À partir du 1er janvier 2017, les vitres teintées du pare-brise et les vitres latérales avant, côté conducteur et côté passager seront interdites. Le décret prendra effet ce week-end en France. Du côté de l’Outre-mer, ça passe plutôt mal, on vous explique pourquoi.

Dès l’annonce de sa publication au Journal Officiel en avril dernier, le décret était déjà ouvertement critiqué sur la Toile et plus particulièrement, sur les réseaux sociaux. Une interdiction qui apparaît comme « extrêmement contraignante » et qui pourrait « entrainer des conséquences graves pour les conducteurs » selon les créateurs de « Oui aux vitres teintées », une pétition en ligne qui vise à réunir un maximum de signatures afin de modifier ou retirer purement simplement, la réglementation sur les vitre teintées.

Quatre jours avant la prise d’effet du décret, la pétition en ligne avait recueilli plus de 36 000 signatures. Insuffisant faut-il croire puisque sauf revirement, à compter du 1er janvier 2017, vous ne pourrez plus circuler dans un véhicule dont les vitres avant sont teintées à plus de 30 %.

Les DOM se mobilisent sur Internet

Sur le modèle de la pétition en ligne lancée à l’échelle nationale, un internaute résidant dans les DOM a pris la même initiative en lançant une pétition en ligne « Pour un fléchissement de la loi contre les vitres teintées dans les DOM ». Pour Frédéric B. à l’origine de cette pétition, « les agressions du soleil justifient un niveau de teinte de vitres supérieur à celui de la métropole, aussi bien pour les utilisateurs au niveau santé, qu’au niveau de la protection de l’intérieur des véhicules eux-mêmes. » Son objectif est clair, obtenir de l’Etat, un assouplissement de ce décret pour les conducteurs en Outre-mer.

Là encore, difficile d’imaginer que ces doléances soient prises en compte du côté du gouvernement même si à l’échelle des DOM, plus de 13 000 personnes soutiennent cette pétition en ligne.

Du côté de l’Etat, on se défend clairement en avançant des arguments sécuritaires. « Un surteintage excessif des vitres avant représente un danger en matière de sécurité routière », lit-on sur l’un des sites d’information de l’Etat.

Pour la sécurité routière, le contact visuel avec le conducteur d’un véhicule suivi ou croisé permet d’anticiper sa conduite. Ce contact visuel est également primordial à la sécurité des piétons lorsqu’ils s’engagent sur un passage protégé. D’autre part, ils précisent que le surteintage réduit la vision du conducteur, en particulier de nuit. Du côté des forces de l’ordre, on rappelle que l’interdiction du surteintage des vitres leur permettra également de mieux contrôler le respect des règles de sécurité (telles que notamment l’interdiction de téléphoner au volant ou le défaut de port de la ceinture de sécurité).

L’Outre-mer face à plusieurs problématiques

Sécurité oblige, il est indéniable qu’un véhicule possédant des vitres fortement teintées n’est pas un gage de sécurité tant en terme de visibilité de l’intérieur comme de l’extérieur, en particulier la nuit. Mais dans les Outre-mer la problématique concerne surtout le climat. Quant on sait que les trois quart du temps, les températures se situent le plus souvent au-dessus des 30° dans les DOM, on ne peut que se satisfaire d’avoir en sa possession des vitres équipées de films solaires. En effet, les films pour vitrage filtrent les rayons du soleil et par voie de conséquence, diminue significativement l’apport thermique dans un véhicule. Cette réflexion des rayons du soleil permet de diminuer naturellement la température dans l’habitacle d’un véhicule exposé au soleil, de 6 à 10 degrés, selon « Oui aux vitres teintées » !

L’exposition au soleil, juste le quotidien quand on vit en Outre-mer notamment aux Antilles-Guyane où en période de carême le mercure atteint les 32/33 degrés alors difficile pour de nombreux internautes d’imaginer un seul instant, se contenter d’une TLV (Transmission de Lumière Visible) de 70% sur les vitres avant des véhicules.

Autre problématique, cette fois généralisée, le retrait du film solaire sur les vitres avant des véhicules avant le 1er janvier prochain. Un retrait qui dans l’absolu doit s’effectuer chez un professionnel du film pour vitrage moyennant finances. Ce qui signifie que vous devrez en plus débourser plusieurs dizaines d’euros pour être en accord avec la loi. Une obligation qui offusque les automobilistes concernés car en effet, pour certains, il n’est pas aisé de trouver le temps pour se rendre chez un spécialiste tandis que d’autres avancent une dépense imprévue surtout si vous possédez plusieurs véhicules au sein d’un même foyer. Autant dire que les professionnels du secteur voient là une opportunité d’augmenter leur chiffres d’affaires en cette fin d’année en possédant au retrait des films solaires sur les vitres et pare-brises des véhicules.

Du côté des amateurs de tuning, ça grince aussi des dents. Ces derniers ont en effet pour habitude d’appliquer du film solaire sur la totalité des vitres de leur véhicule donc imaginer un instant que les vitres avant soient dépareillées des trois autres, un sacrilège selon certains amateurs que nous avons rencontré. Cependant, ils devront eux aussi se plier à cette nouvelle mesure.

En attendant, les heures défilent et il ne reste plus que quelques jours pour faire retirer les films solaires des vitres avant de votre véhicule ou de vos véhicules si vous en possédez plusieurs. En cas de non-respect de ce décret, le gouvernement compte sévir lourdement. Les contrevenants s’exposeraient alors à des sanctions lourdes et pourraient s’acquitter de 135 € d’amende et d’un retrait de 3 points sur le permis de conduire en cas de vitrages non conformes. A bon entendeur…