A la fin de l’année, lorsque vous réciterez le « Notre Père », vous découvrirez un léger changement. Une phrase du 6ème verset a été modifiée. Exit « Ne nous soumets pas à la tentation », dites bonjour au « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Ce vendredi 31 mars se sont achevés les travaux de l’Assemblée plénière de la Conférence des évêques de France (CEF) réunie depuis le mardi 28 mars à Lourdes. Cette assemblée, tenue à huis clos a permis aux évêques d’approfondir ensemble des sujets marquants pour l’Église en France.

A l’issue de cette Assemblée plénière de printemps, les évêques de France ont tranché. A partir du 3 décembre prochain, la nouvelle traduction du « Notre Père » entrera en vigueur.

Réunis à Lourdes, les évêques ont de la foulée de la Conférence des évêques de France, publiés un communiqué annonçant, « l’entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Notre Père dans toute forme de liturgie publique le premier dimanche de l’Avent 2017 », soit le 3 décembre 2017.

La nouvelle traduction intégrale en français de la Bible liturgique avait été validée par le Vatican à l’été 2013, après dix-sept années de travail, précise La Croix. Mais ce feu vert était resté sans effet jusqu’à ce jour en ce qui concerne la manière de réciter le « Notre Père ».

Des divergences de vues

Les nouveaux livres liturgiques devaient être utilisés à partir du 5 mars dernier, pour le 1er dimanche de Carême. Mais cette mise en œuvre avait été reportée, en raison de divergences de vues entre les Conférences épiscopales francophones et la Congrégation pour le culte divin à Rome.

La version actuelle du « Notre Père » est utilisée depuis 1966, à la suite d’un compromis œcuménique signé dans la foulée du concile Vatican II. Mais un problème était apparu d’un point de vue théologique à propos de la sixième demande : « Ne nous laissez pas succomber à la tentation » était devenu « Ne nous soumets pas à la tentation ».

En fait, le verbe grec « eisphérô » (Mt 6,13) qui signifie littéralement « porter dans », « faire entrer », aurait dû être traduit par « Ne nous induis pas en tentation » ou « Ne nous fais pas entrer en (dans la) tentation », ou encore « Ne nous introduis pas en tentation ».

Un nécessaire approfondissement théologique

Or la formulation de 1966 laissait supposer une certaine responsabilité de Dieu dans la tentation qui mène au péché, comme s’il pouvait être l’auteur du mal. Cette traduction pouvant prêter à confusion, il fallait donc un approfondissement théologique.

L’Église protestante unie de France (EPUdF), qui réunit luthériens et réformés, a elle aussi validé ce changement, lors de son synode national du printemps 2016.

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