La région Guadeloupe a demandé son adhésion à l’Organisation des Etats de la Caraïbes Orientale, pour renforcer la coopération régionale.

Lors de la commémoration des 38 ans de l’Indépendance de l’île de Sainte-Lucie, la Guadeloupe, représentée par le Président de Région Ary Chalus et la 2e vice-présidente Marie-Luce Penchard, a voulu montrer sa « volonté de coopération » à travers la « démarche d’adhésion à l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECO) », a indiqué un communiqué de la Région.

Une adhésion qui se justifie par « une unité de destins », indique la Région : « économies insulaires, territoires sensibles aux dérèglements climatiques et devant faire face aux mêmes difficultés en matière d’approvisionnement énergétiques ». Elle se justifie d’autant plus que les objectifs de la Guadeloupe et de l’OECO sont communs et les possibilités de travailler ensemble sont déjà « opérationnelles » sur le terrain.

En effet, la Guadeloupe a lancé en décembre 2016 le programme Interreg V, dont elle est « autorité de gestion ». Interreg est un fonds européen doté d’une enveloppe de 41 millions d’euros et dont 65% des crédits sont consacrés à la coopération avec des pays membres. Par exemple, en matière de coopération, le dispositif de télé-échocardiographie entre le CHU de Pointe-à-Pitre et l’hôpital de Marie-Galante pourrait être développé dans la Caraïbe par ce biais. Autre exemple, non encore accompli : le cyclotron de la Guadeloupe est une des voies de coopération en matière de santé, sur le volet de l’accueil médical caribéen notamment.

La coopération régionale, une vieille histoire

Pour autant, la coopération interrégionale ne se fait pas sans quelques difficultés. Les îles de la Caraïbes n’ont pas toutes le même statut : en effet, la région caribéenne est composée de départements français appartenant à l’Union Européenne, de Républiques indépendantes ou encore territoires autonomes comme les zones britanniques ou néerlandaises. Par ailleurs, le passé colonial a conduit à l’émergence de cultures et langues différentes ainsi que de répartitions inégales des richesses. Mais on peut penser que ces questions de langues et de cultures ne constituent plus un problème au XXIe siècle, sous peine de remettre en question les autres espaces de coopérations internationales.

D’ailleurs, les expériences d’intégrations régionales dans la Caraïbes et le petites Antilles sont nombreuses et anciennes. En 1958, dix territoires anglophones se fédèrent sous l’impulsion du Royaume-Uni, sous le nom de West Indies Federation. Mais en 1962, la Jamaïque et Trinidad-et-Tobago se retirent de cette organisation, suite à leur indépendance. Dans les années suivantes, plusieurs accords de libre-échange sont signés entre les États caribéens, dont l’un des plus connu est le CARICOM. Il sera à l’origine de la création en 1994 de l’Association des États de la Caraïbe (AEC), qui regroupe la totalité des États et territoires ayant une façade caribéenne, soit 25 États de plein droit, plus des membres associés par le biais de leur métropole et d’autres encore, éligibles au statut de membre associé. Cette association de coopération englobe comme secteurs prioritaires d’actions le commerce, le transport, le tourisme durable et la prévention et la lutte contre les catastrophes naturelles.