Une carte collaborative de la corruption, lancée par Transparency International comptabilise les affaires de corruption, en France.

L’ONG Transparency International a lancé une « carte de la corruption » en France. Il s’agit d’un outil open data cartographique et collaboratif, permettant de visualiser d’un seul coup d’œil toutes les affaires de corruption ayant fait l’objet d’une condamnation. En France,  l’ONG comptabilise 660 affaires de corruption, Outre-mer compris. C’est même sur les zones ultra-marines que se concentre le plus grand nombre de cas.

En Guadeloupe, Transparency International a recensé 8 affaires depuis 2006. « Corruption passive », « prise illégales d’intérêt », « détournement de fonds », sont quelques motifs pour lesquels les personnes ont été condamnées, personnes souvent venue du monde politique ou des collectivités. Dernièrement en Guadeloupe, la mise en examen du directeur général de services de la communauté de commune du sud de Basse-Terre, de son adjoint et d’un élu de CASBT  laisse à penser que la liste dressée par Transparency International pourrait s’agrandir si le procès vient déboucher sur une condamnation des mis en cause.

Saint-Martin en tête du classement

Pourtant, la Guadeloupe est loin d’être le territoire le plus corrompu. En effet, en Outre-mer, ce sont les collectivités de la Polynésie et de Saint-Martin qui comptent le plus d’affaire de corruption. L’indice, établi par Transparency International (calculé à partir du nombre de condamnation rapporté au produit intérieur brut de chaque territoire) affiche 95 pour Saint-Martin, et 49 pour la Polynésie. En comparaison, la Guadeloupe affiche un indice de 9. Ces chiffres doivent donc être relativisés : en valeur absolue, le nombre d’affaires est moins important en outre-mer que dans d’autres régions françaises mais le PIB est aussi beaucoup moins élevé dans nos îles.

Plus de transparence avant les élections

Quoiqu’il en soit, à l’approche des élections présidentielles mais aussi législatives, il reste important de mobiliser autour de ces questions de corruptions d’élus ou de décideurs. En effet, la France obtient dans le classement de l’ONG luttant contre la corruption, la 23e place, ex-aequo avec d’autres les Emirats Arabes Unis, l’Estonie ou le Chili. La branche française de l’ONG a également publié et adressé un questionnaire aux candidats à l’élection présidentielle pour les mobiliser autour de l’éthique en politique, autour de 11 recommandations, comme la publication des dépenses des parlementaires, le non cumul des mandats, etc…

Cette action fait écho au #parlementtransparent lancé sur les réseaux sociaux par l’émission de Yann Barthès « Quotidien », interpelant les parlementaires sur l’absence de contrôle quant à leurs dépenses et leur gestion de l’argent public.