Bientôt un an. Il lui fallait au moins s’être dotée d’une identité visuelle pour son premier anniversaire. Une jolie tenue conçue par un certain Stévy Desbonnes, lauréat du concours de création d’un logo organisé par la Collectivité Territoriale de Martinique. 

C’est une Martinique croisée colibri. Un hybride bleu canard ou bleu roi selon la qualité de votre imprimante et orange ou jaune soutenu. La caravelle est une tête d’oiseau, tout le reste de l’île est une corps et une paire d’ailes. Voilà en somme, le joli dessin qui accompagnera désormais les signatures de la Collectivité Territoriale de Martinique. Pour obtenir ce charmant logo, la CTM a lancé un appel aux talents sur l’île. Au total, ils étaient 647 à avoir participé à ce concours.

Parmi toutes les propositions faites, trois avaient été retenues par le comité de sélection. Après quelques retouches, les membres de cette commission ont tranché. C’est le numéro 437 alias Stévy Desbonnes qui l’emporte suivi du numéro 66, Francesca Duranty qui avait proposé un logo plus fleuri mais sans doute moins moderne. En troisième position, le numéro 387, Kathleen Lebrave avait joué la simplicité avec un dessin plus petit et plus léger qui précédait le C de CTM et déclinait la lettre jusqu’à en faire un personnage. Un travail de recherche et de dessin qui a demandé de la patience et de la réflexion.

Le lauréat peut être fier de lui. Non seulement parce que son oeuvre devrait marquer le temps et les esprits autant que le cercle bleu stylisé qui accompagnait la Région Martinique il y a encore un an mais aussi parce qu’il empoche ainsi 8 000 euros. Une coquette somme qui récompense ses efforts mais signe aussi son abandon de tous droits sur le logotype. Il est désormais propriété exclusive de la CTM qui en fera ce qu’elle voudra. Tout est précisé dans le règlement du concours. 

Un logo qui ne fait pas l’unanimité

Un règlement qui insiste aussi sur la composition du jury. 8 personnes prévues dont 4 élus. Finalement ils seront 5 à se prêter au jeu du logo ainsi qu’une « spécialiste de la communication » (et ancienne candidate à la présidence de la CTM), Nathalie Jos, un artiste en la personne d’Alain Dumbardon, une enseignante en graphisme et typologie, Agnès Brezephin et celui qu’on suppose incarner ce que le règlement du concours appelle « personnalité du domaine des arts et de la culture », le sociologue et écrivain André Lucrèce.

Pour ne pas changer, les retours et commentaires n’ont pas manqué sur les réseaux sociaux à propos de cette nouvelle identité visuelle de la CTM. Nombreux sont ceux qui se disent déçus voire offusqués que ce logo ait été choisi car pour certains au-delà du colibri, on distinguerait un papillon qui n’est pas sans rappeler, l’île voisine la Guadeloupe surnommée le papillon. Une allusion qui n’est pas au goût au tous. D’autres y distinguent une baleine ou encore, un dauphin pendant que certains internautes remettent en question, la typographie choisie ainsi que les couleurs. En attendant, on retiendra que les goûts et les couleurs ne se discutent pas.

Logomania

Ce qui est sur, c’est que ce logo a rempli de bonheur la CTM qui s’est empressée de l’ajouter à toutes ses signatures et qui ne tarit pas d’éloges à son sujet : « la magie de ce logo est d’avoir une double lecture poétique et de voir dans la carte de notre Pays Martinique l’image magnifique de cet oiseau en plein envol! » peut-on lire dans le communiqué de presse. L’envol poétique de la Martinique. un défi de taille pour l’équipe en place. Mais maintenant qu’elle a la bonne image, rien ne devrait plus l’empêcher de mener à bien la mission que le peuple lui a confié.