Plus rien ne freine l’expansion du numérique aux Antilles-Guyane. Si de nombreuses startups surfent sur le digital pour développer leur activité, c’est que de plus en plus de particuliers y ont accès. La dernière étude de Médiamétrie le prouve d’ailleurs avec un chiffre essentiel : nos collectivités comptent au total 47 000 internautes de plus qu’il y a deux ans.

Vous entendez souvent le terme de « fracture numérique ». Si nos régions sont effectivement en retard sur l’hexagone, il s’agit de plus en plus d’une foulure et non plus véritablement d’une fracture. Aux Antilles-Guyane, 8 personnes sur 10 âgées de plus de 13 ans sont connectées. C’est 83,7% de la population. Une part grandissante. En 2014, nous étions 47 200 de moins à avoir accès à internet. C’est ce que montre l’étude de Médiamétrie réalisée en octobre sur un échantillon de 900 personnes représentatives de la population antillo-guyanaise.

Mais pourquoi faire ?

Que fait donc un Martiniquais, un Guadeloupéen ou un Guyanais sur la toile ? Pour la majorité, Internet est synonyme de réseau social. Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat…, les deux tiers des 13 ans et plus ont au moins un compte ouvert sur l’une de ces plateformes. Ils sont d’ailleurs 81,8% à s’y être rendus au cours du mois précédent l’étude. Pour le reste : au moins 50 000 d’entre eux font des achats. Ventes privées ou sites en tous genres, il y a deux ans la pratique était bien moins courante. L’écart est d’ailleurs bien significatif : nous sommes 94 000 de plus à faire du shopping en ligne. Soit nous avons de plus en plus confiance dans ces achats à distance, soit nous avons de plus en plus accès à de bonnes connexions internet qui facilitent les transactions.

Internet dans la poche

Le développement de réseaux mobiles et des smartphones ou tablettes encourage évidemment la connexion intensive. Aujourd’hui, il est possible de commander une robe en étant à la plage ou de poster des photos de ses vacances du sommet de la montagne Pelée. Des révolutions technologiques qui rendent les Antillo-Guyanais accros à leurs interfaces mobiles (d’ailleurs Noël approchant, si quelqu’un veut mettre un portable sous notre sapin, on prend!). Ainsi 61,9% d’entre eux consultent internet depuis un smartphone. C’est 10,7 points de plus qu’en 2014. Une progression que l’on note aussi du coté de l’utilisation des tablettes tactiles : + 8,2 points par rapport à 2014 (l’offre du sapin marche aussi pour les tablettes). Et le soufflé ne risque pas de retomber car la fracture continue sa guérison. Dernière innovation en date qui réduit l’écart entre la France des Amériques et la France de l’Europe : l’arrivée de la 4G. Un dispositif encore précaire mais qui montre à quel point nous sommes dans les starting-block. Qui pourrait désormais arrêter la marche du numérique dans nos régions ? Le prix peut être, car si l’offre technique se rapproche de celle de l’hexagone, l’offre commerciale en revanche, reste encore une fracture ouverte.

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