En France, les dépenses des députés ne sont contrôlées que par eux-mêmes ou pas du tout. Alors, pourquoi ne pas leur demander des comptes ? Avant les élections législatives, Mediaphore fait écho à l’opération #ParlementTransparent initiée par l’émission Quotidien, pour solliciter les élus et candidats à la députation sur leur rapport à la transparence.

Au Parlement français, personne ne contrôle les députés sur l’utilisation qu’ils ont de ce qu’on appelle l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), une enveloppe de plus de 6000 euros brut, destinée à permettre au député de couvrir ses dépenses liées à l’exercice de son mandat et qui ne sont pas directement prises en charge ou remboursées par l’Assemblée. Cette indemnité n’est pas imposable, et échappe à tout contrôle fiscal.

Sauf qu’il s’agit d’argent public. De l’argent que nous payons avec nos impôts. Lorsque l’argent public est réparti du côté des chômeurs, ou des personnes en difficultés et qui touchent le RSA, ou bien sur des aides en tous genre, il n’est pas rare d’entendre des élus (députés ou non) affirmer la nécessité de contrôler le « bon usage » de cet argent.

Au vu des scandales à répétitions (l’affaire Fillon n’en est qu’un extrait), des lois votées en faveur de la réduction de la durée légale avant prescription pour un délit fiscal ou un détournement de fonds public, il est également temps de faire la transparence sur l’utilisation de l’argent public par nos députés. L’idée n’est pas du tout de démontrer que les députés sont corrompus et d’alimenter une notion de « tous pourri », mais simplement de rendre la République et ses représentants irréprochables.

À Mediaphore, nous avons donc repris les questions posées par Quotidien à tous les députés et avons lancé une bouteille à la mer pour récolter les opinions des députés de nos Outre-mer. Pour commencer nous avons sollicité les élus Guadeloupéens puis nous étendrons cela aux autres élus d’Outre-mer, avant de questionner les candidats aux législatives 2017.

 

Nous avons pour l’instant, obtenu seulement la réponse d’Eric Jalton, député de la 1ère circonscription de la Guadeloupe.

©AssembléeNationale

Accepteriez-vous qu’une institution indépendante et externe contrôle les dépenses du Parlement ?

Oui, bien sûr.

Accepteriez-vous qu’une institution indépendante et externe contrôle les dépenses liées à l’exercice de votre mandat ?

Oui. Pourquoi pas?

Êtes-vous pour ou contre l’embauche d’un membre de sa famille comme collaborateur parlementaire ?

Je suis pour. Dans une entreprise on peut embaucher quelqu’un de sa famille sans que cela pose de problème. Je ne vois pas pourquoi les élus devraient être discriminés sur ce point. Maintenant, on embauche quelqu’un de sa famille quand il a les compétences pour le job et que le travail est effectif. Mais comme n’importe quel autre travail en fait.

Pour la prochaine campagne des législatives, êtes-vous prêts à vous engager pour un Parlement plus transparent ?

Absolument. Cela permettrait de diminuer les suspicions autour des élus. Il ne faut pas que les fautes de quelques-uns jettent l’opprobre sur la totalité des députés, car certains font très bien leur travail.