Durant tout le premier week-end du mois d’avril, le festival « Nouveaux Regards » diffusera une série de films internationaux. Courts métrages, films d’animation, drames… Il y en a pour tous les goûts. Et le format de certaines des oeuvres sélectionnées est des plus modernes, allant des technologies 3D à la réalité virtuelle.

Les nouvelles technologies s’invitent au festival « Nouveaux Regards », qui se tient en Guadeloupe du 31 mars au 2 avril 2017.  Cet événement cinématographique se tiendra dans plusieurs salles de l’île: le Rex de Pointe-à-Pitre, le Mémorial ACTe, et même, plus original dans une des piscines du centre thermo-ludique René Toribio, Ravine Chaude à Lamentin.

Si le cinéma caribéen est à l’honneur de cette première édition, un autre volet sera bien abordé tout au long des diffusions, des conférences et autres masterclass que le programme propose sur les trois jours : l’innovation dans le milieu du cinéma. Comme pour l’ensemble des secteurs économiques, l’industrie culturelle se confronte depuis de nombreuses années à une évolution due aux nouvelles technologies.

Du blockbuster au film d’auteur en 3D

Les premiers effets spéciaux du cinéma, apparus dans des films comme Star-Wars, Jurassik Park ou Abyss, ont été le point de départ d’une génération de films de type blockbusters (film avec un gros budget censé généré des profits record). Ils ont permis de mettre à l’écran des scénarii et des histoires les plus fantastiques, les plus folles, de faire exploser des mondes, de créer des dragons ou encore de recréer des dinosaures. Les technologies, comme les images de synthèse ont participé à l’avènement de films cultes comme « The Mask ». De plus « la motion capture » (un procédé qui consiste à reproduire des animations réalistes à l’aide de capteurs) a mis à l’écran des créatures aux contours bizarres, comme, par exemple, le personnage de Gollum, dans « Le Seigneur des Anneaux ».

L’arrivée sur le marché de la troisième dimension, la 3D, a été le point de départ de la mise en service dans les cinémas, notamment les multiplexes, de salles spéciales avec leur équipements (lunettes 3D) – et, souvent, des tarifs qui vont avec, pour le spectateur. Pour autant, les effets spéciaux permis présentés par les films à gros budgets qui sont des traitements d’images, vont de pair avec des évolutions du matériel cinématographique. Par exemple, de nouvelles caméras permettent aux réalisateurs, de filmer différemment, ouvrant un champ des possibles illimités.

La bobine n’existe plus, la caméra numérique est moins chère, plus accessible, et les modes de diffusions qui se sont développés permettent aussi de stimuler la création et la créativité

explique Priscilla Delannay, co-fondatrice du festival Nouveau Regards.

Par conséquent, conscient de l’évolution de l’activité, les organisateurs du Festival « Nouveaux Regards » ont décidé que l’innovation au cinéma devait être au cœur des discussions. En effet, ce ne sont pas seulement les films à gros budgets, au succès populaire mais aussi le cinéma d’auteurs, qui innove dans les modes de diffusions. Alors, durant les trois jours de festivités qui réuniront les cinéphiles de la Guadeloupe et d’ailleurs, autour d’un cinéma international, plusieurs éléments viendront bousculer les habitudes. D’abord, des séances de diffusion dans des endroits insolites. À la piscine par exemple, dans un cadre de balnéothérapie, au centre Thermo Ludique René Toribio du Lamentin, où un film sera projeté aux baigneurs.

©A. Ascensio

Autre volet d’innovation, l’expérience immersive d’un film à 360 °,  grâce à des projections en réalité virtuelle. « Ce sont 6 films qui ont été sélectionnés, dont deux expériences immersives et 4 courts métrages », indique Priscilla Delannay, pour qui ce type de diffusion permet au spectateur de ne pas « rester passif, de vivre l’histoire ». Un concept qui se rapproche presque de celui de jeu vidéo, à la seule différence qu’on reste dans une histoire dont la narration appartient à l’équipe de réalisation. C’est au Mémorial ACTe qu’auront lieu les diffusions de 16h à 19h, par petit groupe de 7  le samedi après-midi et de 14h à 20h le dimanche.

« Avec ce type de technologies, on peut faire du documentaire, de la fiction autrement, souligne la co-fondatrice du festival. La technologie invite à repenser la chaîne du film, sa fabrication, la narration et même le mode de diffusion ».

Impossible pour le monde du cinéma de passer outre ces modèles cinématographiques. L’industrie est en plein boom, notamment par le biais des entreprises de high-tech comme Samsung ou Sony, qui développent des produits de réalité augmentée et virtuelle pour un marché qui pourrait atteindre d’ici 2018 (selon un document du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) 4 milliards d’euros.

Innover en cinéma : des espaces de réflexions

Le festival a d’ailleurs programmé plusieurs conférences à ce sujet : la première, le samedi à 14h discutera des incidences sur la production et la diffusion des technologies numériques. Une seconde suivra, autour des nouveaux espaces de créations induits par ces mêmes technologies.

©Nouveaux Regards

Bien sûr, le festival fait aussi la part belle à un mode de diffusion plus traditionnel, mais entend tout de même montrer son attachement aux nouvelles technologies : site et appli dédiés (le minimum en 2017), un pass électronique – rechargeable, et à conserver (il sera réutilisable pour la 2e édition du festival l’année prochaine), et aussi et surtout, le festival a tenu à développer un aspect collaboratif. Notamment à travers le biais d’une classe « d’apprentis critiques » qui entend sensibiliser au film d’auteur, le démocratiser et montrer à un large public que du film « intello » vient aussi le divertissement.

*Mediaphore est partenaire de la première édition du Festival « Nouveaux Regards ».