La région caribéenne cumule une forte richesse en terme de biodiversité et également de fortes menaces. De nombreuses plantes toxiques entourent les habitants des îles de la Caraïbe, certaines peuvent carrément vous être fatales.

Il n’est pas rare d’entendre que « les plus belles plantes sont souvent les plus vénéneuses. » Ceci n’est pas totalement en faux. Les plantes, parce qu’elles sont « naturelles » et parfois belles, sont très souvent considérées comme non dangereuses et pourtant, un simple contact avec une plante toxique peut causer des dégâts considérables voire irréversibles sur l’être humain.

Scientifiquement parlant, une plante est considérée comme toxique lorsqu’elle contient une ou plusieurs substances nocives pour l’homme ou pour les animaux et dont l’utilisation peut provoquer des troubles variés plus ou moins graves. Aux Antilles françaises, nombreuses sont les plantes toxiques qui poussent dans les jardins et ils arrivent bien souvent que l’on ne connaisse pas la dangerosité d’une plante que l’on côtoie au quotidien.

Selon la Direction de l’Equipement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) Martinique, dans les Antilles françaises, près de 200 espèces végétales toxiques ont été recensées. Certaines sont bien connues comme le mancenillier (Hippomane mancinella), le ricin (Ricinus communis) ou encore le « mort aux cabris » (Hippobroma longiflora), dont le nom est assez explicite.

Une pousse de « mort aux cabris » © Thierry Caro

Selon les espèces, la toxicité peut se transmettre soit par ingestion, cas le plus fréquent, soit par contact, par exemple avec le « pwa graté » (Mucuna pruriens) et les belles plantes ne sont pas les plus inoffensives. De même qu’il pourrait paraître impensable de border un jardin d’enfants ou une cour de récréation avec des cactus, il faut éviter de les aménager avec des plantes à latex corrosif comme la canne d’eau (Dieffenbachia seguine) ou des plantes donnant des fruits avec des couleurs vives pouvant attirer les plus jeunes comme la liane réglisse (Abrus precatorius), précise la DEAL Martinique.

Branche d’Abrus Precatorius ou « liane réglisse » © Mohanraj Kolathapilly

Chez l’adulte, la cause d’intoxication accidentelle la plus fréquemment signalée reste l’erreur d’identification. Toutefois, une mauvaise utilisation de plantes aux propriétés thérapeutiques est de plus en plus signalée. En moyenne, en France, les intoxications par les plantes représentent 5 % des cas recensés dans les centres antipoison. La classe d’âge des enfants de 1 à 4 ans est la plus représentée. Ceci s’explique par le fait que la perception de leur environnement se fait essentiellement par un test gustatif.