Crédits photo : HappyMan Photography

S’il y a bien un sujet discuté quotidiennement, c’est bien la météo. En ce début d’année, Météo France dresse ses bilans climatiques de l’année écoulée aux Antilles-Guyane. Des changements radicaux sont-ils à retenir ou 2015 a t-elle été conforme à la normale en Guadeloupe et dans les Iles du Nord, en Martinique et en Guyane ?

Bilan climatique de l’année 2015 en Guadeloupe et dans les Iles du Nord : une année très sèche et chaude

Selon Météo France, pour une grande majorité des postes de Guadeloupe et des Iles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélémy), 2015 est parmi les 5 années les plus sèches. Si l’on se penche sur les données liées aux événements pluviométriques durant l’année 2015, on constate que la saison dite « sèche » (de janvier à avril) de cette année n’a rien d’exceptionnel. Les cumuls enregistrés sur ces mois sont souvent dans la médiane des années relevées. Au contraire, ce sont bien les périodes normalement les plus pluvieuses, le mois de mai puis ceux de juillet à octobre, qui connaissent cette année comme en 1997 et 1973 de forts déficits en précipitation.

Comparativement aux autres années depuis 1965, pour une période allant du 20 avril au 15 août, 2015 est la plus sèche jamais enregistrée sur l’archipel guadeloupéen avec un poids important des déficits records au mois de mai. Par la suite et jusqu’en fin d’année les journées où l’on enregistre plus de 10 mm de précipitation sont particulièrement rares. Les épisodes cycloniques DANNY et ERIKA ne réduisent que très temporairement l’état de sécheresse pluviométrique. Les effets côté précipitations sur les Îles du Nord de ces phénomènes cycloniques sont plus marginaux voire inexistants et la sécheresse pluviométrique y perdure tout au long du reste de l’année.

Températures

On remarquera que 2015 a sa place dans les 10 années les plus chaudes depuis le début des mesures. Au Raizet, c’est la 7ème année la plus chaude depuis 1951. Dans le détail, même si la Guadeloupe a connu une période en septembre et octobre record pour la moyenne des températures maximales, la valeur annuelle de cette dernière reste dans la moyenne des 50 dernières années. Par contre tous les mois de l’année ont connu des moyennes minimales plutôt chaudes. Il n’est donc pas étonnant au final de retrouver des valeurs annuelles des moyennes de minimales très chaudes pour l’essentiel des postes (au 3ème rang depuis 1951 pour Le Raizet).

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Faits marquants :

  • Record de sécheresse à la station de Gustavia. 465 mm de pluie ont été recueillis en 2015 à la station de Gustavia contre une normale annuelle 1981-2010 de 959 mm. Ces faibles précipitations attribuent à l’année 2015 le titre d’année record en terme d’année la plus sèche à Gustavia depuis que les mesures de pluie ont débuté en 1959.
  • Une année très sèche au Raizet. A l’aéroport de Le Raizet, avec 1037 mm enregistrés, 2015 est au 3ème rang des années avec les plus faibles cumuls pluviométriques depuis l’ouverture de cette station en 1951. Elle se retrouve juste derrière des années de sécheresses pluviométriques bien ancrées dans nos mémoires : 994 mm en 1997 et 996 mm en 1973.
  • Une vague de chaleur exceptionnelle en septembre et octobre. Des record mensuels de températures moyennes sont relevés en octobre : 28,2°C aux Abymes, 29,2°C à Grand-Bourg ou encore 28,4°C au Moule.
  • Un record absolu de température est relevé à Gustavia : 35,5°C le 5 octobre 2015.

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Bilan climatique de l’année 2015 en Martinique : une année très peu arrosée, chaude et très ventée

Pour Météo France, rarement le déficit pluviométrique n’a été aussi important et plus particulièrement entre mai et août où cela est record au Lamentin. Le cumul annuel de 1569mm représente à peine 75 % de la normale 1981-2010 et se classe derrière celui de 1973, année de référence la plus sèche. Mais l’année 2015 se démarque par le plus faible taux d’humidité moyenné.

Températures

2015 monte sur le podium des années chaudes : à la 2e place après 2010 au Lamentin avec une température annuelle de 27,5°C ou dans les 5 premières ailleurs. La moyenne des maximales (30,8°C) dépasse de 8 dixièmes la normale 1981-2010 et l’on a connu la plus longue période de forte chaleur.

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Faits marquants :

  • Fortes pluies sur le centre et le sud de la Martinique le 6 novembre. Les 5 et 6 novembre, une remontée d’air humide, en provenance de la Zone Intertropicale de Convergence, favorise de fortes pluies orageuses. Celles-ci donnent plus de 100 mm en 2 ou 3 heures, au Vauclin, St-Esprit, Marin, (voire 140mm en 6 heures à Rivière-Pilote, Ducos et François), le bourg de Rivière-Pilote subissant des inondations.
  • La Martinique connaît une sécheresse exceptionnelle entre mai et août. Sur cette période, le déficit de pluie atteint 55% au Lamentin (par rapport à la normale 1981-2010).
  • La plus longue période de forte chaleur jamais relevée. Cette vague de chaleur est surtout remarquable en 2015 pour sa durée si l’on considère le nombre de jours où la température dépasse les 32°C, entre le 1er septembre et le 20 octobre. A l’aéroport de la Martinique, jamais depuis l’ouverture de la station, on n’en avait comptabilisé autant : 40 jours, dont 21 jours consécutifs.
  • Un nombre de nuits chaudes record. Au Lamentin, la fréquence des nuits chaudes (>25°C) s’inscrit en record (ex : 122 jours à l’aéroport) tout comme la moyenne des températures minimales (24,1°C).

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Bilan climatique de l’année 2015 en Guyane : chaleur en fin d’année

La pluviométrie moyenne sur la Guyane s’avère conforme aux normales 1981-2010 (2800 mm), la saison sèche déficitaire compensant les excédents de la saison des pluies, selon Météo France. La petite saison des pluies (décembre à février) s’avère relativement arrosée sur l’Ouest guyanais alors que les autres régions sont proches des normales. Le mois de mars, copieusement pluvieux, particulièrement vers l’Oyapock, retarde l’arrivée du petit été de mars, décalé sur le mois d’avril. La grande saison des pluies (avril à juin) est plutôt courte cette année, elle se concentre sur la période du 10 mai au 15 juin avec des intempéries fréquentes, mais peu de situations critiques.

Quant à la saison sèche (juillet à novembre), l’influence d’El Niño se fait sentir dès le mois d’août avec des pluies largement déficitaires à l’échelle régionale (les excédents sont très ponctuels, liés à des orages).

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Faits marquants :

  • Record mensuel de pluie à Saint-Georges : mars 2015 avec 815,5 millimètres dépasse le record du mois de mars dans cette commune qui était jusqu’à présent de 753,1 mm en mars 1970.
  • Crue de l’Oyapock : la montée des eaux entraîne l’inondation des rives à Camopi et ses environs pendant quelques jours autour du 3 mai 2015.
  • Inondations locales à Saint-Laurent et Iracoubo le 20 mai 2015, causées par des pluies abondantes.
  • Le mois de septembre le plus chaud depuis 1955 en Guyane (calcul avec 5 postes de référence). Grâce à l’ensoleillement, ce sont surtout les températures en journée et sur le continent qui tirent les chiffres vers le haut. Par exemple, la moyenne des températures de l’après-midi à Maripasoula est de 34,8°C.
  • Les records absolus de chaleur ont été battus pour Saint-Georges (37.0°C), Maripasoula (37,5°C) et Saint-Laurent (37,9°C).

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