Le sujet de la surpopulation carcérale dans les prisons des Outre-mer aurait-il fini par avoir un impact sur la classe politique nationale ? Ce jeudi, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé la construction de 33 établissements pénitentiaires dont deux en Outre-mer. Ces deux futures maisons d’arrêt seront construites en Guadeloupe et en Guyane.

Après Basse-Terre et Baie-Mahault, la Guadeloupe comptera désormais trois centres de détention puisqu’un nouveau destiné aux prisonniers en peine longue sortira prochainement de terre. Annonce faite ce jeudi par le Premier Ministre, Manuel Valls en visite avec le Garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas à l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire. Une construction qui s’inscrit dans le cadre du programme immobilier qui découle selon le Gouvernement du « prolongement des actions menées depuis quatre ans par le Gouvernement. »

« Dans la suite du rapport du garde des Sceaux remis au Parlement, le 20 septembre 2016, ce programme amplifie considérablement l’effort de construction au bénéfice du parc immobilier pénitentiaire en se fixant comme objectif d’atteindre l’encellulement individuel », peut-on lire dans le communiqué du Ministère de la Justice.

« Si l’encellulement individuel est effectivement appliqué dans les établissements pour peines (maisons centrales, centres de détention et quartiers centres de détention) et les établissements pénitentiaires pour mineurs, il n’en va pas de même des maisons d’arrêt, qui concentrent les détenus provisoires et les condamnés à de courtes peines. »

Le programme immobilier pénitentiaire permettra ainsi de réaliser : 33 nouveaux établissements pénitentiaires, soit plus de 16 000 cellules supplémentaires (32 maisons d’arrêt et 1 centre de détention). Parmi ceux-ci, 9 premiers projets prioritaires qui concernent les agglomérations suivantes : Nîmes ou Alès, Strasbourg, Toulouse-Muret (site pénitentiaire existant), Nice, Avignon ou Carpentras, et Nantes ou Saint-Nazaire. Ainsi que trois en Ile-de-France : en Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d’Oise. 28 quartiers de préparation à la sortie (QPS) verront également le jour en France dont un à La Réunion.

Deux centres de détention et un quartier de préparation à la sortie en Outre-mer

C’est en Guadeloupe et en Guyane que seront construits les deux établissements pénitentiaires. Actuellement, la Guadeloupe compte deux structures : un centre pénitentiaire (comprenant une maison d’arrêt) à Baie-Mahault et une maison d’arrêt à Basse-Terre. Dans un communiqué de presse, le député-maire des Abymes, Eric Jalton « se réjouit que dans la suite du rapport Urvoas sur l’encellulement individuel, le Premier Ministre l’informe de la construction d’un centre de détention en Guadeloupe pour les prisonniers en peine longue. »

La Guyane de son côté compte un centre pénitentiaire (comprenant une maison d’arrêt) sur ton territoire, qui se trouve à Rémire-Montjoly.

Concernant leur lieu d’implantation des deux futurs centres de détention, si l’on se réfère à la carte des agglomérations retenues pour les projets de maisons d’arrêt, en Guadeloupe, il se pourrait bien que la future maison d’arrêt qui bénéficiera d’une capacité d’accueil de 400 détenus soit construite en Grande-Terre. C’est en tout cas dans cette zone que s’effectue les recherches foncières. Un choix qui pourrait s’expliquer par l’implantation des deux premiers premières prisons en Basse-Terre. En Guyane, la future prison serait construite à Cayenne.

Outre ces deux départements, La Réunion de son côté aura bientôt un futur quartier de préparation à la sortie (QPS) à Saint-Denis. Ces établissements sont destinés aux  personnes condamnées à de courtes peines ou en fin de peine. Ils permettent un accompagnement renforcé à la préparation de la sortie, et favorisent l’accès aux droits sociaux et la préparation d’un projet d’insertion.

© Ministère de la Justice

© Ministère de la Justice

Dans son communiqué, le Ministère de la Justice indique que « sans délai, le Premier Ministre lance une démarche ambitieuse et déterminée de recherche foncière couvrant l’intégralité du programme : 40 préfets de département sont ainsi destinataires d’instructions pour identifier sur leur territoire les emprises foncières disponibles, publiques ou privées, qui pourraient accueillir les futurs établissements dans chacune des agglomérations du programme, en consultant les élus. »

« Les préfets transmettront leurs propositions au garde des Sceaux pour le 16 décembre 2016. Après examen, le Ministre rendra public ses arbitrages définitifs début janvier 2017. »