Comme si ses oreilles avaient sifflé. Deux jours après la publication d’une lettre ouverte contre sa venue en Martinique, Marine Le Pen explique au JDD son refus catégorique de se rendre aux Antilles. La présidente du Front National, candidate à l’élection présidentielle de 2017 ne fera donc pas campagne en Guadeloupe ni en Martinique, pour la plus grande joie du groupe « Marine Dèwô » basé en Martinique.

« Dans la lignée d’une opposition historique locale ayant empêché à deux reprises Jean-Marie Le Pen, alors président du FN, de fouler notre sol, (ndlr : en 1987 et 1997) le groupe « Marine Dèwô », composé de personnes de la société civile, s’est fait connaître il y a un peu plus d’un an pour avoir, par ses actions, fait capoter « l’Opération cocotier » de Mme Le Pen, en 2015. » Le message semble clair et est envoyé par le groupe « Marine Dèwô » qui dans une lettre ouverte dévoilée ce samedi, s’oppose à la venue en Martinique de la Présidente du Front National. Et le groupe ne compte pas s’arrêter là. Après plusieurs réunions sur la Savane à Fort de France, le groupe s’est remis en ordre de marche pour empêcher la candidate frontiste de poursuivre sa campagne ultramarine. C’était sans compter sur le refus de celle-ci de se rendre sur nos territoires antillais.

Contre pied

Alors que « Marine dèwô » s’organise, Marine Le Pen annonce deux jours après dans le Journal du Dimanche qu’elle n’a pas l’intention de se rendre aux Antilles. Réponse à ses opposants Antillais ou prudence, quoi qu’il en soit, elle refuse de créer la polémique avec une arrivée qui serait, de fait, gênée par les manifestants. « Si elle se fait bousculer à son arrivée par une dizaine de gauchistes, ça fera l’ouverture du 20 heures », confie d’ailleurs un cadre du parti au JDD

Eviter la mauvaise publicité. Voilà l’objectif annoncé. Pourtant Marine Le Pen réalise des scores honorables en Outre-mer. Des résultats bien meilleurs que ceux de son père en son temps. 8 % à la présidentielle de 2012, deux fois plus que Jean-Marie Le Pen (3,82 % en 2007). D’ailleurs en Martinique elle ne manque pas de soutien : qu’il s’agissent de supporters de la première heure comme Huguette Fatna ou de nouveaux convaincus, comme le vice-président de la coordination rurale de la Martinique, Juvénal Rémire. 

De l’exercice de la démocratie

Après un entretien à Paris avec la candidate FN, Juvénal REMIR a été conquis. Il expliquait d’ailleurs à nos confrères de Martinique Première à quel point il est nécessaire qu’elle puisse faire campagne en Outre-mer. Pour lui c’est clair : « Si Fillon et Mélenchon viennent, elle doit aussi pouvoir venir en Martinique. Nous ne sommes pas des sauvages. Elle se rend en Guyane, elle est allée dans l’Océan Indien, elle doit venir en Martinique. » Il y a trois jours, il déclarait vouloir lancer une pétition pour demander l’avis des martiniquais. Une consultation publique qui pourrait peut-être changer la donne : hier dans le JDD, la présidente du Front National déclarait : « La Martinique et la Guadeloupe, il faut vraiment qu’on y aille, mais il faut que les activistes acceptent le processus démocratique. »