4 350 m2 de ferrailles, 7 ans de travaux et plus de 300 ouvriers mobilisés. Montant de la facture : 83 millions d’euros. Le Mémorial ACTe, centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite de l’esclavage a de quoi faire rêver, et pourtant ! 6 mois après avoir été inauguré par le président de la République française François Hollande, puis s’être dévoilé dans la foulée au grand public, le géant de métal aussi impressionnant la nuit que le jour, n’a pas encore convaincu tous les guadeloupéens.

Voici les 3 raisons principales :

1) Le coût de l’infrastructure fait (toujours) grincer des dents

83 millions d’euros investis sur cette architecture d’envergure internationale, c’est trop pour une partie de la population guadeloupéenne et plus particulièrement certains politiques qui estiment qu’il y a des dossiers plus urgents sur lesquels se pencher (exemple : la reconstruction du Centre Hospitalier Universitaire de Pointe-à-Pitre/Abymes, l’insécurité, la gestion de l’eau ou encore, la lutte contre le chômage grandissant sur l’île).

Du côté de la Région Guadeloupe, chef d’orchestre du projet, on mise sur l’avenir et plus particulièrement sur l’attrait touristique que provoquerait l’infrastructure sur les prochaines années. Un pari osé mais qui porte déjà au moins un fruit si l’on reste objectif. Le Mémorial ACTe a remporté il y a quelques jours à peine face au Pérou et aux Etats-Unis, un prix international décerné par la British Guild of Travel Writers (BGTW), une association britannique des médias, dédiés aux voyages et de renommée internationale.

Une récompense décrochée 6 mois à peine après son ouverture, voilà peut-être de quoi diluer la fameuse polémique autour du coût du projet.

2) L’emplacement choisi reste un grand mystère pour les sceptiques

Implantée sur le site de l’ancienne usine sucrière Darboussier, à Pointe-à-Pitre, face à la mer, le MACTe ne pouvait sûrement pas trouver meilleur lieu de vie. Les architectes qui ont oeuvré sur l’infrastructure évoquent l’aspect stratégique puisque le MACTe se trouve sur le bord de mer, à quelques centaines de mètres du port où débarquent régulièrement les croisiéristes. Le Mémorial ACTe se trouve également sur la route menant vers le Gosier, repère de touristes.

Un bien beau tableau certes mais pour les plaignant(e)s, il existe un envers du décor…En effet, à quelques mètres à pied seulement du MACTe se trouve « Carénage », ce lieu mythique en Guadeloupe considéré clairement comme une zone sensible où se croisent en particulier la nuit, les péripatéticiennes et toxicomanes. Un habillage extérieur qui laisse encore perplexe une poignée d’irréductibles estimant qu’il y avait meilleur emplacement pour vendre un projet d’une aussi grande envergure.

3) Le projet ne correspondrait pas vraiment au devoir de mémoire

Le géant de fer érigé face à la mer serait une coquille vide pour certains qui s’attendaient à mieux au niveau du contenu. Pourtant, le MACTe compte en son sein : une exposition permanente de 1 700 m2, un espace d’expressions temporaire de 700 m2, un espace de recherches généalogiques, le  » Morne mémoire « , un jardin panoramique de détente face à la mer, une salle des congrès et des arts vivants et enfin, une médiathèque et une bibliothèque de recherche. Un menu plutôt consistant de prime abord mais il aurait fallu faire différemment si l’on se fie aux critiques.

Trop cher, trop grand et mal placé, voilà ce que reprochent certains irréductibles mais, gardons tout de même en tête et de manière très simple que les goûts et les couleurs ne se discutent pas et que chaque avis compte. En attendant, on en reparle dans 6 mois, à l’heure du premier bilan.

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