’une technicienne », je me suis dit « Enfin! Quelqu’un qui a vu mon âme! ». Même si je ne l’ai pas vraiment montrée, mais il a vu mon âme.

Mediaphore : Lors des Epreuves Ultimes, vous chantez « Titanium » de Sia et David Guetta. C’est vous qui avez choisi cette chanson ?

Mirella : Oui. Tout d’abord, c’est un message que je souhaitais faire passer à certains collègues qui n’ont pas toujours été sympas. Mais cette chanson m’a aussi permis de montrer mes graves, mes médiums et mes aigus. Et puis c’est une chanson que j’ai l’habitude de chanter. Je me suis dit que si c’était ma dernière épreuve, j’aimerai bien me sentir à l’aise dans une chanson que je connais et dans laquelle je me sens bien. Pendant cette prestation, dans ma tête, je suis sortie du cadre de The Voice. Je me disais « Mirella, amuse toi. Fais-toi plaisir, montre-nous qui tu es ». C’est pour ça que lorsque Mika a dit qu’il continuait l’aventure avec Gabriella, dans ma tête ça sonné comme « Mirella tu as gagné ». Cette épreuve là, c’était mon défi personnel et je l’ai réussi. Je me suis donné un objectif, qui était d’arriver à me sentir à l’aise dans une situation de travail que je ne connais pas. Et je l’ai fait.

Mediaphore : Donc vous n’êtes pas déçue par votre élimination ?

Mirella : Je ne peux pas être déçue. Grâce à Florent, j’ai pu intégrer l’émission et vivre cette aventure. Grâce à Mika, j’ai pu apprendre à gérer une situation qui ne m’est pas familière. Ce n’est que du positif. Je ne peux pas être dégoutée ou triste ou quoique ce soit dans la mesure où comme j’en sors grandie, j’estime que j’ai gagné. J’ai gardé le sourire pendant trois jours après l’élimination.

Mediaphore : Quels sont vos projets à venir ?

Mirella : Après The Voice, j’ai eu des propositions de travail sur la France. Mais je préfère continuer à travailler sur mon projet personnel qui était déjà en route avant The Voice, à savoir mon premier album « Pitit an mwen ». Je travaille dessus avec une équipe de musiciens ivoiriens que j’ai rencontré au Maroc. C’est un style proche du jazz caribéen, et presqu’intégralement en créole. Ce n’était pas ce que je voulais faire au début, mais c’est arrivé tout seul et comme ça sonnait pas trop mal, j’ai continué! Il n’y a pas encore de date de sortie officielle. Le premier single « Pitit an mwen » est sorti au mois de novembre 2015 et est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement. C’est un hommage à toutes les femmes qui ont perdu un enfant, une pensée d’espoir. L’album, lui, parlera de ma vie, et de la vie en général, de tout ce qui m’inspire.

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1 COMMENTAIRE

  1. moi j’aurai choisi la proposition pour la France . Le Maroc et chanter en créole pfff .ça n’ammene pas tres loin . C’est comme un Breton qui décide de chanter en Breton avec une équipe du Kosovo rencontrée au Maroc .

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