Après plusieurs semaines de conflit, la campagne sucrière va pouvoir démarrer à Marie-Galante grâce à la signature d’une convention.

Lundi, la convention qui permet le déblocage des aides publiques versées à l’usine de sucre de Marie-Galante, a été signée entre les représentants de la Région, du Département et de l’État. Cela va pouvoir « permettre le démarrage de la campagne sucrière 2017 » ont-ils écrit dans un communiqué commun à l’issue d’une réunion, à laquelle les élus de Marie-Galante n’ont pas participé.

Pour mémoire, depuis la fin décembre 2016, un conflit opposait les acteurs de la filière canne-sucre à Marie-Galante à la présidente de la communauté de commune de Marie-Galante (CCMG) Maryse Etzol, autour de la création d’une centrale thermique liée à l’usine, devant externaliser son système de chaufferie et donc la moderniser. L’existence de ce projet est aussi une des clauses majeures de la convention qui conditionne le versement des subventions d’État à la filière marie-galantaise.

Deux projets en lice

Depuis 2012, un projet de centrale porté par Albioma était sur les rails, avec comme ambition, l’intention de produire pendant la campagne sucrière l’énergie suffisante pour faire fonctionner l’usine de sucre et pendant le reste de l’année, suffisamment d’électricité pour rentabiliser l’installation en vendant cette énergie à la Guadeloupe. Sauf qu’en décembre, Maryse Etzol a proposé un projet « alternatif », porté par la Compagnie Nationale du Rhône, dans le cadre d’un plus vaste programme de développement territorial. Ce projet là, visait à produire l’électricité uniquement nécessaire au fonctionnement de l’usine pendant la campagne. L’argument ? L’importation et la combustion du bois dont a besoin Albioma pour faire fonctionner sa centrale serait trop « polluantes » pour Marie-Galante. La maire de Grand-Bourg a d’ailleurs mobilisé autour de son projet au travers d’une pétition qui a recueilli plus d’un millier de signatures. Son opposition a retardé sa signature de la convention et d’autant le démarrage de la campagne.

Au final, la convention a été signée hier matin, par-delà le conflit politique. Les signataires maintiennent une forme de soutien au projet de centrale Albioma : projet plus avancé, plus abouti (toutes les autorisations administratives, le permis de construire et d’exploiter la centrale ont déjà été obtenus). Par ailleurs, ils soulignent la possibilité de le rendre « compatible » avec les ambitions d’autonomie énergétique totale de Maryse Etzol, puisqu’Albioma est disposé à exploiter la biomasse locale et faire baisser sa dépendance à l’importation de biomasse-bois. De son côté Maryse Etzol a publié un communiqué dans lequel elle maintient sa position, et regrette « le manque d’analyse du dossier ».

C’est donc le projet Albioma qui devrait voir le jour, à moins que la CNR ne profite de la politique énergétique de la Région, affichée comme volontariste, pour proposer un projet de centrale ficelé, ce que la Région l’engage à faire. En attendant, la campagne sucrière démarrera sous peu, sauvant la filière canne-sucre de Marie-Galante, forte de 1800 planteurs  et l’usine sucrière qui embauche en saison jusqu’à 110 personnes.

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