Crédits photo : Quiloredi's Blog

Face à l’invasion quasi quotidienne des algues sargasses aux Antilles, le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, les Services de l’Etat et les collectivités locales de Guadeloupe ont co-signé un plan d’actions intitulé « le Protocole de mobilisation et de solidarité ». Après plusieurs mois sur le terrain, l’heure du bilan a sonné.

Comme l’explique la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Guadeloupe, le dispositif définit une politique de gestion des échouages massifs, à travers trois volets de soutien aux collectivités locales :

  • l’appui au ramassage des sargasses par l’Etat (Préfecture/DEAL),
  • la création de brigades vertes,
  • le lancement d’un appel à projets pour la valorisation des algues par l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME).

Dans un rapport présenté il y a quelques jours, les institutions concernées dressent un bilan de la deuxième phase du plan d’actions, réalisée d’octobre à novembre 2015. Cette phase consiste essentiellement en une campagne de nettoyage et la mise au point des méthodes.

Localisation des sargasses sur le littoral guadeloupéen

En Guadeloupe, les principales plages touchées par les sargasses depuis 2011, sont essentiellement situées :

  • en Grande-Terre sur la côte Est : Sainte-Anne, Saint-François, Gosier, Anse-Bertrand, Petit-Canal, Le Moule,
  • en Basse-Terre sur la côte Est : Capesterre Belle-Eau, Petit-Bourg, Goyave
  • dans les îles du Nord (Désirade) et du Sud (Marie-Galante, les Saintes).
Source : DEAL Guadeloupe
Source : DEAL Guadeloupe

Selon la DEAL Guadeloupe, les acteurs du territoire guadeloupéen possèdent désormais un système efficace de prévision des échouages de sargasses. Ils parviennent ainsi à repérer les zones littorales les plus impactées. Un système qui sera étendu aux îles du Nord courant 2016.

Comment s’organise le ramassage des algues en Guadeloupe ?

Le ramassage des algues s’effectue manuellement, à terre comme en mer. Le nettoyage manuel est effectué par les brigades vertes. Elles sont composées de personnes sans emploi recrutées par l’Etat et formées par la DEAL Guadeloupe.

Elles reçoivent également une formation de l’Agence Régionale de Santé (ARS), sur les impacts sanitaires du phénomène, car le nettoyage manuel des algues ne peut s’effectuer si la teneur en H2S est supérieure à 10 ppm. La formation assurée par l’ADEME, leur donne le statut d’ambassadeur de tri.

Selon la DEAL Guadeloupe, en novembre 2015, on dénombre en Guadeloupe : 129 « brigadiers verts » répartis entre les agglomérations et les communes. Leur action est complémentaire au ramassage mécanique. Ce nettoyage mécanique est effectué jusqu’à là par des trieuses de sable. Privilégier les machines qui criblent le sable, permet de récolter uniquement les algues échouées. Ces nouvelles machines de ramassage des sargasses, évitent ainsi l’érosion des plages, contrairement aux engins mécaniques de BTP (tractopelles).

Le ramassage est également effectué en mer par le biais de barrages flottants déployées par exemple au large des communes de Capesterre-Belle-Eau et la Désirade. Ces initiatives sont encore en phase expérimentale. Les marins-pêcheurs ont également été sollicités afin de ramasser les algues en mer.

A noter aussi l’usage d’engin amphibien. Certaines communes se tournent vers de nouvelles technologies pour effectuer cette tâche. La commune de Capesterre-Belle-Eau en est un exemple. Elle expérimente un engin amphibien, capable de récupérer les algues en mer et de les ramener sur terre tandis que la commune de Petit-Bourg a testé le ramassage des sargasses avec le « Sargator ». Ce bateau de ramassage a été conçu par la société guadeloupéenne STMI. L’embarcation permet de collecter jusqu’à 10 tonnes d’algues grâce à un tapis roulant qui peut descendre à 1,80 m de profondeur.

A ce jour, des dizaines de milliers de tonnes d’algues sargasses ont été ramassées le long des côtes guadeloupéennes et ce n’est pas fini.

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