L’IEDOM, l’Institut d’émission des départements d’outre-mer a récemment publié une note présentant l’activité et les performances d’un échantillon de banques des départements et collectivités d’outre-mer (DCOM) en 2014. Cette année là, l’environnement économique dégradé continue de peser sur le niveau d’activité des banques, même si leurs performances demeurent satisfaisantes.

Plus de 1,4 milliards d’euros, c’est le Produit Net Bancaire (PNB) généré par le secteur bancaire en 2014, ce qui représente 3,6 % du produit intérieur brut total de la zone DCOM.

En 2014, le secteur emploie 6 462 personnes :

  • 3 920 dans les DFA (Départements Français d’Amérique) ;
  • 2 542 dans l’océan Indien.

Le secteur bancaire local occupe un rôle central dans le développement de l’économie des DCOM.

Les établissements installés localement fournissent 93,0 % des crédits accordés dans les DCOM, avec néanmoins une disparité entre les zones : cette part représente 91,2 % dans les DFA contre 94,7 % dans l’océan Indien. Le reste des financements est accordé par des établissements non installés dans la zone, intervenant pour la plupart depuis la métropole.

Evolutions du paysage bancaire des DCOM en 2014 et 2015

Depuis 2008, la situation financière des banques ultramarines a été fortement affectée par le ralentissement économique, les crises sociales de 2009 ainsi que par les évolutions réglementaires (plafonnement des commissions d’intervention, convergence des tarifs bancaires) et prudentielles (nouveaux ratios de fonds propres et de liquidité) introduites par la loi « Lurel », par la nouvelle loi bancaire du 26 juillet 2013, et par la réforme de Bâle III.

Dans ce contexte contraint, les groupes bancaires nationaux, dont l’organisation outre-mer repose encore sur un modèle de type filiale intégrant la totalité des activités (front et back-office), ont décidé de repenser leur modèle pour restaurer leur rentabilité. Ces restructurations concernent principalement les Antilles et la Guyane où la concurrence est la plus importante. A titre d’exemple, on compte :

  • 1 guichet bancaire pour 2 697 habitants dans la zone Antilles-Guyane contre 1 guichet bancaire pour 3 770 habitants dans l’océan Indien ;
  • 9 banques dans la zone Antilles-Guyane contre 4 dans l’océan Indien).

Au stade actuel, 4 groupes bancaires ont engagé des plans de transformation plus ou moins importants dans ces territoires.

Plan de transformation des filiales BNP Paribas installées dans les DOM

Le plan de transformation des filiales BNP Paribas installées dans les DOM a pour objectif de développer les revenus d’activité et de rationaliser l’organisation des filiales afin de faire face aux évolutions économiques et réglementaires.

Ce plan comporte trois volets : fusion des trois filiales BNP (Guadeloupe, Martinique, Guyane) sous l’entité BNP AntillesGuyane, relocalisation de l’activité back-office en métropole et redéfinition de la politique commerciale.

Fusion-absorption de la BFCAG par LCL

Le Crédit lyonnais (LCL), actionnaire unique, a souhaité transformer sa filiale Banque française commerciale AntillesGuyane (BFCAG) en une direction régionale de LCL dont le nom commercial est LCL Antilles-Guyane. L’établissement a été intégré depuis le 8 mai 2015 à LCL par le biais d’une fusion-absorption simplifiée.

Fusion-absorption de la CRCMMOM par la BRED-Banque Populaire

La Caisse régionale de Crédit maritime mutuel d’outre-mer (CRCMMOM), qui opère sur la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion, était adossée à la BRED. En date du 27 mai 2015, la CRCMMOM a été absorbée par la BRED, alors que son système informatique et ses processus de décisions et de suivi étaient déjà intégrés à ceux de la BRED depuis 2007.

Cession de la BR, la BDAF et la BDSPM (BPCE IOM) à la CEPAC

Comme les autres groupes bancaires, BPCE souhaite rationaliser son organisation en rattachant ses filiales des DCOM (Banque de La Réunion, Banque de Saint-Pierre-et-Miquelon et Banque des Antilles françaises), détenues via BPCE IOM, à la Caisse d’épargne Provence Alpes Corse (CEPAC). Les filiales des COM du Pacifique, Banque de Tahiti et Banque de Nouvelle-Calédonie, resteront rattachées à BPCE IOM. Le projet vise donc la cession à la CEPAC des parts de BPCE IOM 1 Le capital de la BFC-OI est partagé à égalité entre la banque mauricienne Mauritius Commercial Bank et le groupe Société générale. Panorama de l’activité bancaire dans les DCOM en 2014 9 dans la BR, la BDAF et la BDSPM. La fusion juridique des trois établissements des DCOM au sein de la CEPAC est prévue pour avril 2016.

Plan de transformation de la SGBA Société générale de banque aux Antilles – Groupe Société générale

Afin de restaurer la rentabilité de sa filiale, la Société générale a engagé un plan de transformation de la SGBA. A ce jour, ce plan prévoit le regroupement des agences « proches géographiquement » dans les Antilles et la création d’un pôle « entreprises » en Guyane.

MEMENTO :

Le périmètre de cette étude concerne les départements et collectivités d’outre-mer dont la monnaie est l’euro, qui constituent la zone d’intervention de l’IEDOM :

– les cinq départements d’outre-mer (DOM) de Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte et les trois collectivités d’outre-mer (COM) de Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Saint-Martin.

Ces huit géographies sont identifiées dans la présente étude par l’acronyme DCOM (départements et collectivités d’outre-mer) que l’on peut également répartir en deux ensembles :

– la zone DFA (départements français d’Amérique) : Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Saint-Martin et la zone océan Indien : La Réunion et Mayotte.

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