On n’y prête pas forcément attention mais le niveau de vie des jeunes antillais s’est amélioré mais de manière inégale. Selon une enquête de l’INSEE, entre 2001 et 2011, les jeunes guadeloupéens ont rattrapé puis dépassé le niveau de vie des jeunes martiniquais.

Le sujet n’est pas souvent abordé et pourtant, il résume une réalité, la jeunesse antillaise est victime de la pauvreté. Dans une récente enquête, l’INSEE s’est penchée sur le niveau de vie des jeunes antillais entre 2001 et 2011. Premier constat : il s’est amélioré notamment en Guadeloupe. Si les jeunes guadeloupéens gagnent du pouvoir d’achat, celui des jeunes martiniquais stagne. Dans le même temps, la pauvreté des jeunes s’est réduite en Guadeloupe, elle a augmenté en Martinique.

En 2011, le niveau de vie moyen des jeunes guadeloupéens et martiniquais s’élève respectivement à 1 120 € et à 1 075 € par mois. En 10 ans, il s’est amélioré de manière inégale. Alors que cette augmentation a été de 21 % en Martinique, elle a atteint 56 % en Guadeloupe. En 2001, le niveau de vie des jeunes guadeloupéens était très inférieur à celui de leurs homologues martiniquais. Porté par une économie guadeloupéenne dynamique durant les années 2001-2008, le niveau de vie de ces jeunes a rattrapé puis dépassé celui des jeunes martiniquais.

Un jeune ayant un niveau de vie inférieur à 600 € par mois est pauvre

En outre, le phénomène démographique de vieillissement des populations des Antilles expliquerait en partie cette hausse du niveau de vie : avec une population antillaise qui fait moins d’enfants qu’auparavant, la taille des ménages se réduit, ce qui, à revenu comparable, augmente mécaniquement le niveau de vie, révèle cette enquête. En 2011, le niveau de vie annuel moyen des jeunes (12 890 €) demeure inférieur à la moyenne de l’ensemble de la population martiniquaise (14 820 €). La Guadeloupe affiche une configuration analogue : le niveau de vie moyen est de 13 420 €, alors que la moyenne guadeloupéenne est de 14 800 €.

Minima sociaux, principale composante des revenus sociaux

Parmi les 40 % de jeunes antillais les moins riches, 58 % de leur niveau de vie proviennent de revenus sociaux. En détail, les minima sociaux représentent plus de 21 % de leurs revenus. Ils sont la première source de revenus sociaux versés aux jeunes antillais, respectivement 26 % en Guadeloupe et 27 % en Martinique. Ils sont composés de l’allocation aux adultes handicapés, du Revenu Minimum d’Insertion, de l’aide sociale, de l’allocation de parent isolé, du minimum vieillesse et plus récemment du Revenu de Solidarité Active. Les prestations familiales et les aides au logement sont les seconde et troisième source de revenus sociaux des jeunes antillais.

© INSEE

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Un jeune antillais dont le niveau de vie est inférieur à 600 € par mois est considéré comme pauvre. Ce seuil est sensiblement le même quelque soit l’île de résidence. Il s’élève annuellement à 7 170 € en Guadeloupe et 7 230 € en Martinique. Le seuil de risque de pauvreté est calculé sur l’ensemble de la population, quel que soit l’âge de l’individu. Un individu est considéré comme pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur au seuil de risque de pauvreté.

La pauvreté diminue chez les jeunes guadeloupéens, elle augmente chez les jeunes martiniquais

Le risque de pauvreté des jeunes est inférieur en Guadeloupe. Entre 2001 et 2011, de nombreux jeunes guadeloupéens ne sont plus concernés par la pauvreté monétaire. En 2001, le taux de risque de pauvreté des jeunes guadeloupéens s’élevait à 23%. En 2011, il n’est plus que de 21 % soit une baisse de 2 % en 10 ans. Durant cette période, la population de jeunes guadeloupéens âgés de 15 à 29 ans s’est réduite. De 94 000 en 2001, ils ne sont plus que 70 000 en 2011, soit 24 000 jeunes de moins.