Geeks contre tsunami : Geek 1 - Tsunami 0

L’opération Caribewave s’est soldée par une réussite complète. L’équipe de Caribewave Fwi qui a monté le projet et mise en place la logistique pour simuler un nouveau dispositif d’alerte en cas de risque majeur, avait investit depuis le 10 mars les hauteurs de Marie-Galante. Jeudi 17 mars, le jour J, 10 heures, les capteurs sismologiques qu’ils ont développé ont lancé la simulation en temps réel.

Jeudi 10 heures, le calme de Marie-Galante est perturbé par un séisme qui s’est fait ressentir dans toute la Caraïbe. Une première catastrophe qui va plonger la dépendance et le reste de la Guadeloupe dans une phase d’alerte rouge puisqu’un tsunami a vite été détecté et la vague devrait toucher les côtes de l’île à 11h31. La population doit être prévenue et évacuée dans les plus brefs délais.

Voilà le scénario imaginé par Caribewave et appliqué par l’équipe de Caribewave Fwi pour cette journée de simulation d’alerte tsunami qui concernait toute la Caraïbe et les côtes sud américaines.  L’équipe qui prépare cette mission depuis plusieurs mois, teste en grandeur nature et en temps réel l’ensemble des dispositifs développés pour moderniser l’alerte et l’évacuation de la population de nos territoires qui est fortement exposée aux risques majeurs que sont, entre autres, les tsunamis, et les séismes.

Dans un premier temps, un mapping d’une zone prédéfinie a été réalisé par des drones. L’utilisation de ces objets plutôt que le recours à un avion a permis de représenter une image de 3 cms de côté. Cette précision est très utile pour avoir des données qui aideront les secours à connaître les routes et accès afin de mettre la population à l’abri le plus efficacement possible en évitant les itinéraires à risque. Une fois l’opération simulation déclenchée à 10 heures, les différentes équipes de cette Caribewave French West Indies sont sur le pied de guerre. Du côté des développeurs, on teste le sismographe et son application connectée. Le dispositif qu’ils ont entièrement codé en quatre jours se compose d’un sismographe portatif relié à une application qui génère des alertes en cas de séisme et de tsunami. Cernés mais sur le qui-vive ils guettent chaque dysfonctionnement de leur application disponible sous Android dans sa version Bêta. « Quand les capteurs signalent une anomalie comme un séisme toutes les personnes qui ont téléchargé l’application reçoivent une notification indiquant l’alerte en cours et ce qu’elle soit ouverte ou non« , explique l’un des développeurs.

Du côté de la war room, la table est encombrée de dispositifs en tout genre. Ecrans, câbles, fils, claviers sont manipulés et chacun est à son poste, concentré. Les réseaux sociaux sont ouverts pour relayer l’information en temps réel en fonction des évolutions envoyées sur le réseau Caribewave qui s’étend sur toute la Caraïbe. L’envoi de sms dès le début de l’alerte a optimisé l’évacuation de la population en toute sécurité vers les points sécurisés de l’île. Pendant ce temps là, un pont wifi est mis en place entre Marie-Galante, la Désirade et Saint-François pour assurer un réseau parallèle pour les secours en cas de panne du réseau principal. Il permet aussi de contrer une possible saturation qui arrive souvent dans ces cas-là. L’exercice montre l’efficacité du système. La mécanique est bien huilée et le coordinateur du projet Gaël Musquet, chargé de mission à la Fonderie Île-de-France est conforté dans son raisonnement au fur et à mesure de l’avancée de l’opération. De quoi créer une frustration quant au manque de réceptivité des autorités.

Dans la War room les membres de Caribewave s'activent pour que l'information circulent au mieux
Dans la War room les membres de Caribewave s’activent pour que l’information circulent au mieux

« Quant on a demandé à la préfecture les dispositifs prévus en cas de tsunami, ils nous ont répondu qu’ils enverraient des voitures équipées de microphones pour alerter la population« , reprend Gaël Musquet. « Quant il a fallu relayer l’information concernant l’alerte, on a juste eu droit à un fax envoyé ce matin et vous constater bien, il n’y a personne de la préfecture« , ajoute-t-il. Ce constat symptomatique d’une organisation sociétale passéiste montre qu’il est temps pour les citoyens de devenir acteurs de leur quotidien et de contribuer à l’amélioration de l’information et de l’équipement. « On est en 2016, il y a des pays qui ont beaucoup moins de moyens qui ont su déployer des dispositifs modernes d’alerte. C’est possible, en respectant les standards et en utilisant des technologies qui existent déjà. On n’a plus d’excuses« .

Une conclusion qui montre l’urgence de la modernisation du système de prévention des populations pour éviter des catastrophes naturelles et l’ingéniosité d’une poignée de personne qui part d’une simple implication citoyenne.

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1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour!
    Super papier :)
    Juste deux petites corrections : le scénario n’a pas été mis en place par nous, mais c’est le scénario de caribewave2016, donc dans toute la caraibe et sur les côtes sud américaines.
    Deuxièmement, les pixels des drones représentent une zone de 3cm de côté, ce qui est encore plus impressionnant :)
    En tous cas, ce fut une belle réussite, et bravo également aux journalistes qui ont passé des heures avec nous pour faire de beaux papiers!
    On se prépare déjà pour CaribeWave 2017 ;)

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