Crédits photo : Présidence de la Polynésie française

Par Stécy Lancastre, étudiante en Master 1 Journalisme,

Construire 30 000 logements d’ici 20 ans, la Polynésie Française est désormais face à un défi gigantesque.

Nous sommes en 1984, la Polynésie française reçoit l’autonomie totale sur la gestion du logement social. Elle prend alors en charge le cadre et définit les politiques publiques applicables au parc locatif.  Aujourd’hui la crise du logement paralyse 45 000 habitants qui vivent dans l’insalubrité et plus de 6 000 demandes de logement sont insatisfaites en 2015.

En 30 ans d’existence le fameux promoteur OPH (Office Polynésien de l’Habitat) se retrouve désormais dans une situation financière difficile et il ne répond pas efficacement aux demandes des polynésiens dans l’attente pour certains, depuis plus de 10 ans.

En 2013, l’organisme n’a livré que 37 logements et réalise en 2014, un déficit de 147,3 millions de francs CFP.

Comment expliquer cette situation ?

Le manque de professionnalisme des différents dirigeants qui se sont succédés au sein de l’OPH a desservi grandement son efficacité sur le terrain. La crise que connaît la filière s’additionne à l’évolution des demandes, ce qui a conduit le promoteur dans une impasse. Le logement polynésien est dans une telle impasse que l’Etat français a du venir à la rescousse d’acteurs locaux dépassés par l’ampleur du problème.

Si L’OPH veut équilibrer sa balance financière il faudra construire plus de 600 logements neufs annuels.

Si l’on en croit le niveau de production de l’année 2013, il faudrait plus de 160 ans à l’OPH pour satisfaire les 400 nouveaux dossiers par an. Rappelons, qu’en 2027, le « fenua » (territoire) comptera 28 500 ménages de plus. Il y a urgence. Justement, la prise de conscience est –elle en marche ?

En mars 2015, Imagine Puna Ora devient le premier promoteur privé à entrer dans le jeu politique du logement social en Polynésie française. L’objectif de la société est de construire 1 500 logements sociaux sur les îles de Tahiti et Moorea, d’ici 2018. Puna ora souhaite favoriser l’accès à la propriété aux polynésiens à faible revenu et ainsi leur donner la possibilité d’acheter le logement au bout de cinq années. Mais il n’y a pas que Puna Ora sur le marché du logement social polynésien.

En effet, la banque de Tahiti, propriété du groupe BPCE (Banque populaire/Caisse d’épargne) s’est également proposée pour soutenir le programme d’aide au logement social en Polynésie française sous le nom de : Habitat Polynésien. Ce nouvel opérateur va bénéficier de l’expérience d’HABITAT EN REGION (filiale de BPCE) qui gère 210 000 logements dans l’Hexagone et accédera au dispositif de défiscalisation outre-mer pour le financement de logements sociaux (Loi Girardin) par le biais d’une autre fraction de BPCE : INGIEPAR.

Habitat polynésien envisage la construction de 400 logements annuels avec un plan financier s’élevant à 10 milliards de francs CFP.

En quoi consiste le dispositif Girardin logement social ?

Le problème de l’immobilier social ultramarin est devenu une priorité : le dispositif Girardin logement social a été mis en place par l’Etat pour encourager les particuliers  à investir dans les DOM-TOM afin de répondre à la forte pénurie de logements sociaux en Outre-Mer. Mis en vigueur, en mai 2009, dans le cadre de la loi pour le développement économique de l’outre-mer (LODEOM), il s’appliquera en Polynésie française jusqu’au 31 décembre 2025. Ce dispositif permet de bénéficier d’avantages fiscaux importants. Un tel investissement en Polynésie française pourrait devenir à terme une des solutions à la crise au logement social sur ces îles et sortir un bon nombre de famille de leurs conditions de vie actuelle qui laisse à désirer…

2016, propice au logement ?

Le 31 décembre 2015, Tearii Alpha actuel ministre du logement polynésien a remis à quatre familles leurs clés en mains propres afin qu’elles puissent commencer la nouvelle année dans leur nouveau logement.

Une autre bonne nouvelle est arrivée pour dix-sept familles des îles du Vent qui pourront rénover leurs logements grâce aux attestations d’aides à l’amélioration de l’habitat individuel.

Le ministre se félicite pour cette avancée qui confirme son ambition d’augmenter des programmes d’aides au logement sur l’ensemble des archipels de sa collectivité.

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