Ce mercredi, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) présentait à la presse ses  recommandations et outils afin d’accentuer le combat contre les violences faites aux femmes dans les Outre-mer.

Ce mercredi, un projet d’avis intitulé «Combattre les violences faites aux femmes dans les outre-mer», rapporté par Ernestine Ronai et Dominique Rivière respectivement au sein de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité présidée par Pascale Vion, et de la délégation à l’Outre-Mer présidée par Jean-Etienne Antoinette était présenté en plénière du CESE.

Faisant suite à l’étude sur Combattre les violences faites aux femmes, des plus visibles aux plus insidieuses rapportée par Pascale Vion en 2014, l’avis porte sur la lutte contre les violences faites aux femmes dans les Outre-mer et répond à la saisine adressée par le Premier ministre au CESE, le 25 juillet 2016.

Le CESE le rappelle en préambule de sa plénière, qu’« en France, une femme meurt tous les 2,7 jours sous les coups de son compagnon. Les différents territoires d’outre-mer participent à ce constat national. Au-delà d’une grande diversité de situations, les violences faites aux femmes y sont cependant plus nombreuses que dans l’hexagone et les agressions les plus graves excèdent la moyenne. »

La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, mauvais élèves d’Outre-mer

Premiers territoires d’Outre-mer visés par le projet d’avis : la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. Là-bas, le nombre de femmes victimes d’agressions physiques et sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint durant les douze derniers mois est huit à neuf fois supérieur à celui de l’Hexagone. Des données qui font froid dans le dos.

La carte établie par le CESE place deux autres DOM en évidence : La Réunion et la Martinique. Si en Martinique, les femmes sont avant tout victimes de violences physiques, à La Réunion, s’ajoutent les violences sexuelles.

Selon des propos d’Ernestine Ronai concernant Mayotte, repris par Libération, « Là-bas, il n’y a pas d’enquêtes générales ; elles se font seulement dans le cadre d’un hôpital par exemple. » Autre statistique inquiétante relevée par le quotidien français, le taux de coups et blessures volontaires dans la famille, nettement plus grand dans 8 des 11 territoires d’outre-mer que dans l’Hexagone.

Le projet d’avis dresse un constat de cette prévalence des violences faites aux femmes. Il souligne la grande diversité des territoires ultramarins dont la grande majorité reste confrontée à des contextes économiques et sociaux difficiles, où le statut des femmes est parfois plus encore qu’ailleurs soumis aux stéréotypes légitimant les violences.

Les rapporteurs ont ainsi présenté 40 préconisations articulées autour de six axes :
  • améliorer la connaissance,
  • renforcer la coordination et la coopération des acteur(trice)s,
  • conforter la formation des professionnel(le)s,
  • promouvoir la prévention et la sensibilisation,
  • consolider les parcours de sortie des violences,
  • et augmenter les moyens mobilisés.

 

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