Un moustique de genre aedes

Minuscule et pourtant, si dangereux. Il n’y paraît pas mais le moustique est l’animal le plus meurtrier du monde. Paludisme, fièvre jaune, dengue, chikungunya ou encore, zika. Autant de maladies transmises à l’homme par le moustique. Mais une question réside tout de même : à quoi sert le moustique ?

Vous vous êtes sûrement déjà posé cette question, à quoi peut bien servir le moustique ? Quel est son rôle dans l’écosystème ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, le moustique serait utile à la nature.

1) Transmetteur d’agents pathogènes

Le rôle principal du moustique, comme pour la majorité des espèces est de transmettre des agents pathogènes (qui ne survivraient pas ou ne pourraient pas se multiplier sans les moustiques), ce qui leur confère un intérêt médical et/ou vétérinaire (vecteur potentiel ou effectif de maladie, moustiques infecté naturellement, etc.).

2) Pollinisateur

A l’état adulte, le rôle pollinisateur du moustique est très limité comparé à d’autres groupes d’insectes comme les hyménoptères (abeilles) et lépidoptères (papillons).

3) Recycleur

A l’état larvaire, les moustiques contribuent au recyclage de la matière organique (les larves sont détritivores) et sont-eux même une ressource alimentaire disponible pour une variété d’organismes, notamment les poissons, batraciens, larves de libellules, etc., quand ils sont présents dans les gîtes larvaires (de nombreux moustiques colonisent des petits récipients ou des compartiments aquatiques temporaires aux conditions physico-chimiques extrêmes : milieux acides, sursalés, très peu favorables à d’éventuels prédateurs naturels).

Pourquoi ne pas éradiquer tous les moustiques ?

Dans un article du Monde dédié au moustique, on apprend qu’en réalité, sur les 3 500 espèces de moustiques qui existent, seule une centaine (6 %) – dont les femelles exclusivement – piquent les humains pour pomper leur sang et assurer le développement de leurs œufs. Parmi elles, une poignée s’avère véritablement dangereuses : les désormais célèbres Aedes aegypti et Aedes albopictus (tous deux incriminés dans l’épidémie de Zika, mais aussi de dengue et de fièvre jaune), ainsi que Anopheles gambiae, le vecteur du paludisme.

Mais alors, si le moustique est déjà à l’origine de millions de morts, pourquoi ne pas l’éradiquer ? L’expérience a déjà été testée par le passé. Eradiquer le moustique Aedes aegypti, une ambition de la Fondation Rockefeller en 1916 puis de l’Organisation panaméricaine de la santé au milieu du xxe siècle. Sans succès.

En 2003, dans une tribune publiée dans le New York Times, la biologiste Olivia Judson se prononce en faveur du « specicide » (extinction planifiée) de 30 types de moustiques, ce qui permettrait selon elle de sauver un million de vies tout en limitant la diminution de la diversité génétique des moustiques de seulement 1 %.

Tuer les moustiques à l’aide de pesticides aurait de ce fait, un impact direct sur l’environnement. Pour l’entomologiste Frédéric Simard, « aucune de ces espèces n’est irremplaçable. Leur disparition pourrait être compensée par l’arrivée d’autres insectes, tels les chironomes, qui profiteraient de l’espace ainsi libéré car la nature a horreur du vide. On ne connaît pas de prédateur qui dépende spécifiquement des moustiques ».

D’après la journaliste Audrey Garric, « aucun scientifique n’a vraiment pu estimer les retombées écologiques d’une disparition massive et forcée des moustiques » et « une éradication totale du fléau des moustiques relève de l’utopie ».

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Le saviez-vous :

  • La plupart des moustiques adultes mâles vivent 2 à 3 semaines et les femelles de 1 à 2 mois.
  • Les petites espèces qui se trouvent autour des maisons pèsent souvent environ 2,5 milligrammes. Les plus grandes espèces peuvent peser jusqu’à 10 milligrammes.
  • Les moustiques sont attirés par le dégagement de CO2, lié à la respiration et/ou la transpiration ainsi que par des composés olfactifs tels que les acides lactiques. Certains moustiques ont une nette préférence pour l’homme mais ne dédaignent pas piquer d’autres mammifères.
  • Au moment de la piqûre, la femelle moustique injecte de la salive contenant un vasodilatateur, un anesthésiant et un anticoagulant. Ces corps étrangers dans notre organisme provoquent une réponse immunitaire qui se traduit par une irritation suivie de démangeaisons plus ou moins prononcées. Certaines personnes réagissent plus que d’autres aux piqûres alors que d’autres se font piquer tout autant sans forcément de réaction cutanée et donc sans s’en rendre compte.

(Source : Etablissement Interdépartemental pour la Démoustication du Littoral Atlantique)

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