Une fois n’est pas coutume, les villes de France (DOM compris) restent encore considérablement endettées. Pour y voir plus clair, Le Journal du Net vient de publier son classement 2016 des villes de France les plus endettées. Dette totale, par habitant, évolutions sur la période, découvrez en détails les emprunts des communes de plus de 20 000 habitants en France et en Outre-mer.

Premier enseignement à prendre en compte dans ce classement 2016, la perpétuelle progression de l’endettement des villes françaises. C’est la conclusion que tire Le Journal du Net, auteur du classement 2016 des villes de France les plus endettées. « En dix ans, l’endettement des villes tricolores a grimpé de 23% (+26% depuis 2000) », révèle le journal en ligne. A l’issue de 2015, l’encours total de la dette des 36 600 communes de France (DOM inclus) augmente pour la 12e année consécutive, pour s’élever à 64,2 milliards d’euros en 2015, soit une hausse de 1,2% par rapport à 2014. Vous le verrez au fil de ce papier, certaines communes d’Outre-mer contribue à cette progression à commencer par la plus endettée de toutes les communes ultramarines : Fort-de-France.

 

Si le classement national est largement dominé par la ville de Levallois-Perret (92) suivi sur le podium national de Bagnolet (93) et de Saint-Ouen (93) pour ce qui relève des villes à la plus forte dette par habitant en 2015 (villes +20 000 habitants), le chef-lieu de la Martinique fait partie du top 20 national. L’an dernier, elle pointait déjà à la 14ème place de ce même classement, cette année elle est 13ème ce qui signifie que la dette par habitant a augmenté. En effet, à Fort-de-France, elle passe de 2 548 € en 2014 à 2 639 € en 2015.

Montant de l'augmentation de la dette par habitant à Fort-de-France entre 2014 et 2015

%

Hausse par rapport à 2014

Une nouvelle fois, Fort-de-France est la seule à représenter l’Outre-mer à ce triste palmarès. Le chef-lieu de la Martinique affiche fin 2015, une dette de 225,1 millions d’euros, selon les statistiques réalisées par Le Journal du Net. L’annuité de la dette affiche elle, une baisse de 17 % entre 2000 et 2015.

Pour ce qui est du classement des 20 grandes villes à la plus forte dette totale. Fort-de-France est là aussi, la seule ville d’Outre-mer présente dans ce top 20. Elle pointe à la 16ème place loin, très loin, très très loin de Paris qui domine ce classement avec une dette de 4,6 milliards d’euros soit une croissance de de 11,6 % sur la période.

Cependant, Le Journal du Net n’hésite pas à nuancer ces données en précisant « qu’il ne faut confondre dette et mauvaise gestion. Tout dépend de l’utilisation qui en est faite : sert-elle à financer des investissements ou à payer les charges de fonctionnement, comme la rémunération des personnels, les dépenses d’entretien et de fourniture ? Il faut également prendre en considération la capacité de désendettement d’une commune, exprimée en nombre d’années qu’elle mettrait à rembourser l’intégralité de sa dette si elle devait y consacrer la totalité de son épargne. Et si certains chiffres ont toujours de quoi impressionner, il faut les relativiser par rapport au montant de l’endettement par tête et à la moyenne de la strate. L’endettement par Parisien, qui passe la barre historique des 2 000 euros cette année, est cependant supérieur de 50,3% à la moyenne des villes de plus de 100 000 habitants et en hausse de 11,6%. Une augmentation sensible mais là encore à relativiser par rapport à celle enregistrée par certaines municipalités. »

La Guadeloupe et la Guyane se distingue également dans ce triste palmarès

Si la ville de Fort-de-France affiche des chiffres qui à leur lecture font soulever les sourcils, deux communes de la Guadeloupe ne sont pas en reste cette fois, pour ce qui relève des villes où la dette par habitant a le plus augmenté entre 2000 et 2015 (villes +20 000 habitants), en France. Baie-Mahault, Le Gosier et Rémire-Montjoly font partie du top 20 national. La palme revient cependant à la ville de Baie-Mahault qui se retrouve sur le podium national, à la 3ème place précisément et ce, comme en 2014. Si la ville administrée par son maire Hélène Polifonte affiche une dette par habitant de 536 €, loin derrière des dizaines et dizaines de villes de France, en revanche, l’évolution entre 2000 et 2015 est fulgurante.

%

Evolution 2000/2015

A contrario, Baie-Mahault détient une capacité de désendettement très courte qui s’élève à deux ans, un paradoxe total avec une autre ville d’Outre-mer, Rémire-Montjoly. La ville qui se situe en Guyane a tout simplement la capacité de désendettement la plus élevée du top 20 national, soit 54 ans. Dans le classement des villes où la dette par habitant a le plus augmenté entre 2000 et 2015 (villes +20 000 habitants), elle pointe à la 4ème place juste derrière Baie-Mahault avec une évolution entre 2000 et 2015 affichée à + 1 656 %.

Autre ville des DOM présente dans ce classement, Le Gosier. La ville touristique de Guadeloupe administrée par Jean-Pierre Dupont se classe en 19ème position de ce même classement avec une évolution de + 231 % entre 2000 et 2015. Pour l’anecdote, la ville du Gosier devant de treize points à peine, le dernier du classement qui n’est autre que…Paris.

A noter également que la ville de Sainte-Rose classée 19ème sur 20 en 2014 disparaît du top 20 national.

Pour connaître l’endettement de votre ville : Encyclopédie du budget des villes de France.

Méthodologie

Les chiffres cités ci-dessus sont ceux des budgets principaux exécutés des communes dont les données comptables ont été centralisées par la direction générale des Finances publiques du ministère de l’Economie et des Finances. Les évolutions et les données par habitant ont été calculées à partir des données de population fournies par l’Insee. La capacité de désendettement a été obtenue en divisant l’encours de la dette totale par la capacité d’autofinancement. La mention « Non pertinent » est attribuée à la capacité de désendettement de Bagnolet car, d’après Bercy, cette commune présente une capacité d’autofinancement négative.

Seules les villes de plus de 20 000 habitants ont été retenues, pour éviter le biais des communes touristiques situées en montagne ou sur le littoral à la population administrative très faible. Les données pour Mayotte ne sont pas disponibles.

L’endettement total en 2000 des communes de Lille et Cherbourg-Octeville ne sont pas disponibles. A noter que cette dernière est issue de la fusion des communes de Cherbourg et d’Octeville, effective au 1er mars 2000. Il n’a donc pas été possible de calculer l’évolution 2000/2015 de la dette dans ces deux municipalités.

*Dette totale x nombre d’habitants / nombre de villes

Articles similaires