En Martinique, le nombre de créations d’entreprises connaît une forte baisse au 2ème trimestre 2016 (- 16,4 %). Une chute à mettre notamment au crédit des entreprises individuelles dont les créations diminuent de 29 % selon, une récente étude de l’INSEE. Le nombre de créations de micro-entreprises est à son niveau le plus bas depuis la création du régime de micro-entrepreneur.

16,4 %, ce chiffre correspond à la diminution du nombre de créations d’entreprises au second trimestre 2016 en Martinique selon les statistiques établies par l’INSEE et publiées sur le site web. Cependant, sur un an, la baisse de la création d’entreprise est beaucoup plus légère (– 0,9 %) mais en baisse tout de même.

Au 2ème trimestre 2016, l’INSEE révèle que 758 entreprises ont été créées en Martinique. Un nombre bien plus faible par rapport au 1er trimestre 2016. La création d’entreprises avait alors atteint son niveau le plus haut depuis début 2013, ajoute l’institut. Pour expliquer cette chute vertigineuse, il faut se tourner du côté des entreprises individuelles où après trois trimestres consécutifs de hausse, le nombre de créations chute fortement au 2e trimestre 2016 (– 29 %). Elle concerne toutes les créations d’entreprises individuelles que ce soit les micro-entreprises (– 32 %) ou les autres (– 26 %).

© INSEE

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Commerce, transports, hébergement et restauration, secteurs leaders

En parcourant l’étude réalisée par l’INSEE, on découvre qu’au 2e trimestre 2016, les créations d’entreprises en Martinique baissent dans tous les secteurs sauf dans le « commerce, transports, hébergement et restauration » (+ 5,6 %). Doit-on y voir un lien avec le début de la saison touristique qui s’opèrera d’ici quelques jours ? Possible. Une chose est sûre, ces secteurs d’activité agissent positivement sur les créations d’entreprises en Martinique puisque dans ces secteurs, la création d’entreprises est à son niveau le plus haut depuis début 2013 selon l’institut.

En revanche, dans le secteur de la construction, c’est un peu la soupe à la grimaces. Après une forte hausse au 1er trimestre, la création d’entreprises est divisée par deux dans ce secteur (– 52,6 %). Avec seulement 8 % de l’ensemble des entreprises créées, le poids du secteur dans la création d’entreprises n’avait pas été aussi faible depuis le début des années 2010, révèle l’INSEE. Dans l’industrie, la création d’entreprises baisse pour le troisième trimestre consécutif (– 15,6 %) et atteint son niveau le plus faible depuis le 2ème trimestre 2014.

Des freins à la création pour expliquer cette forte baisse ?

Difficile d’expliquer précisément les raisons de cette chute vertigineuse alors que récemment encore, le nombre de créations d’entreprises était en hausse. Pour certains professionnels, le manque de financement au départ refroidit toute initiative mais aussi, le manque d’accompagnement à la création d’entreprises à l’échelle locale.

Pour Valérie, 27 ans qui a monté son entreprise dans le conseil en communication et marketing en Martinique il y a un an, la problématique réside à plusieurs niveaux. Dans un premier temps, le manque d’informations à l’attention des créateurs d’entreprises « Quand j’ai voulu monter ma boîte, je me suis retrouvée dans une situation où je n’avais que très peu d’informations, il y a un gros travail de recherches à faire en solo, il y a beaucoup de sites qui donnent les informations mais il faut faire le tri. » « Savoir à qui s’adresser à l’échelle locale pour vérifier la véracité des informations, la marche à suivre, etc… là encore, on se retrouve perdu. »

Autre hypothèse, la lourdeur administrative imposée dans le cadre d’une création d’entreprise. Sur le papier comme dans la réalité, le créateur d’entreprise doit à la fois jongler entre les nombreuses structures et administrations avant d’obtenir son fameux K-Bis et exercer son activité sans soucis. Il devra aussi faire face à aux complexités fiscales car un entrepreneur individuel a des obligations et bien souvent, aux Antilles, difficile pour certains créateurs de tout saisir au niveau administratif. Où cotisera t-il ? Quel(s) impôt(s) paiera t-il ou encore, qu’en sera t-il de la TVA qu’il aura collecté, autant de freins qui décourageraient les entrepreneurs individuels à lancer leur affaire.

Pour se rassurer, la Martinique peut se dire qu’elle n’est pas la seule à regarder vers le bas puisque la création d’entreprises baisse également en Guadeloupe (– 2,7 %) ainsi qu’en France entière (– 4,5 %) et ce, sur la même période. Seule la Guyane enregistre une légère hausse de la création d’entreprises (+ 0,5 %).