C’est un site historique caché entre le Carbet et Fonds Saint-Denis. Un Canal baptisé Beauregard du nom de son propriétaire mais qu’on appelle plus communément Canal des Esclaves en hommage à ceux qui l’ont construit à la fin du XVIIIème siècle. Un endroit riche et magique qui semble pourtant oublié de tous. Une pétition a été lancée pour lui redonner sa place.

« Que ce site historique devienne un lieu de commémoration qui rende hommage à la mémoire des esclaves ainsi qu’à la beauté du patrimoine de la Martinique. » Telle est la volonté de Béatrice R., celle qui a mis en ligne une pétition pour sauver le Canal des Esclaves. L’endroit est magique. Son histoire est forte, sa richesse sans commune mesure et pourtant depuis plus d’une dizaine d’années il est régulièrement fermé pour travaux ponctuels. Une conséquence, selon l’auteur de la pétition d’un « abandon de la part des pouvoirs locaux, et une négligence totale des sites touristiques du patrimoine de la Martinique. Si rien ne bouge rapidement, les dégâts s’amplifieront, le Canal des Esclaves ne sera plus praticable et les amoureux de cette belle randonnée ainsi que la Maison Rousse en paieront les pots cassés.« 

Message reçu par les pouvoirs locaux puisque le 5 Janvier dernier, les travaux nécessaires à la réouverture du site patrimonial ont débuté. Selon le Parc Naturel Régional de la Martinique, « endommagé depuis le passage de la tempête Matthew, des travaux étaient indispensables pour assurer la sécurité des nombreux randonneurs locaux et étrangers qui fréquentent le site et permettre sa réouverture. »

Trésor historique et touristique

La Maison Rousse, c’est l’hôtel qui est au bout du canal. Un lieu d’évasion en pleine nature où seul le bruit des cascades vous berce. Un endroit qui sans le Canal Beauregard perdrait clairement de sa valeur. Car ce site à coté duquel la maison est installée est un véritable trésor historique. 1760, des centaines d’esclaves construisent cette ligne d’eau qui fait descendre le précieux liquide de la forêt vers la Côte Caraïbe. Une prouesse technique qui a permis l’irrigation des plantations et des moulins notamment en période de Carême mais qui a surtout entraîné la mort de nombreux esclaves.

Bijou de biodiversité

Non content de marcher sur les traces de l’histoire Martiniquaise, dans les pas des esclaves, celui qui brave le vertige pour longer le Canal découvre une nature riche et fascinante. Surpris par une cyrique qui plonge sur son passage, étonné par une famille de cabris qui lui barre la route ou fasciné par les différents arbres et plantes, le visiteur a de quoi être émerveillé. 

Pour préserver l’endroit qui accueille selon la pétition, pas moins de 39 000 curieux chaque année, l’Union Européenne et l’Etat avaient investi 542 500 euros en 2003. Un investissement insuffisant qui n’a pas été suivi d’un entretien régulier. Alors que la saison touristique reprend, le canal est de nouveau fermé pour travaux. Une épine dans le pied de la Maison Rousse et une déception pour les visiteurs qui peuvent désormais, à la place, signer la pétition adressée à la Collectivité Territoriale de Martinique. Ce lundi, 231 personnes avaient déjà apporté leur contribution.