Les mairies de Marie-Galante ont fermé leurs portes au public pour protester contre « un déni de démocratie ».

En signe de protestations contre la nouvelle convention signée lundi entre l’État, la Région, le Département et les groupes Cofepp et Albioma, les mairies de Marie-Galante ont fermé aujourd’hui, le 22 février. Seule la mairie de Saint-Louis a ouvert. Celles de Capesterre et Grand-Bourg sont restées portes closes.

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La signature de la convention sans les élus de Marie-Galante, qui avaient « alerté sur les conditions d’organisation de la réunion » est un « coup de force intolérable », pour la population de l’île « qui se sent aujourd’hui bafouée », ont écrit dans un communiqué commun les trois élus, Maryse Etzol, maire de Grand-Bourg, Marlène Miraculeux-Bourgeois, maire de Capesterre-de-Marie-Galante, et Jacques Cornano, sénateur de la Guadeloupe et maire de Saint-Louis. Ils accusent les signataires de faire en sorte de favoriser « les intérêts privés (…) de la multinationale Albioma » au détriment de « l’intérêt général« .

L’origine du conflit
Pour mémoire, la convention, qui permettait à l’État de verser les aides publiques à la sucrerie de Marie-Galante (1,6 M€) était conditionnée au projet d’une centrale thermique, porté initialement par Albioma, mais que la Communauté de Commune de Marie-Galante (CCMG) et son partenaire la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) sont venus challenger, avec un programme de développement du territoire plus large, comme l’explique ce publi-reportage publié par la CNR.

Si les élus se félicitent du début de la campagne sucrière, ils indiquent que l’île de Marie-Galante devient le symbole d’un choix entre « la rentabilité immédiate » et « une approche respectueuse de l’environnement ». Selon l’Etat, la Région et le Département, les deux positions sont compatibles. En effet, pour eux, le conflit, qui porte sur l’importation de bois comme combustible (une énergie renouvelable, de la biomasse et non pas fossile comme on a pu le lire sur plusieurs sites ou dans des pétitions, NDLR) pour faire fonctionner l’usine, pourrait se désamorcer s des négociations s’engageaient entre la CCMG et Albioma. Effectivement, comme l’indique la convention, Albioma s’est engagé à réduire son importation de bois et à soutenir toute volonté de développement de filière biomasse locale. Par ailleurs, même si l’on peut comprendre l’ambition d’autonomie énergétique sans importation de ressources énergétiques, portée par ses élus pour leur territoire de Marie-Galante, la loi de transition énergétique, élément mis en avant par la CCMG, n’interdit absolument pas l’importation d’énergies, ni fossiles (type charbon) ni renouvelable, (type bois). La loi fixe simplement des objectifs, que la CCMG entend respecter et même dépasser.

Le point sur le projet
Le projet de développement de Marie-galante, qui propose aux Marie-Galantais le développement d’un tourisme « durable », est animé par une volonté de servir à la population Marie-Galantaise. Il propose entre autres des concepts de la smart-city, autour de la mobilité électrique, ‘une ferme agricole, d’un développement sur le sport, une île connectée, la valorisation de la filière canne par des débouchés nouveaux, un plan de revalorisation agricole et de la formation sur tous ces sujets. En cas de réalisation, il devrait attirer l’argent de la commission européenne par millions.

A 19h, une réunion d’information aura lieu sur la place du marché de Grand-Bourg.