Marie-Galante a pour objectif de devenir complètement autonome grâce aux énergies renouvelables. Cependant, il se pourrait que cet objectif ne soit pas atteint dans le délai prévu car pour l’heure, l’Etat français privilégie le projet de centrale thermique sur l’île porté par le producteur d’énergie français, Albioma.

Vous connaissez peut-être Marie-Galante pour ses plages paradisiaques, ses moulins ou encore, son rhum de qualité mais Marie-Galante est aussi une île qui a fait de l’énergie renouvelable, une véritable priorité. Les moulins de Marie-Galante, symboles de la relation fusionnelle qu’à Marie-Galante avec les élements de la nature dont le vent qui était nécessaire à l’époque afin de faire tourner les pales des moulins. Aujourd’hui, ce sont des éoliennes qui tournent sur une partie de l’île et ce n’est pas un hasard. Avec un peu plus de 10 000 habitants, l’île située au Sud de l’archipel de la Guadeloupe souhaite devenir la première île française autonome en énergies renouvelables.

Cependant, un projet de centrale thermique mené par le producteur d’énergie français Albioma semble agacer une partie des habitants de Marie-Galante amenés par la présidente de la communauté de communes de Marie-Galante (CCMG), Maryse Etzol qui milite dur comme fer pour que l’Etat oriente son choix vers un projet qui serait selon elle, « plus écologique. »

Pourquoi ça coince ?

En réalité, Albioma projette d’implanter à Marie-Galante une centrale thermique au bois, qui n’est pas une énergie fossile (à la différence du charbon). Selon nos informations, Albioma se serait engagé au travers d’une convention signé avec l’Etat, à développer une filière biomasse locale et soutenir toutes les initiatives allant en ce sens. Autre point délicat soulevé à travers la pétition en ligne, l’origine du bois qui servira pour la centrale thermique. En parcourant le texte introduisant la pétition en ligne, il est précisé que le bois utilisé par Albioma proviendrait du Brésil cependant, selon une source proche du dossier, l‘importation se ferait depuis des forêts implantées aux Etats-Unis et au Canada dans le respect des normes en matière de renouvellement des bois et forêts.

En attendant, les opposants au projet Albioma ont donc matérialisé leur mécontentement par une pétition en ligne « L’Etat français: NON à la dépendance aux énergies fossiles de Marie-Galante et des DOM-TOM », lancée il y a plusieurs jours par une internaute.

« Alors que les élus et les habitants de Marie‐Galante (île de Guadeloupe), développent un projet ambitieux d’autonomie énergétique ‐ basé à 100% sur les énergies renouvelables locales ‐ la multinationale Albioma tente d’intimider cette communauté et d’imposer la mise en œuvre d’une centrale thermique extrêmement coûteuse et polluante reposant sur la combustion 7j/7, 24h/24 de bois importé de forêts du Brésil ou du Canada », peut-on lire sur la page dédiée à la pétition. Pour rappel, à ce jour, les trois quart de l’île de Marie-Galante sont alimentés en l’électricité via un câble sous-marin provenant de la Guadeloupe.

Pourtant le projet porté par Albioma semble en bonne voie et bénéficie du soutien de l’Etat qui lors, d’une réunion interministérielle qui s’est tenue mi-janvier à Paris, a clairement fait part de sa préférence pour le projet de centrale thermique porté par le producteur d’énergie français. Pour Albioma, son projet est indispensable à la survie de la sucrerie de Marie-Galante et de l’ensemble de la filière sucrière et a pour objectif d’être mis en service fin 2017, pour la campagne sucrière 2018.

Marie-Galante, laboratoire des énergies du futur ?

Il suffit de se rendre sur l’île et dans la commune de Capesterre pour découvrir le parc éolien de l’île associé à un dispositif de stockage : une première en France. Une initiative que l’on doit au groupe Quadran qui l’a inauguré le 30 juin dernier. Une initiative qui en dit long sur leurs ambitions sur place, à savoir rendre l’île complètement autonome grâce à un « mix électrique » totalement renouvelable tout en développant la mobilité électrique décarbonée. Un challenge qui semble jouable surtout lorsque l’on réalise un inventaire des ressources nécessaires pour produire de l’électricité verte (soleil, vent, courant marin, géothermie ou encore biomasse), des ressources qui ne manquent pas aux Antilles françaises et plus particulièrement, à Marie-Galante.

Dans un contenu sponsorisé dans le quotidien Le Monde, on fait preuve d’optimisme « en France, la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte a défini un objectif d’autonomie pour les départements d’outre-mer à l’horizon de 2030. Mais à Marie-Galante, tout sera en place avec 10 ans d’avance. » Un projet sur lequel travaille d’arrache-pied la CNR (la Compagnie Nationale du Rhône), premier producteur français d’énergie 100 % renouvelable qui aurait pour projet de rendre l’île complètement autonome, d’ici quelques années. En résumé, Marie-Galante devrait servir de chef de file pour ce qui relève de la transition énergétique en France. Un statut qui lui irait comme un gant car Marie-Galante et les énergies renouvelables, c’est une idylle qui ne date pas de hier et qui se déroule à merveille.

En attendant d’en savoir plus sur les projets communs, la pétition en ligne lancée par une internaute effectue son petit bonhomme de chemin. Elle a déjà recueilli pas moins plus de 5 000 signatures. Si certaines personnalités locales dont des élus ont déjà signé cette pétition en ligne, des internautes du monde entier ont eux aussi décidé de s’élever contre une possible arrivée d’Albioma sur l’île. Affaire à suivre…

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