Ébène rose sur la montagne de Kaw, Guyane française - Crédits photo : yannarthusbertrand2.org

La loi sur la biodiversité, en lecture au Sénat depuis mardi 19 janvier, vient d’être solennellement votée. Deuxième grande loi de protection de la nature en France quarante ans après celle de 1976, elle comprend de très nombreuses dispositions visant à « reconquérir », et non simplement préserver, la biodiversité.

Sur son site web, la WWF France, l’organisation mondiale engagée dans la protection de la nature, la conservation des écosystèmes et la protection des espèces, revient sur l’évolution de la loi à travers une interview de son directeur, Pascal Canfin lors de son passage à l’Assemblée nationale en mars puis au Sénat ces derniers jours. Il est question plus particulièrement de l’Outre-mer et les sujets marins sur lesquels l’association s’est mobilisée.

« Avec cette loi nous cherchons à reconquérir notre capital naturel qui est la base de notre économie car il n’y a pas d’un côté les enjeux de la biodiversité et d’un autre les enjeux économiques. Comme aime à le dire Sharan Burrow, Secrétaire Générale de la Confédération syndicale internationale, il n’y a pas d’emplois sur une planète morte », déclare t-il.

Une meilleure représentation  de l’Outre-mer dans la gouvernance de la biodiversité

« Alors que 80% de la biodiversité française est concentré dans les territoires d’Outre-mer, nous nous réjouissons de voir que  l’Outre-mer est désormais bien représenté dans les différentes instances de gouvernance de la biodiversité et notamment au conseil d’administration de l’Agence Française pour la Biodiversité. »

La lutte contre la biopiraterie : une meilleure prise en compte des communautés locales

« Le WWF qui est implanté en Guyane et en Nouvelle-Calédonie est particulièrement actif sur ce sujet. Nous nous félicitons que la France se dote d’un outil pour lutter contre la biopiraterie et mieux prendre en compte des communautés locales en transposant dans son droit les principes du Protocole de Nagoya. Il est très important que ces dispositions restent. Cette loi peut permettre une meilleure articulation entre la République et les communautés locales, elle peut être un outil de reconnaissance. Sans ces dispositions, elle sera au contraire perçue par les communautés comme un outil de dépossession. »

Autre sujet majeur évoqué, le système anticollision entre navires et cétacés dans les sanctuaires Pelagos et Agoa limité à une expérimentation. La collision avec un navire est une des principales causes de mortalité non naturelles pour les grands cétacés. Le gouvernement et le Sénat ont reconnu ce problème, c’est un premier pas. Mais la mesure proposée, qui ne prévoit qu’une expérimentation sur les navires de l’Etat, ne va pas assez loin. Un système anticollision existe et est déjà expérimenté. A l’instar du système Coyote d’avertisseur de radar, il ne fonctionne que si un grand nombre de navires est équipé ; il faut donc le généraliser à tout le trafic maritime.

« C’est un engagement de la Conférence Environnementale 2013 que le gouvernement doit tenir lors du passage à l’Assemblée », ajoute Pascal Canfin.

Pour en savoir plus : Projet de loi pour la reconquête de la biodiversité

Articles similaires

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.