C’est aujourd’hui la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Depuis 1981, la maladie via le VIH, Virus de l’Immuno-déficience Humaine a fait près de 30 millions de morts. Si la recherche a beaucoup progressé ces dernières années, les mentalités, en revanche, ont quelques trains de retard.

Malgré les grandes campagnes d’information et de prévention menées partout dans le monde, le virus est encore contracté et les malades restent stigmatisés. Parmi les rumeurs et idées reçues les plus répandues sur la maladie, notre rédaction en a retenu cinq :

1- On en guérit aujourd’hui, plus la peine d’être vigilant

FAUX. Si le nombre de décès liés au VIH est en baisse, on ne guérit pas encore du Sida. Pour l’heure on s’en soigne simplement avec une batterie de médicaments au quotidien. Un enfer pour les malades complètement dépendants de la tri-thérapie. Sans ces pilules, leur système immunitaire serait détruit par le virus et ils seraient alors à la merci de n’importe quelle maladie. Ils pourraient ainsi mourir d’une simple grippe. Bien sûr, il existe aujourd’hui des mesures d’urgences pour tenter d’éviter la contamination même lorsqu’on a eu un comportement à risque. La principale s’appelle TPE, Traitement Post Exposition, et est fournie à l’hôpital ou dans un Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit. Il s’agit d’un cocktail médicamenteux intense qui inclut tout ce qui compose la tri thérapie. Les effets secondaires sont on ne peut plus désagréables et il faut refaire un test de dépistage 3 mois plus tard pour être sûr de son efficacité… ce qui n’est pas garanti. Doit on le rappeler? Pour l’heure, seul l’usage du préservatif est sûr alors n’hésitez pas à en utiliser. 

2- On ne trouvera jamais de solution au VIH

FAUX. Ne perdons pas espoir. En 2011, des essais cliniques ont été lancés par une entreprise de recherche sur le sida basée en France pour tester un traitement plus léger que celui actuellement disponible. Son nom : Vac 3S. En trois injections, il pourrait renforcer le système immunitaire. Il faudrait ensuite faire des rappels tous les 3 mois. Les premiers résultats sont concluants. En 2015, une nouvelle levée de fonds a été réalisée par Innavir Vax, l’entreprise de recherche, afin de passer à l’étape suivante à l’échelle européenne

3- Toucher ou embrasser un séropositif peut nous contaminer

FAUX. En vérité, il faut un échange de fluides corporels très précis pour transmettre le virus. Les sécrétions sexuelles (dans toutes les positions imaginables… oui, même la fellation) et le sang sont les meilleurs moyens de contracter le virus. On ne peut pas contracter le VIH lors du contact quotidien avec des personnes séropositives au VIH dans les lieux publics, les écoles ou le lieu de travail. On ne peut pas contracter le VIH en serrant la main d’une personne, en le serrant dans ses bras ou en l’embrassant; ni par l’utilisation des mêmes sanitaires ou en buvant dans le même verre; ni en étant exposé à la toux ou aux éternuements d’une personne séropositive au VIH. La salive a une charge virale négligeable, donc même le baiser profond est considéré comme une pratique à très faible risque. Cependant, si les deux personnes ont des plaies dans leurs bouches ou un parodontite, le risque est plus grand.

4- Le SIDA, c’est un truc de gays et de drogués

FAUX. Les transfusions sanguines ne sont pas l’apanage des amateurs de seringues pas plus que les relations sexuelles ne sont réservées aux homosexuels. Et il n’y a d’ailleurs pas que l’échange de fluides sanguins ou sexuels qui peuvent transmettre la maladie. Le lait maternel si la mère est infectée par le VIH peut également être un vecteur (contrairement à la naissance car une mère séropositive n’accouchera pas forcément d’un enfant contaminé). 

5- L’origine de la maladie est un complot des puissants de ce monde

Encore Faux. Les dernières analyses ont été publiées en octobre dernier. Elles montrent que les souches du VIH qui constituent l’épidémie mondiale sont originaire du Cameroun. Ce sont plus précisément un chimpanzé et un gorille qui les ont transmises. La maladie existe chez ces animaux. Et il n’a pas été nécessaire d’avoir recours à des pratiques sexuelles pour leur piquer leur virus, il a suffit d’une morsure ou de les manger comme c’est le cas dans certaines traditions. Le virus s’est ensuite propagé en Afrique puis dans la Caraïbes avant d’arriver aux Etats Unis dans les années 70. 

Longtemps les américains on d’ailleurs considéré que la maladie était entrée sur leur territoire à cause d’un steward canadien gay revenu d’Haïti et qui aurait eu des rapports aux Etats-Unis. Après des enquêtes poussées, les chercheurs ont montré qu’il n’y était finalement pour rien. La maladie était entrée à New York une dizaine d’année avant qu’il ne soit infecté.

6- Le VIH et le SIDA sont la même chose

FAUX. VIH est l’acronyme de virus de l’immunodéficience humaine, qui est le virus qui cause le SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise). Même si ce virus est la cause de la maladie, toutes les personnes séropositives au VIH ne sont pas atteintes du SIDA, puisque le VIH peut rester dans un état latent pendant des années. Si non-diagnostiqué ou non traité, l’infection au VIH progresse très souvent vers le SIDA, qui est défini comme ayant un taux de lymphocytes T CD4+ inférieur à 200 cellules/μl de sang ou une infection au VIH avec une coinfection à une maladie opportuniste définissant le SIDA.

7- Le VIH est transmis par les moustiques

FAUX. Lorsqu’un moustique pique une personne, elle n’injecte pas le sang de la précédente victime. Ce que les moustiques injectent dans la nouvelle victime est leur salive, ce qui transmet des maladies comme la dengue, paludisme, fièvre jaune, virus du Nil occidental, zika, etc… Le VIH n’est pas transmis de cette manière. Cependant, si un moustique transporte du sang infecté par le VIH et qu’il est écrasé sur la peau de la victime, et que cette victime gratte la piqûre, la transmission est hypothétiquement possible, même si le risque est extrêmement faible et qu’aucun cas d’une telle transmission n’est documentée.

8- Une mère séropositive au VIH ne peut pas avoir d’enfants

FAUX. Les femmes séropositives au VIH sont toujours fertiles, même si dans une phase avancée de l’infection le risque de fausse couche est plus élevé. Le risque de transmission du VIH au fœtus est entre 15 et 30%, mais il peut être considérablement réduit à 2–3% si les patients suivent les prescriptions médicales.

9- Avoir un rapport sexuel avec une vierge est un remède pour le SIDA

FAUX. Le mythe de guérison du sida par rapport sexuel avec une vierge a une certaine prévalence en Afrique subsaharienne. Le rapport sexuel avec une vierge séronégative au VIH n’est pas un remède contre le SIDA et expose la personne non-infectée au VIH et contribue à la propagation de la pandémie. Le mythe a acquis une notoriété et est perçu comme un facteur d’agressions sexuelles d’enfants d’abus sexuel sur mineur, y compris des viols d’enfants, en Afrique.

10- Les personnes séropositives au VIH peuvent être reconnus par leur apparence

FAUX. En raison de l’image véhiculé par les médias des personnes atteintes du SIDA, un grand nombre de personnes sont convaincues que les personnes séropositives au VIH ont une apparence donnée, ou au moins qu’elles vont être différentes des personnes non infectées. En réalité, la progression de la maladie se fait sur un laps de temps significatif, ce qui fait que les symptômes ne sont visuellement pas reconnus qu’à une étape très avancée de la maladie.