Les jours passent et se ressemblent en Guyane. Ce dimanche, une énième réunion entre la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts et le collectif « Pou la Gwiyann dékolé » a échoué. La grève continue.

Cela fait maintenant cinq jours que la ministre des Outre-mer et le collectif « Pou la Gwiyann dékolé », composé de plusieurs collectifs, échangent sans pour autant trouver un terrain d’entente. Ce dimanche, les parties prenantes étaient de nouveau réunies à la Préfecture de Cayenne afin de poursuivre les négociations qui au final, n’ont pas abouti selon un communiqué diffusé en fin de journée.

« Je prends acte que nous ne sommes pas arrivés à un accord », glisse Ericka Bareigts en réponse aux propos du collectif qui annonçait son intention de maintenir la pression et de poursuivre la grève.

«Le sentiment est mitigé, limite négatif», explique ce dimanche Davy Rimane, un membre de la délégation à l’AFP. «Il y a vraiment un blocage du gouvernement pour ouvrir les robinets et régler les problèmes. On est déterminés, on joue l’avenir des nos enfants. Ça fait des décennies qu’on nous donne des miettes. Là, on dit stop», a-t-il ajouté.

Un dossier complexe pour la ministre des Outre-mer qui s’est retrouvée aujourd’hui « seule » face aux collectifs depuis le départ du ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl. Justice, école, sécurité, santé, le programme est chargé et les problématiques nombreuses à régler dans un contexte inédit pour la Guyane qui n’avait jamais connue une mobilisation d’une aussi grande ampleur.

Le gouvernement joue la carte de l’apaisement

Alors que les collectifs guyanais réclament une aide globale de 2,5 milliards d’euros, l’Etat de son coté répond à travers quatre engagements majeurs récapitulés dans un communiqué de presse transmis ce dimanche soir par la Préfecture de Guyane.

Premier élément évoqué, le plan d’urgence pour la Guyane de plus d’un milliard d’euros présenté par le gouvernement. « Le plan d’urgence répond aux préoccupations prioritaires exprimées par les différentes parties prenantes regroupées en collectifs, notamment en ce qui concerne l’éducation, la sécurité, la santé ou la commande publique », précise le communiqué. Second engagement, dix accords thématiques enrichissant et complétant le plan d’urgence. Ces accords concernant l’économie, l’agriculture, le tourisme, le BTP, la pêche, les activités minières, les auto-écoles, les énergies renouvelables, le logement, les transports, les communautés amérindiennes et bushninengue.

Troisième engagement qui ne date pas de hier, le Pacte d’avenir pour la Guyane. La proposition initiale venait du Président de la République et avait été annoncée lors de son déplacement en Guyane en décembre 2013. « Ce Pacte, qui s’ajoute au plan d’urgence, guidera l’action des collectivités publiques pour les dix prochaines années. Il comprend des mesures ambitieuses dans les principaux domaines qui intéressent les Guyanais », précise le gouvernement. Enfin, quatrième et dernier engagement proposé par l’Etat, le Plan de convergence de la Guyane qui permettrait d’inscrire une stratégie de co-développement économique et social à horizon de quinze ans. « En lien avec l’Etat, le Plan sera co-construit par l’ensemble des acteurs du territoire : socioéconomiques, organisations associatives et syndicales… », précise t-il.

Vols annulés et administrations fermées

Selon les médias locaux, la grève générale va se poursuivre dès ce lundi avec un durcissement du mouvement annoncé par les collectifs. La commune de Cayenne a d’ailleurs pris les devants en annonçant ce dimanche que, « suite à la prolongation de la mobilisation sur le territoire guyanais, le Maire de la Ville de Cayenne informe la population que les services municipaux restent fermés jusqu’à nouvel ordre, à l’exception du marché qui sera ouvert aux jours et horaires habituels. »

Un huitième jour de grève qui se fera sans la ministre des Outre-mer qui devait quitter la Guyane ce dimanche soir pour rejoindre Paris.

Paris, d’où ne décollera pas demain le vol direct d’Air France en direction de Cayenne. La compagnie aérienne française a décidé d’annuler son vol après avoir suspendus ceux du week-end. D’autres vols Air France au départ de Paris-Orly vers Cayenne en passant par la Guadeloupe ou la Martinique semblent en revanche maintenus.

Les passagers de la compagnie aérienne Air Caraïbes ont eux aussi été confrontés à la suspension des vols de ce samedi 1er avril et dimanche 2 avril. Même le réseau régional est impacté puisque samedi, le vol de la compagnie aérienne Air Antilles, au départ de Cayenne vers Fort-de-France était lui aussi annulé.

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