Acte 2 Scène 3 dans le bras de fer entre «Pou la Gwiyann dékolé» et le gouvernement. Le collectif guyanais étudie actuellement une contre-proposition transmise par l’Etat avec pour objectif de trouver une porte de sortie.

Un mois après avoir débuté, le conflit social en Guyane pourrait peut-être toucher à sa fin. Ce mardi soir, les discussions ont repris entre les parties avec à la clé, une nouvelle proposition transmise par l’Etat suite au projet de protocole d’accord soumis par le collectif.

« Cette réponse ouvre [la porte] à un travail qui se fera en conjoint accord avec le gouvernement, les élus locaux et le collectif », a affirmé le collectif, cité par France Guyane. En attendant l’analyse de ce document par le collectif, la mobilisation continue sur le terrain et les barrages routiers restent fermés.

Ce mercredi matin, l’heure devrait être à l’analyse du côté du collectif entouré d’experts et d’élus de Guyane a indiqué à la presse la porte-parole du collectif, Valérie Vanoukia. « On va se revoir demain, pour revoir la contre-proposition que nous avons à faire, mais en l’état, compte tenu que c’est d’une technicité particulière, nous ne pouvons pas aujourd’hui dire à la population que ce document est une bonne réponse ou pas », a-t-elle confessé à l’AFP. S’il est signé, le protocole permettra de « suspendre le mouvement sous sa forme actuelle », a néanmoins assuré Valérie Vanoukia.

Le leader charismatique du mouvement se retire du collectif

Alors que les échanges se poursuivent entre les parties, un coup de théâtre est venu s’ajouter. Ce mardi, l’un des leaders charismatique du mouvement qui menait le collectif « Les 500 frères », Mickael Mancée a annoncé son départ du collectif. « Aujourd’hui, je ne me reconnais pas dans les méthodes employées en terme de mobilisation. Elles ne correspondent pas aux idéaux de la marche qui avait attiré à nous les médias nationaux et internationaux. il est vrai que les barrages ont mobilisé à un moment mais nous sommes en 2017, ces façons de faire datent, à mon sens, d’un autre temps. »

Le départ de Mickael Mancée, symbole des divisions qui règneraient au sein même du collectif « Pou la Gwiyann dékolé ». Les méthodes employées par le collectif commenceraient à créer des remous en interne et pourraient à terme générer une scission, selon certains acteurs gravitant autour du collectif. Un collectif qui doit faire face aux plaintes répétées des entrepreneurs locaux exaspérés par cette grève générale qui pénalise l’économie du département, notamment plusieurs centaines d’entreprises qui ont d’ores et déjà demandé des mesures de chômage partiel.

En attendant, la mobilisation ne devrait pas perdre en intensité puisque sur le terrain, le collectif, qui rassemble socio-professionnels, syndicats et associations, a en effet annoncé un renforcement des barrages routiers qui bloquent les principales villes de Guyane.

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