Voyager seul n’est pas toujours évident, surtout lorsqu’il s’agit d’enfants en bas âge. Pour aider à la mobilité des familles, la Guadeloupéenne Jocelyne Murielle Rouyard a développé la plateforme Ocahoo.fr, qui met en relation des particuliers souhaitant devenir accompagnateurs et des parents.

Créée en Janvier 2016 par Jocelyne Murielle Rouyard, la plateforme Ocahoo.fr s’inspire d’une expérience que de nombreuses familles connaissent : faire accompagner son enfant lors d’un vol long-courrier entre les départements d’Outre-mer et la Métropole. Plutôt que de passer par les compagnies aériennes qui proposent un accompagnement (UM) moyennant au minimum une centaine d’euros, elle s’est inspirée de la success story des entreprises fondées sur l’économie participative et présente une autre façon de voir la mobilité.

Véritable plateforme de mise en relation, Ocahoo.fr propose de faire le lien entre des parents et des accompagnateurs via deux types de services. « Nounou Ailleurs », qui offre aux parents la possibilité de se faire accompagner dans leurs déplacements par une baby-sitter et « Voyagez Ailleurs », où des co-accompagnateurs peuvent prendre en charge des enfants de 6 ans et plus lors de voyages du type France métropolitaine vers l’Outre-mer. 

Les futurs accompagnateurs doivent d’abord créer un profil sur la plateforme. Au-delà de certaines informations personnelles, ils doivent y préciser leurs dates de voyage, numéro de vol et le nombre d’enfants qu’ils souhaitent accompagner. « Par souci de sécurité, nous avons limité à trois le nombre d’enfants par accompagnateur », explique la créatrice du site. Le parent prend alors contact avec l’accompagnateur de son choix, et une fois le trajet validé, il lui rembourse une partie du coût du billet (sur les aller-simple uniquement).

« Nous sommes sur un concept de co-accompagnement, de partage, un peu comme le co-voiturage, où l’on partage les frais, explique Jocelyne Murielle Rouyard. Le co-accompagnateur propose un tarif. S’il souhaite accompagner plusieurs enfants, il peut au moins payer son trajet avec ce dédommagement, sur un billet aller-simple. De là à payer un billet aller-retour, ce n’est pas notre concept. Mais plus vous accompagnez d’enfants, plus vous pouvez vous dédommager. »

©Ocahoo.fr

©Ocahoo.fr

Pour les accompagnateurs, l’idée a de quoi séduire. Pour les parents, encore faut-il trouver une économie réelle par rapport au système d’accompagnement classique des compagnies aériennes. La présidente de Ocahoo confirme. « C’est économique, c’est convivial et c’est la sécurité. C’est une pratique qui est courante aux Antilles ou sur le territoire français. Il y a des parents qui proposent d’accompagner des enfants gratuitement ou contre une cinquantaine ou une trentaine d’euros. Notre objectif est vraiment de concurrencer par le partage et la collaboration ces frais d’accompagnement qui sont mis en place par les compagnies et qui sont onéreux pour les parents. On sait tous que quand Air France prend en charge votre enfant, il le met à coté d’adultes qui sont aussi là pour soutenir l’hôtesse. C’est une pratique qui existe déjà et grâce aux nouvelles technologies, nous sommes là pour stimuler, mettre en avant ces valeurs de convivialité, de sécurité et d’économie. »

Faire grandir la communauté Ocahoo

La communauté d’Ocahoo compte pour l’instant une vingtaine de membres. Pour s’assurer de la fiabilité des accompagnateurs, il est nécessaire de fournir un profil détaillé. Ces derniers peuvent également faire appel à leur réseau proche (employeurs, famille) pour les recommander.

« Aujourd’hui la communauté Ocahoo est principalement composée de mon réseau élargi de connaissances, d’amis, de famille, d’amis d’amis, qui emmènent cette confiance et nous permettent d’établir des profils. Nous établissons aussi trois évaluations, qui permettront aux membres de construire leur niveau de confiance, explique la présidente. Le premier, la recommandation, est déjà en place. Par la suite, nous aurons la cooptation, qui permettra aux membres de coopter une personne de leur entourage digne de confiance et qui souhaite co-accompagner des particuliers. C’est aussi une manière d’activer « le bouche à oreille » et permettre aux membres de nous faire connaître d’autres personnes. »

Enfin, trois types profils seront mis en place, pour indiquer aux parents le niveau de confiance et d’expérience des accompagnateurs. L’accompagnateur débutant sera identifié comme « Onarque ». Après deux voyages, il obtiendra le statut de « PrOfet ». Le statut d’ « Obassadeur » sera réservé aux personnes ayant effectué au moins quatre voyages.

Lancée il y a à peine quelques mois, la communauté Ocahoo n’en est qu’à ses débuts. Sa créatrice espère pouvoir transformer son association en une entreprise viable, qui permettrait une prise en charge intégrale via la plateforme. « Pour l’instant, c’est totalement gratuit, mais ça n’a pas vocation à l’être de façon définitive. Nous n’avons pas encore trouvé le « business model » idéal. À long terme, nous aimerions pouvoir mettre en relation un parent et un co-accompagnateur et faire la démarche d’accompagnement de bout en bout. À savoir, qu’ils puissent acheter le billet ensemble sur la plateforme. On travaille dessus mais on n’y est pas encore. » 

©Ocahoo.fr

©Ocahoo.fr