Il aura finalement tenu son calendrier ! Emmanuel Macron a (enfin) présenté l’intégralité de son programme, ce jeudi 2 mars. Le leader d’En marche a dévoilé ses différentes propositions articulées autour de six chantiers : réforme de l’école, « société du travail », modernisation de l’économie, sécurité, stratégie internationale et moralisation de la vie publique. Il a également avancé une série d’objectifs à l’intention des Outre-mer.

Si dans le document du programme originel de 32 pages, rien n’apparait sur les territoires des Outre-mer, un petit tour sur le site d’En marche !, permet de constater que les départements ultramarins ne sont pas oubliés. Lors de sa visite en décembre 2016, Emmanuel Macron avait insisté sur la prise en compte de la spécificité de nos territoires et la possibilité d’y adapter le droit. Il avait également indiqué ne pas revenir sur la sur-rémunération.

Le leader d’En marche ! dévoile son projet en six objectifs baptisé « Les Outre-mer: un potentiel à libérer », qu’il qualifie de « projet pour l’émancipation réelle des Outre-mer au sein de la République ». Concrètement, dans les mesures de son programme qu’il indique, spécifiques aux Outre-mer, « il souhaite porter à 200 000 le nombre de billets d’avions « aidés » pour faciliter la mobilité. Économiquement, le candidat Macron indique qu’il restera « vigilant » sur les accords commerciaux notamment européens pour conserver l’économie locale (sur les quotas de pêches, ou plus proches, la fin des quotas sucriers en octobre 2017). Il prévoit également 1 milliard d’euros sur 5 ans pour financer des investissements collectifs : par exemple, l’eau, la gestion des déchets, les embouteillages, les routes, etc… il s’engage à être plus attentif aux délais de paiement, qui étouffent les petites entreprises, « le tissu économique majoritaire » en Outre-mer. Le candidat entend également développer « la Croissance bleue » en développant les filières maritimes.

La lutte contre la vie chère fait partie de ses priorités : il établira des statistiques précises sur ce sujet et sur les aides fiscales et sociales, pour avoir une vision globale. 

Il met également l’accent sur la jeunesse, au travers du développement d’un programme d’Erasmus caribéen (faciliter l’accès aux universités de l’arc Caraïbe par des partenariats entre les établissements). Il entend aussi mettre au pas les mineurs délinquant en renforçant la réponse pénale. Il devrait donner plus d’information lors d’un prochain déplacement dans les îles de l’Océan Indien, prochainement. « Les Outre-mer ne demandent pas à entendre des promesses démagogiques et non financées, qui entretiennent une relation de dépendance inégale avec l’hexagone. Ils demandent à pouvoir développer des activités économiques dans leurs territoires et à vivre de leur travail », souligne Emmanuel Macron

Un programme très social-libéral

A quelques jours du débat qui l’opposera aux autres candidats à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron pourra donc défendre ses six chantiers autour de l’éducation et la formation, la « société du travail », l’économie moderne qui intègre la transition écologique, et l’industrie du futur, la sécurité, le renouveau de la vie politique et enfin la politique internationale.

Le programme très social-libéral, mais surtout libéral, rassemble des idées de la gauche et des idées de la droite, qui s’articulent dans un seul document (à découvrir à la fin de notre article) autour de propositions allant du système de retraite universel, à la baisse du « coût du travail » (les cotisations sociales qui financent les allocations familiales), en passant par des réductions d’impôts (taxe d’habitation ) ou encore l’assurance chômage pour tous y compris les démissionnaires et entrepreneurs (sous contrepartie de contrôle) et une moralisation de la vie politique, qui ne va quand même pas jusqu’à contrôler l’utilisation de l’enveloppe de près de 5 000 euros attribuée à chaque député et qu’il peut utiliser à sa guise sans avoir de compte à rendre.

Parmi les autres propositions : la transition écologique pour laquelle l’effort annoncé est considérable, des sanctions contre la fraude fiscale, la lutte à la fraude aux prestations sociales, imposition plus forte des géants du Web sur le territoire français, la police de proximité et l’obligation de résultats pour les services publics, les  organismes de sécurité sociale (qui sont déjà astreints à des obligations de ce type) et les universités et lycées professionnels. Et bien sûr, la lutte contre le terrorisme, la laïcité et l’Europe ne sont pas non plus des volets oubliés.

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