« Je me suis mis au Bio », « le Bio, c’est ce qu’il y a de mieux pour le corps », vous avez sûrement déjà entendu une de ces phrases autour de vous. Et pour cause, l’alimentation biologique s’est invitée dans notre quotidien. En Outre-mer, ils sont de plus en plus nombreux à parier sur les produits Bio. Reportage.

Avant d’aller plus loin, il est essentiel de cerner ce fameux terme utilisé à tout va « Bio ». Que signifie t-il réellement ? En clair, « bio » est le diminutif du mot « biologique » (qui signifie « science de la vie »), le bio renvoie à tous les aliments et produits qui sont issus d’une production réglementée et certifiée.

La règlementation bio impose pour chaque type d’aliments produit, un cahier des charges assez strict et très détaillé. Aux Antilles françaises, le bio s’est invité depuis longtemps sur les tables. En même temps, les Antillais sont nombreux à savourer depuis des décennies des fruits et légumes cultivés sans pesticides ni engrais chimiques. L’histoire nous le rappelle et pour certains, c’est de là que vient notre résistance et notre longévité, dans le « manger sain ».

Patrick Levallois devant l’un des étals de son magasin

En Guadeloupe, Diet Vert est une caverne d’Ali Baba pour amateurs de produits bio. Ouvert en 1999, cette « institution » est le plus ancien magasin bio de l’île. Avec ses neuf salariés, le gérant de l’enseigne Patrick Levallois s’est fixé comme objectif de mettre à disposition de la population guadeloupéen des produits sains, frais et une alimentation équilibrée. « Je me suis lancé dans le bio parce que dès tout petit j’avais un problème avec l’alimentation. Alors qu’on n’en parlait pas encore, sans savoir de quoi il s’agissait, j’avais un problème avec le gluten. J’ai pris conscience que l’alimentation était primordiale », nous raconte t-il.

Les bienfaits santé du Bio

Selon la règle, les produits tels que les fruits, les légumes ou encore, les céréales sont considérés comme bio lorsqu’ils sont issus de semences sans OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), et cultivés sans pesticides ni engrais chimiques. Les viandes, poissons, oeufs et lait proviennent eux, d’élevages qui n’utilisent pas d’hormones de croissance, ni de farine animale, et où les animaux disposent d’un espace suffisant pour vivre correctement. Dans les élevages bio, le choix des races se fait en fonction de l’environnement naturel. L’éleveur bio est respectueux des méthodes de l’agriculture naturelle : n’utilisant pas de pesticides, ni de produits phytosanitaires ou engrais de synthèse, ni de colorants.

Enfin pour ce qui relève des produits transformés (laitages, biscuits, plats préparés…), pour être dotés du label « bio », ces aliments doivent être constitués d’au moins 95% d’ingrédients issus de l’agriculture biologique. Ils ne peuvent contenir ni OGM, ni produits chimiques, ni additifs alimentaires, ni conservateurs.

Le bio s’invite partout, même dans les cosmétiques ou compléments alimentaires. Mais alors qui achète quoi en Guadeloupe ? « Il y a plusieurs profils. Ceux qui y viennent par soucis pour l’environnement, d’autres pour la qualité des produits, du niveau gustatif, pour des problèmes de santé suite à des maladies ou une prise de conscience mais aussi pour avoir un choix végétarien ou maintenant « vegan ». Les populations qui consomment bio sont de plus en plus jeunes (moins de 25 ans, avance t-il), ce sont eux, hommes comme femmes, qui ont pris le flambeau et c’est bien », explique Patrick Levallois.

Le bio en Outre-mer, ça pousse, ça pousse

Pour alimenter cette clientèle de plus en plus fervente du Bio, les départements et territoires d’Outre-mer ont dû s’adapter et c’est comme ça que sur ces cinq dernières années, de nombreuses exploitations ont vu le jour. Selon l’Agence Française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique (L’Agence Bio), en 2015, l’Outre-mer comptait 298 exploitations bio, ce qui la classe au 12ème rang français.

© L’Agence Bio

Parmi les DOM, La Réunion compte une longueur d’avance sur les autres territoires avec une bonne centaine d’exploitations implantées sur son territoire soit l’équivalent des exploitations présentent en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à Mayotte. Mais au fil du temps, les surfaces agricoles dédiées au bio s’agrandissent, signe que la production biologique progresse en Outre-mer.

La cuisine gastronomique à l’heure du bio

Ils ne s’en cachent plus. De nombreux chefs en France comme en Outre-mer délivrent des plats gastronomiques concoctés avec des produits bio. En Guadeloupe résident des blogueurs culinaires férus de nouvelles expériences à l’image du blogueur Woods’n Lily qui s’est appuyé sur les produits frais de Diet Vert afin de sélectionner des produits bio-gourmands afin d’offrir à ses lecteurs une recette de Poulet en croûte de noix de macadamia et pistaches.« La bonne cuisine commence par de bons produits »lâche le blogueur.

« Pour ma part, j’étais venu avec l’idée d’une recette vegan, et au fur et à mesure que se remplit mon panier, une autre assiette se profile, se précise, un poulet fermier en croûte de noix de macadamia et de pistaches, un jus réduit infusé au Earl Grey et une polenta crémeuse au parmesan, le tout 100% bio. »

D’après les derniers chiffres du Baromètre Agence BIO / CSA, près de 9 Français sur 10 (89%) ont consommé des produits bio en 2016, près de 7 sur 10 (69%) disent en consommer régulièrement, c’est-à-dire au moins une fois par mois, et 15% tous les jours !

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