Le socialisme et « l’idéologie » de la social-démocratie agonisent. Pourtant le socialisme a apporté outre la construction européenne, l’acceptation de l’économie de marché mais régulée par l’état-providence et le dialogue social dans l’entreprise en France et en Europe. Un modèle de Gauche de gouvernement qui a fait ses preuves en matière d’exercice du pouvoir, de progrès économique, social et sociétal. Mais un modèle qui a été écrasé lentement par la vague libérale et la mondialisation qui ont généré le dumping fiscal et social et creusé les déficits publics. Le socialisme n’a pas su se renouveler pour résister à l’épreuve de la crise économique et du pouvoir.

C’est donc un cauchemar, ou plutôt une lente descente aux enfers que connaît désormais le socialisme en Europe. Il y a quelques années, il dirigeait ou participait au gouvernement dans une majorité de pays. En France son leader, le président de la République François Hollande ne pesait il y’a peu que 4 % dans les sondages et vient de renoncer à un second mandat, sans successeur adoubé (mais un certain regain de popularité). Le PS n’a plus de leader et est largement dépassé en nombre par le mouvement En Marche du progressiste libéral Emmanuel Macron. Autre figure politique et aujourd’hui candidat le mieux placé pour remporter la primaire ne dirige aucun courant au PS : il s’agit de Manuel Valls.

La preuve est faite que le socialisme démocratique peut mourir.

Récemment, Matteo Renzi a dû quitter le pouvoir en Italie, le social démocrate Martin Schulz en Allemagne renonce à se présenter au poste de chancelier et si l’Autriche a évité un président d’extrême droite, c’est au profit d’un écologiste…Les travaillistes britanniques, en pleine dérive gauchiste, semblent avoir renoncé à tout espoir de gouverner, les socialistes espagnols, concurrencés par Podemos (avatar d’En Marche) sont condamnés à l’impuissance, leurs camarades allemands jouent les seconds rôles derrière l’intouchable Merkel. Les socio-démocrates ont quasiment disparu des pays d’Europe de l’Est, tout comme en Grèce, ou, à l’extérieur de l’Europe, en Israël, état qu’ils avaient fondé. La preuve est faite que le socialisme démocratique peut mourir.

Attaquée sur le plan politique avec l’irruption des mouvements populistes de Gauche ou de droite, et en France par le néo-conservatisme libéral, la social-démocratie n’a pas su se renouveler face aux nouveaux enjeux que sont la révolution numérique, la paupérisation des classes moyennes, la demande d’autonomie dans les modes de vie et de travail, le vivre ensemble, la montée insupportable des inégalités, l’environnement et le péril climatique.

Les primaires citoyennes n’ont plus que deux options : soit entériner démocratiquement la disparition de l’exercice du pouvoir par les socialistes pendant au moins 15 ans, soit produire un vrai renouvellement idéologique et de son leadership pour sauver les meubles à défaut de la maison.

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