« Biennale de La Biche » est la plus petite biennale d’art contemporain au monde. C’est la Guadeloupe qui l’a accueilli pour sa première édition en janvier dernier. Alex Urso et Maess Anand, fondateurs et conservateurs du projet, ont pour l’occasion sélectionné quatorze artistes du monde entier exposés sur l’îlet La Biche.

Cela aurait pu paraître improbable et pourtant, non seulement elle a eu lieu mais en plus l’idée est fabuleuse. Exploiter un lieu insolite en Guadeloupe afin d’y organiser une biennale d’art contemporain. C’est le challenge qu’ont décidé de relever deux artistes : Alex Urso et Maess Anand, fondateurs et conservateurs de la « Biennale de La Biche« . « Bien que différent l’un de l’autre, on a demandé à chaque participant de concevoir une œuvre capable de coexister avec l’environnement de l’endroit: l’île caribéenne enchanteresse de La Biche », expliquent-ils sur le site web dédié au projet.

Le titre choisi pour l ‘édition 2017 est « Dans un pays de. » Pour les initiateurs du projet, « cette phrase, suspendue et imprécise, veut être une suggestion, une incitation à saisir l’essence de l’île comme un lieu géographiquement isolé, mais surtout un lieu éloigné de toutes les limites et conventions du système d’art contemporain. »

En effet, le lieu aussi magique qu’il soit est amené à disparaître en raison de la montée du niveau de la mer, l’île est en fait submergée progressivement, et dans quelques décennies, il est destiné à disparaître. Un phénomène naturel qui rappelle ce que vit actuellement l’Ilet Caret situé à quelques encablures de l’Ilet La Biche implanté lui aussi dans le Grand cul-de-sac marin, face à la commune de Sainte-Rose. L’Ilet est considéré comme le plus beau des îlets du lagon…Recouvert d’un baraquement de tôles il est le refuge des pêcheurs chevronnés depuis des générations et des touristes de passage qui souhaitent faire une halte conviviale.

Respiration et inspiration artistique

Pour cette première inédite, les artistes invités à cette biennale devaient interpréter le concept de non-lieu en élaborant une œuvre qui peut refléter l’éphémère du temps et l’insécurité absolue à laquelle l’île est actuellement soumise. Ainsi, les œuvres elles-mêmes ne deviennent plus des fragments monumentaux et durables dans l’histoire du temps, mais des éléments fragiles qui se désintègrent suivant les limites du monde auquel ils appartiennent.

Quelques-unes des oeuvres exposées à la « Biennale de la Biche » : (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Les artistes invités pour cette première édition de la « Biennale de La Biche » : Karolina Bielawska (Pologne), Norbert Delman (Pologne), Michal Frydrych (Pologne), Styrmir Örn Guðmundsson (Islande), Maess (Pologne), Ryts Monet (Italie), Jeremie Paul (France), Lukasz Ratz (Pologne), Lapo Simeoni (Italie), Saku Soukka (Finlande), Aleksandra Urban (Pologne), Yaelle Wisznicki Levi (Etats-Unis/Pologne), Alex Urso (Italie), Zuza Ziółkowska-Hercberg (Pologne).