Barrages routiers, établissements fermés, manifestations, entre autres…La grève générale illimitée votée en Guyane, lundi 27 mars se poursuit. Ce mardi, près de 15 000 manifestants ont défilé dans les villes de Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni. Les ministres de l’Intérieur et des Outre-mer se rendront en Guyane, ce mercredi.

Une « journée morte »… Citoyens, pompiers, avocats, militants, agriculteurs, syndicalistes et bien d’autres Guyanais ont répondu ce mardi à l’appel du collectif « Pou Lagwiyann dékolé » (pour que la Guyane décolle). Ils étaient près de 15 000 à battre le pavé et scandé dans les rues : « Guyanais solidaires », « Nou bon ké sa » (On en a marre). Selon la préfecture il s’agit de « la plus grosse manifestation jamais organisée », sur le territoire.

Une démonstration de force en ce deuxième jour de grève pour la collectivité française qui envoie un message fort d’unité et de détermination au gouvernement…qui semble l’avoir entendu.

En effet, le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, et la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, iront en Guyane ce mercredi 29 mars, a annoncé, ce jour, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve dans un communiqué de presse. Ils « poursuivront ainsi le dialogue avec tous les acteurs économiques, sociaux, politiques et les représentants de la société civile » lancé par la mission interministérielle arrivée samedi, « en vue de la conclusion d’un pacte d’avenir ambitieux » dont la signature « pourrait intervenir dans les meilleurs délais », précise le Premier ministre Cazeneuve.

La veille, le Premier ministre avait tenu un point presse à Matignon sur la situation en Guyane. Il avait par ailleurs annoncé la venue d’une délégation ministérielle dans le département avant la fin de la semaine. À ses côtés, se tenait la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts dont l’absence sur le terrain a longtemps été décriée par les manifestants et partis politiques.

Pour rappel, depuis plusieurs jours, le territoire est confronté à une crise sociale, le résultat d’un ras-le-bol de la population guyanaise. Plusieurs problématiques économiques et sociales sont au cœur de la mobilisation des Guyanais. En premier lieu, l’insécurité portée notamment par le collectif des 500 Frères ; le chômage qui touche 23% de la population active et pratiquement la moitié des 15-24 ans, mais également l’amélioration de l’offre de soins.